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Fans de Muriel Baptiste

Du 14 au 20 février 2015

30 Avril 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #JOURNAL 2015

14 février

Finale du 65e festival de San Remo et grosse déception, Nek arrivant deuxième et ratant de peu la victoire attribuée au groupe « Il volo », sans intérêt, qui représentera l’Italie à l’Eurovision. Je ne me fais pas de soucis pour Nek, vu la qualité de sa chanson, il vendra

Avec Il volo, on sacrifie à la mode d’un trio qui évoque Il Divo ou chez nous Les prêtres. Trois jeunes qui mélangent musique classique et variétés dans un impossible rapprochement. C’est en fait de la variété, mais bien moins bonne que celle de Nek, qui beau joueur, les applaudit. Il a un physique d’Adonis, est célèbre depuis « Laura non c’è » et cette deuxième place n’est pas la fin du monde pour lui. Je doute que l’on se souvienne du trio « Il volo » dans quelques années.

On aura vu Nek présenté par Emma Marrone lors de cette finale lorsqu’il a chanté « Fatti avanti amore ». Deux artistes que j’adore, et Dieu sait que mes goûts ne me portent pas sur la nouvelle génération. Eux ont su poursuivre dans la veine de leurs aînés pour perpétuer la chanson italienne. Emma rappelle Gianna Nannini que je n’ai jamais vraiment appréciée, et Nek n’a plus rien à prouver, « Laura non c’è » qu’il a repris en duo avec la française Cerena l’a sans doute mis à l’abri du besoin jusqu’à la fin de ses jours. Comme beaucoup d’italiens, Nek sort ses albums en espagnol, notre triste France préfère les rappeurs aux chanteurs de charme italiens, c’est son problème.

Le festival de San Remo créé en 1951 a servi de modèle au concours eurovision de la chanson. Ce concours eurovision qui ces dernières années est devenu une triste pantalonnade

Nek remporte trois titres ce soir là : Le prix de la presse, le prix Lucio Dalla et le prix attribué par les musiciens du festival. Personne n’est dupe, le vrai vainqueur, c’est lui.

16 février

Je boude les programmes télévisés pour regarder en DVD, après la veille Muriel Baptiste, la série « Banacek » avec George Peppard. Possédant la version américaine et la française, je constate avec le DVD français que l’ORTF a coupé vingt minutes dans le pilote « Les traces fantômes », un sacrilège car cette série tournée en 1972, à mi-chemin entre le policier et le fantastique, bénéficie de moyens exceptionnels dignes du cinéma et d’histoires et de mises en scène sublimes. Les épisodes durent 70 minutes et le pilote 90. Lors de la diffusion française en janvier 1974, l’ORTF a raccourci le pilote à la durée du reste des autres épisodes. Pauvres téléspectateurs hexagonaux, nous n’aurons vu à l’époque que sept des dix-sept épisodes. Il est bien dommage que Peppard, grand acteur de cinéma (« Diamants sur canapé », « Le crépuscule des aigles ») ait choisi ensuite de nous laisser l’image lamentable de « L’agence tous risques », horrible série des années 80.

La télévision américaine n’a pas échappé à la chute abyssale de qualité qui au fil des décennies a frappé la production française. Si elle avait continué sa carrière, Muriel Baptiste n’aurait plus trouvé sa place dans ce fatras de feuilletons, films et téléfilms de plus en plus mauvais.

Pour un bon film de temps en temps comme « Ne le dis à personne » de Guillaume Canet d’après le best seller d’Harlan Coben en 2006, que de navets.

« Banacek » a encore un public puisqu’une société a sorti en DVD en 2015 la série en France, avec un épisode sous-titré, n’ayant jamais fait l’objet d’un doublage. Il faut dire qu’après 1974, la majeure partie des inédits a été diffusée sur une chaîne du câble dans les années 90, 13e rue.

Je suis agréablement surpris par les ventes de mon livre « Muriel Baptiste, la vie, quelle gifle ! ». Je regarde régulièrement Amazon, ils en ont deux en stock, puis un, puis zéro, et à nouveau deux. Il se vend mieux que « Muriel Baptiste, la reine foudroyée ». Bien évidemment, je ne vais en vendre des centaines, mais je suis ravi pour Muriel, elle n’est pas complètement oubliée, pas tout à fait, il reste quelques fidèles, quelques curieux. Les livres, je ne les ai pas achetés. Je ne rentrerai évidemment pas dans mes fonds avec la somme énorme que m’a demandé Persée, l’éditeur à compte d’auteur. L’édition de ce type est parfois méprisée, mais sur un sujet aussi ciblé, on ne peut attirer une foule d’acheteurs. J’ai eu cependant le tort même si le livre possède 15 pages d’annexe de livrer trop d’extraits sur mon blog. Persée le vend 13 euros 70 centimes, somme qui peut rebuter l’acheteur hésitant. Persée m’a demandé trop cher pour publier l’ouvrage et je ne retournerai pas chez eux pour un prochain ouvrage, je n’en ai pas les moyens. Mais les regrets ne servent à rien. Le livre est complet sur la carrière de Muriel, bien plus que « La reine foudroyée » que je vois proposé sur eBay.

Un anonyme prétend vendre lui aussi un livre sur Muriel, il s’agit en fait d’une compilation d’articles de Wikipédia dont je suis l’auteur. J’aurais tant aimé que d’autres, bien avant moi, et avec des moyens conséquents, des auteurs professionnels, se penchent sur le cas de Muriel. Mais elle est trop oubliée, alors que l’on trouve un pavé de 238 pages à l’occasion d’une biographie de Michel Delpech sortie en 2006 (avant sa maladie). Je l’ai feuilleté à l’époque sans l’acheter, « Michel Delpech : Mise à nu » de Pascal Louvrier, aux éditions du Rocher.

Wikipédia ne permet pas de se déclarer propriétaire des textes que l’on y met. Je ne regrette rien, j’ai créé celui de Muriel, évitant sans doute quelque chose de trop succinct. Il est facile de croire que je fais tout cela de façon désintéressé, par amour.

Ce 16 février, tandis que je me prends la tête avec une histoire d’amour certes sincère mais hors du temps, 21 chrétiens coptes enlevés par l’état islamique sont décapités.

Je vis bien à l’abri dans un monde de bisounours, alors que la violence et la guerre, le sang et les prises d’otages se répandent partout. Je suis conscient de mon égoïsme. Je suis un privilégié. J’écris mon journal, sans le talent littéraire de Renaud Camus et de Pascal Sevran, tandis que le monde continue de tourner plutôt mal. Il est forcément plus confortable de se confiner dans les années 70. L’année 2015 n’a rien qui inspire l’auteur à écrire des proses romantiques. Le monde est devenu lentement mais sûrement apocalyptique. On se croirait dans un mauvais récit de science-fiction. Lorsque le ciné-jeunesse me proposait de voir une adaptation de « La machine à explorer le temps » dans les années 60, on voyait la fin du monde vers 1966. Elle est arrivée sur la pointe de pieds, par petites doses, commencée par les attentats de 1986 à Paris, ceux de 1995, le 11 septembre 2001, Madrid le 11 mars 2004. A la différence de 1914 et 1939, la guerre s’est déclarée sans s’officialiser, mais elle n’en est pas moins présente.

Cette guerre non déclarée, beaucoup dont mes camarades de la CGT refusent de la voir, contestent sa réalité. A ma façon, je fuis aussi en me réfugier dans mon époque heureuse de 1973 où je réalisais la profondeur de mon amour pour Muriel Baptiste. Il ne faut pas faire « d’amalgame » selon ce qui a été proclamé lors de la marche républicaine du 11 janvier. Certains plus courageux que les autres, bravant le politiquement correct, comme Eric Zemmour et Renaud Camus, disent les choses sans fard. Ils sont aussitôt l’objet de l’opprobre consensuel.

En 1972-73, le monde était moins bien compliqué, avec ses bons et ses méchants. Il existait une machine du prêt à penser. « Dupont Lajoie » par exemple, film de 1975 réalisé par Yves Boisset, ne souffrait pas la contradiction. Il me semble que les choses sont aujourd’hui bien plus compliquées. J’aurais dû mourir en même temps que Muriel Baptiste. Paradis (je l’espère) ou néant absolu sont préférables à cette année désespérante. Je vis dans un Time Warp, une distorsion temporelle, un piège comme si ma vie s’étalait de juillet 1972 à avril 1973. En somme de la rediffusion de « La princesse du rail » à la fin du « Premier juré ».

20 février

Entre deux « Banacek », je laisse ma mère regarder « Le grand concours des animateurs » présentée par Carole Rousseau sur TF1, pendant que je me réfugie sur Internet.

Si je peux concevoir que les chaines principales (TF1, France 2, France 3, M6) se laissent aller à la médiocrité ambiante, ma stupéfaction est grande devant l’indigence des chaînes thématiques qui pourraient proposer autre chose, n’étant pas soumises à la loi de l’audimat. Alors que je paie pour capter ces chaînes, par le biais d’un opérateur, elles m’infligent de la publicité. On ne gagne jamais assez d’argent en 2015.

On pourrait espérer sur Paris Première, W9, RTL9, TMC, Série Club, 13e rue, Téva, Jimmy, D17, 6Ter, TV Breizh, de revoir « Plainte contre X ». Hélas non, ces chaînes rediffusent la bouillie télévisuelle que l’on nous afflige sur les chaînes principales, je n’ose plus dire « hertziennes » depuis l’apparition de la TNT. Nous sommes partis pour des rediffusions en boucle de « Une femme d’honneur » et des séries américaines que l’on a manquées sur TF1 ou France 2. Enfin, selon moi, on n’a pas manqué grand-chose.

Anne-Marie David, que ma mère comparait à Muriel Baptiste, révèle qu’en 1973, lors du concours Eurovision, Interpol l’escortait en permanence jusque à l’accompagner lors du choix de sa robe car des menaces terroristes étaient présentes. N’avons-nous vécu toujours que dans le déni de la réalité ? Une réalité longtemps cachée aux masses et que l’état islamique et Al-Qaïda ont révélée au grand jour.

Ce passé de mon enfance si pacifique a-t-il seulement existé ? Au cœur de la France de Pompidou, quand Alain Chamfort chantait « L’amour en France », qui aurait-dit que nous n’étions pas dans un monde protégé de tout ce qui se déroule au grand jour en 2015 ?

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