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Fans de Muriel Baptiste

Février 2015

30 Avril 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #JOURNAL 2015

1er février

Je regarde Muriel dans « Les risques du métier » en DVD. Normal, c’est dimanche. De toute façon, le film du dimanche soir de TF1 était un Stallone : « Expandables 2 : Unité spéciale », je ne rate rien. Celui de la 2, « L’étrange histoire de Benjamin Button » valait peut-être mieux, tant pis.

2 février

Ma mère a une bronchite ce qui est dangereux vu son âge avancé. Sa doctoresse est venue la voir et la mettre sous antibiotiques.

Le soir, deux extrêmes dans les programmes : la débile « Joséphine Ange Gardien » et les ennuyeuses, enfin selon moi, 22e victoires de la musique classique. Une soirée à se mettre devant un bon livre.

J’ai hâte comme chaque année de voir le festival de la chanson italienne à San Remo, d’autant plus qu’il y a une grande vedette cette année, Nek, qui s’appelle en réalité Filipio Neviani, et a fait un gros succès en France en 1997 avec « Laura non c’è ». Il y a aussi Raf (créateur du tube mondial « Self control » en 1984), Marco Masini et Anna Tatangelo.

Viviers, 3 février

Je vais rendre visite à Claire et à mes petits enfants. Une bonne journée en famille qui est mon côté Janus, le père et le grand-père, beaucoup plus isolé lorsqu’il pense à Muriel et écrit sur elle. Par contre, il faisait froid et nous n’avons pas pu me promener. Nous étions frustrés de ne pas pouvoir sortir. J’ai alors l’idée d’emmener les prochaines fois Lucas au cinéma.

Valence, 5 février

J’ai dû faire venir un artisan pour réparer une porte fenêtre endommagée, qui m’a pris horriblement cher. Mais je n’ai jamais été bricoleur de ma vie.

Les élections cantonales ont eu lieu et je ne sais pas si je suis élu. L’effet Lepaon a été désastreux sur les votes, du moins c’est mon opinion.

Pourquoi me prendre la tête avec la CGT quand il me suffit de penser à Muriel pour être heureux ? Le souvenir du bonheur est encore du bonheur, et le passé est là, au présent, avec ma chère Muriel.

Par la magie des images, Muriel est toujours là. Elle fait partie de mon quotidien. A ce titre, elle a énormément d’avantage sur un proche qui aurait disparu, je peux la voir et la revoir, elle ne vieillit pas. Que ce soit en infirmière Geneviève Lagrange, en journaliste Pierrette Vanier, en petite gitane Annunciata Vidal. Muriel est toutes ces femmes et bien d’autres, dans des rôles plus ou moins intéressants. Lorsque je regarde les DVD, je fais généralement autre chose, puisque je les connais par cœur. Je mets simplement, via le poste de télévision, Muriel dans mon salon, avec sa voix, son sourire, son visage, ses yeux, sa chevelure. Muriel est à la fois mon soleil et la plus grande tristesse de ma vie.

6 février

Je suis pris en cas de flagrante contradiction : je dis ne pas aimer TF1 et je regarde l’émission anniversaire « TF1, 40 ans d’émotions partagées ». Au final, une émission décevante, qui rappelle quelques bons moments (« Le jeu de la vérité ») mais aussi des choses très oubliables.

Muriel n’apparaît jamais dans les rétrospectives télévisées, bon elle a arrêté sa carrière un an avant la création de TF1 et ce soir je ne risquais pas de la voir. Mais dans les autres émissions, si l’on revoit Denise Fabre, Claude François ou je ne sais plus qui, Muriel n’est jamais présente, comme si elle n’avait pas existé artistiquement parlant. Elle a pourtant fait « La princesse du rail » et « Les rois maudits ». Je trouve cela injuste. Ce n’est pas avec mes livres et mon blog que le grand public se rappellera d’elle. J’agis à mon modeste niveau, qui est nettement insuffisant.

Muriel, je voudrais tant te rendre ta gloire passée, faire qu’en 2015, des gens se souviennent de toi. Tu as eu du succès en ton temps. On me répondra que tout le monde a oublié Karin Petersen, sa « Dame de Monsoreau » et son destin effroyable (viol et suicide). Le public ne peut pas à la fois suivre les vedettes de la téléréalité et penser à l’âge d’or de la télévision, à ses joyaux.

Bien sûr, des tas de téléspectateurs n’étaient pas nés à l’époque de Muriel mais tant d’autres artistes sont passés à la postérité. Je ne me consolerai jamais qu’il n’en soit pas ainsi pour elle, alors que l’on rediffuse chaque année tous les succès de De Funès.

Vivre avec une morte pourrait paraître morbide, ce ne l’est pas. Muriel par l’amour que je lui porte est toujours là.

10 février

Depuis le début des années 80, je suis le festival de San Remo, avant à la radio, maintenant à la télévision sur RAI Uno. Nek a chanté ce soir « Fatti avanti amore » qui est un tube comme je n’en ai pas entendu de la part des italiens depuis des années, c’est de la veine de « Gloria » d’Umberto Tozzi ou des premiers succès d’Eros Ramazzotti. Je suis sûr qu’il va gagner. Ce ne serait pas la première fois que je devine le vainqueur dès la première soirée du festival, cela m’est arrivé en 2012 avec Emma Marrone, une petite nouvelle (devenue depuis numéro un en Italie) lorsqu’elle a chanté « Non è l’inferno ».

Ce serait une injustice que Nek ne gagne pas, car le reste des participants ne propose rien de formidable : Lara Fabian chante « Voce » écrit par Toto Cutugno, Marco Masini « Che giorno è », vraiment pas à la hauteur de son répertoire, Raf « Come una favola » est encore un cran au dessous, et Anna Tatangelo, dont j’avais beaucoup aimé « Bastardo » au festival 2011 (elle n’avait pas gagné), nous offre un titre mineur avec « Libera ».

J’ai deux fois deviné qui allait gagner des concours : Emma Marrone en 2011 à San Remo, et Valérie Bègue dès que je l’ai vue au concours Miss France le 8 décembre 2007. Je me suis trompé souvent aussi, en pensant par exemple que Muriel allait devenir une star.

Muriel, à une certaine époque (1972-73), j’avais peur qu’elle m’échappe, qu’elle devienne aussi populaire que le sera dans les années suivantes Isabelle Adjani. Elle était déjà inaccessible, elle l’aurait été encore davantage. Je me suis hélas hasardé à faire un bien mauvais pronostic, dès 1974, elle sombrait dans l’oubli.

Mon raisonnement est certainement égoïste, mais quand on aime quelqu’un, on veut le garder pour soi. J’ai été écouté au-delà de toutes mes espérances, pour son malheur et le mien.

Corinne Le Poulain est morte aujourd’hui. Elle est arrivée dans la génération juste après Muriel sans être vraiment en concurrence avec elle. J’avoue qu’elle et sa sœur Vannick ne m’ont jamais séduit. Mais je comprends le chagrin de ceux qui ont pu aimer Corinne, jolie fille et bonne comédienne. En fait, elle a débuté en 1966, soit seulement deux ans après Muriel, a joué dans « Oscar » avec Louis de Funès au théâtre en 1971, mais a connu le succès notamment avec « Sam et Sally » en 1978 quand Muriel avait tout abandonné depuis longtemps. Je pensais dans les années 70 qu’elle était la fille de Jean Le Poulain, en fait, c’était sa nièce, le comédien était homosexuel. A l’époque, cela ne se disait pas.

Cela dit, Corinne n’a droit à aucun hommage, ce que ses admirateurs doivent trouver fort injuste. Et ça l’est, comme de mourir du cancer à 66 ans.

Pourquoi cette comédienne m’a toujours laissé indifférent alors que Muriel me met en transe ? Voilà un mystère. Pourquoi aimons- nous Pierre et pas Paul ?

J’ai toujours eu le sentiment que Muriel était unique en son genre. Dès février 1967 dans « La princesse du rail », je l’ai adorée. Le coup de foudre est une chose qui ne s’explique pas. Il aura duré dans mon cas jusqu’à aujourd’hui et sans doute jusqu’à ma mort. Muriel est pour moi une évidence, elle est la femme idéale. Je ne peux pas me consoler de sa mort car elle est irremplaçable, il n’y en a pas deux comme elle. Sa voix, sa prestance, son sourire sont uniques. Elle m’a empêché d’aimer une autre fois avec la même intensité, car elle a pris toute la passion que j’avais en moi. Je l’ai cherchée toute ma vie.

11 février

Mort de Roger Hanin, je dois être le seul qui ait regardé « Navarro » en DVD une fois que la diffusion sur TF1 était terminée. Elle comporte 108 épisodes de 1989 à 2007, tandis que l’édition de la série en kiosque a proposé 104 épisodes, laissant les quatre derniers invisibles, on se demande pourquoi.

Hanin en dehors de cette série vue trop tard, après son moment de gloire, ne me laisse aucun souvenir. Beaucoup le détestent, il suffit de voir les forums sur Internet. Il doit s’en moquer depuis longtemps, car avant de mourir, il fut victime d’un AVC en 2009 et mis sous curatelle. Je ne peux pas pleurer tous les artistes qui partent, mais j’aurais dû regarder « Navarro » en 1989. En fait, le seul épisode que j’ai vu à l’époque est celui avec Gilbert Bécaud, « Fort Navarro ».

La deuxième soirée du festival de San Remo est la moins intéressante des quatre. Nek en est absent, et les artistes présents peu convaincants. La veille, l’évènement hors concours a été les retrouvailles de Romina Power et Al Bano, ce dernier plutôt tendu, ils sont divorcés depuis 1999 après s’être aimés, et se sont déchirés suite à la mort (en fait la disparition) de leur fille majeure Ylenia, le jour de l’an 1994.

Entre eux, le cœur n’y est plus. Al Bano a écrit un livre où il égratignait Romina, qui l’a trompée sur le tournage du « Retour de Sandokan » en Inde en 1996. Le présentateur est obligé de dire à Al Bano d’embrasser Romina. Triste spectacle, qui rappelle le déchirement du couple Stéphanie et Michel Fugain après le décès de leur fille Laurette, la mère ayant reproché au père, à tort ou à raison, de « fuir ».

On pourrait me demander de quoi je me mêle, la vie de ces people ou artistes ne me regarde en rien, et je la connais à travers ce que la presse a relaté.

On ne peut me faire ce reproche pour Muriel où j’ai été glané chaque information moi-même une à une, car personne ne s’intéressait à elle. J’ai ainsi attendu des heures devant des trottoirs où elle avait habité, avant de trouver finalement un jour un témoin, d’être là au bon moment au bon endroit.

Muriel, je ne la connais pas par les journaux, ils n’en parlaient pas, et elle les évitait. Tout ce que je sais sur elle, je l’ai appris de voisins, de partenaires de films dans lesquels elle a joué.

J’ai retrouvé des documents, des papiers d’état civil, mais tout cela est dérisoire, Muriel, dont j’ai découvert certains secrets, me les confiera tous si nous avons la chance de nous retrouver après.

Muriel, si elle était là, en serait réduite, comme d’autres de sa génération, à jouer dans « Plus belle la vie ». La gloire de ceux qui ont continué après elle n’a pas toujours duré et leur a joué des mauvais tours. La chanteuse Colette Renard aurait-elle imaginé finir dans ce vide sidéral télévisuel ?

Muriel aurait sans doute su se retirer à temps, avant de faire le combat de trop. Mais elle n’a pas eu à le faire. Ce qui est certain, c’est qu’elle serait comme moi déçue par l’époque, son manque de créativité artistique, elle qui s’était tant donnée pour jouer Marguerite de Bourgogne.

12 février

San Remo encore et toujours…

Les chanteurs sont invités à interpréter la chanson d’un autre, une chanson célèbre, Lara Fabian choisit « Je suis malade », qu’elle reprend en italien, mais Nek a une idée de génie : faire une version moderne et à sa façon d’une très ancienne chanson de Mina, « Se Telefonando » qu’il enregistrera fort habilement sur son nouvel album à sortir en mars.

Je parle de Corinne Le Poulain avec un ami et réalise qu’elle n’a jamais fait de cinéma. Ce qui est faux, elle a tourné pour le grand écran plusieurs films oubliés depuis longtemps : « Un jeune couple » (1969), « La provocation » (1970), « La grande java » (1971), « Absences répétées » (1972), « Les anges » (1973). Sa vraie place était au théâtre de boulevard, et à la télévision. Dont le sinistre « Plus belle la vie ».

Le peu d’échos voire l’absence à sa disparition par les médias feront haïr Roger Hanin dont on parle beaucoup à ceux pour qui elle représentait ce que Muriel est pour moi.

Mais y-a-t-il vraiment beaucoup de gens qui sont entichés d’une actrice comme je le suis avec Muriel ?

13 février

J’ai eu la visite de ma fille, elle veut que ma mère assiste au baptême républicain de ses enfants le 9 mai. Ma mère dit oui mais pense la chose impossible, elle est en fauteuil roulant.

A San Remo, Nek rechante « Fatti avanti amore », tandis que Lara Fabian est éliminée de la compétition.

Nek a de très bons échos au festival et on peut logiquement penser qu’il va gagner. « Fatti avanti amore » me semble un tube encore plus fort que « Laura non c’è », celui de 1997.

J’ai toujours aimé les chanteurs italiens, qui sont pour moi synonyme de printemps, peut-être parce qu’Umberto Tozzi avait pris l’habitude au début de sa carrière, de 1977 à 1982, se sortir un album par an au mois de mai et qu’il nous enchantait à chaque fois avec des tubes à mi-chemin entre la pop et la variété.

Les chansons italiennes reflètent une atmosphère romantique. Dans les chansons d’amour, tout est possible, c’est l’amour comme il n’existe pas dans la réalité. C’est un peu mon histoire avec Muriel. Un rêve de l’amour tel que l’on aimerait qu’il soit mais n’est jamais ainsi dans la réalité. Cela relève du conte de fée, mais l’on n’en est pas conscient.

Muriel n’a jamais su que je l’aimais, ce n’était d’ailleurs pas son vrai prénom mais Yvette, chose qu’elle n’a jamais révélé de son vivant. Une façon pour elle de différencier sa carrière artistique et sa vie privée.

Lorsque je regarde ses DVD chaque dimanche, je trouve chaque fois une scène, un angle de prise de vue, un regard d’elle, une réplique, que je ne connaissais pas. Les témoignages filmés qu’elle me laisse, ses rôles, la rendent immortelle, elle est toujours là près de moi, soit dans le petit écran, soit dans mes pensées. Peu de gens me comprennent, mais ils ne vivent pas cet amour passion. Je continue de vivre, en m’en voulant parfois d’avoir dépassé son âge à elle, 52 ans.

Muriel est aussi une époque, une nostalgie, que je maintiens au présent. Grâce à moi, elle continue en quelque sorte de vivre. Son âme, si l’on peut la qualifier ainsi, est près de moi. Elle ne me parle pas, mais certaines choses me sont suggérées.

Revenant de Clermont-Ferrand par un TER, après l’opération du cœur de mon petit fils Lucas le 27 février 2014, je découvre des décors semblables à ceux de « La princesse du rail ». Qui m’a révélé, je ne l’ai pas inventé, qu’il n’existe plus de « temps » dans l’au-delà ? Que le Paradis est un champ en pleine nature, sur Terre, dans laquelle Muriel m’attend ?

Me croyant de nature pessimiste, je suis finalement le contraire. Dans ses journaux de 1999 à 2007, Pascal Sevran, profondément athée, ne pense pas une seconde que son grand amour Pascal ni aucun défunt ne peut voir les vivants. Chacun pense ce qu’il veut, mais j’ai ressenti parfois une chaleur dont je sais qu’elle vient de Muriel. Je suis persuadé que, de là où elle est, elle me voit et me protège.

14 février

Finale du 65e festival de San Remo et grosse déception, Nek arrivant deuxième et ratant de peu la victoire attribuée au groupe « Il volo », sans intérêt, qui représentera l’Italie à l’Eurovision. Je ne me fais pas de soucis pour Nek, vu la qualité de sa chanson, il vendra

Avec Il volo, on sacrifie à la mode d’un trio qui évoque Il Divo ou chez nous Les prêtres. Trois jeunes qui mélangent musique classique et variétés dans un impossible rapprochement. C’est en fait de la variété, mais bien moins bonne que celle de Nek, qui beau joueur, les applaudit. Il a un physique d’Adonis, est célèbre depuis « Laura non c’è » et cette deuxième place n’est pas la fin du monde pour lui. Je doute que l’on se souvienne du trio « Il volo » dans quelques années.

On aura vu Nek présenté par Emma Marrone lors de cette finale lorsqu’il a chanté « Fatti avanti amore ». Deux artistes que j’adore, et Dieu sait que mes goûts ne me portent pas sur la nouvelle génération. Eux ont su poursuivre dans la veine de leurs aînés pour perpétuer la chanson italienne. Emma rappelle Gianna Nannini que je n’ai jamais vraiment appréciée, et Nek n’a plus rien à prouver, « Laura non c’è » qu’il a repris en duo avec la française Cerena l’a sans doute mis à l’abri du besoin jusqu’à la fin de ses jours. Comme beaucoup d’italiens, Nek sort ses albums en espagnol, notre triste France préfère les rappeurs aux chanteurs de charme italiens, c’est son problème.

Le festival de San Remo créé en 1951 a servi de modèle au concours eurovision de la chanson. Ce concours eurovision qui ces dernières années est devenu une triste pantalonnade

Nek remporte trois titres ce soir là : Le prix de la presse, le prix Lucio Dalla et le prix attribué par les musiciens du festival. Personne n’est dupe, le vrai vainqueur, c’est lui.

16 février

Je boude les programmes télévisés pour regarder en DVD, après la veille Muriel Baptiste, la série « Banacek » avec George Peppard. Possédant la version américaine et la française, je constate avec le DVD français que l’ORTF a coupé vingt minutes dans le pilote « Les traces fantômes », un sacrilège car cette série tournée en 1972, à mi-chemin entre le policier et le fantastique, bénéficie de moyens exceptionnels dignes du cinéma et d’histoires et de mises en scène sublimes. Les épisodes durent 70 minutes et le pilote 90. Lors de la diffusion française en janvier 1974, l’ORTF a raccourci le pilote à la durée du reste des autres épisodes. Pauvres téléspectateurs hexagonaux, nous n’aurons vu à l’époque que sept des dix-sept épisodes. Il est bien dommage que Peppard, grand acteur de cinéma (« Diamants sur canapé », « Le crépuscule des aigles ») ait choisi ensuite de nous laisser l’image lamentable de « L’agence tous risques », horrible série des années 80.

La télévision américaine n’a pas échappé à la chute abyssale de qualité qui au fil des décennies a frappé la production française. Si elle avait continué sa carrière, Muriel Baptiste n’aurait plus trouvé sa place dans ce fatras de feuilletons, films et téléfilms de plus en plus mauvais.

Pour un bon film de temps en temps comme « Ne le dis à personne » de Guillaume Canet d’après le best seller d’Harlan Coben en 2006, que de navets.

« Banacek » a encore un public puisqu’une société a sorti en DVD en 2015 la série en France, avec un épisode sous-titré, n’ayant jamais fait l’objet d’un doublage. Il faut dire qu’après 1974, la majeure partie des inédits a été diffusée sur une chaîne du câble dans les années 90, 13e rue.

Je suis agréablement surpris par les ventes de mon livre « Muriel Baptiste, la vie, quelle gifle ! ». Je regarde régulièrement Amazon, ils en ont deux en stock, puis un, puis zéro, et à nouveau deux. Il se vend mieux que « Muriel Baptiste, la reine foudroyée ». Bien évidemment, je ne vais en vendre des centaines, mais je suis ravi pour Muriel, elle n’est pas complètement oubliée, pas tout à fait, il reste quelques fidèles, quelques curieux. Les livres, je ne les ai pas achetés. Je ne rentrerai évidemment pas dans mes fonds avec la somme énorme que m’a demandé Persée, l’éditeur à compte d’auteur. L’édition de ce type est parfois méprisée, mais sur un sujet aussi ciblé, on ne peut attirer une foule d’acheteurs. J’ai eu cependant le tort même si le livre possède 15 pages d’annexe de livrer trop d’extraits sur mon blog. Persée le vend 13 euros 70 centimes, somme qui peut rebuter l’acheteur hésitant. Persée m’a demandé trop cher pour publier l’ouvrage et je ne retournerai pas chez eux pour un prochain ouvrage, je n’en ai pas les moyens. Mais les regrets ne servent à rien. Le livre est complet sur la carrière de Muriel, bien plus que « La reine foudroyée » que je vois proposé sur eBay.

Un anonyme prétend vendre lui aussi un livre sur Muriel, il s’agit en fait d’une compilation d’articles de Wikipédia dont je suis l’auteur. J’aurais tant aimé que d’autres, bien avant moi, et avec des moyens conséquents, des auteurs professionnels, se penchent sur le cas de Muriel. Mais elle est trop oubliée, alors que l’on trouve un pavé de 238 pages à l’occasion d’une biographie de Michel Delpech sortie en 2006 (avant sa maladie). Je l’ai feuilleté à l’époque sans l’acheter, « Michel Delpech : Mise à nu » de Pascal Louvrier, aux éditions du Rocher.

Wikipédia ne permet pas de se déclarer propriétaire des textes que l’on y met. Je ne regrette rien, j’ai créé celui de Muriel, évitant sans doute quelque chose de trop succinct. Il est facile de croire que je fais tout cela de façon désintéressé, par amour.

Ce 16 février, tandis que je me prends la tête avec une histoire d’amour certes sincère mais hors du temps, 21 chrétiens coptes enlevés par l’état islamique sont décapités.

Je vis bien à l’abri dans un monde de bisounours, alors que la violence et la guerre, le sang et les prises d’otages se répandent partout. Je suis conscient de mon égoïsme. Je suis un privilégié. J’écris mon journal, sans le talent littéraire de Renaud Camus et de Pascal Sevran, tandis que le monde continue de tourner plutôt mal. Il est forcément plus confortable de se confiner dans les années 70. L’année 2015 n’a rien qui inspire l’auteur à écrire des proses romantiques. Le monde est devenu lentement mais sûrement apocalyptique. On se croirait dans un mauvais récit de science-fiction. Lorsque le ciné-jeunesse me proposait de voir une adaptation de « La machine à explorer le temps » dans les années 60, on voyait la fin du monde vers 1966. Elle est arrivée sur la pointe de pieds, par petites doses, commencée par les attentats de 1986 à Paris, ceux de 1995, le 11 septembre 2001, Madrid le 11 mars 2004. A la différence de 1914 et 1939, la guerre s’est déclarée sans s’officialiser, mais elle n’en est pas moins présente.

Cette guerre non déclarée, beaucoup dont mes camarades de la CGT refusent de la voir, contestent sa réalité. A ma façon, je fuis aussi en me réfugier dans mon époque heureuse de 1973 où je réalisais la profondeur de mon amour pour Muriel Baptiste. Il ne faut pas faire « d’amalgame » selon ce qui a été proclamé lors de la marche républicaine du 11 janvier. Certains plus courageux que les autres, bravant le politiquement correct, comme Eric Zemmour et Renaud Camus, disent les choses sans fard. Ils sont aussitôt l’objet de l’opprobre consensuel.

En 1972-73, le monde était moins bien compliqué, avec ses bons et ses méchants. Il existait une machine du prêt à penser. « Dupont Lajoie » par exemple, film de 1975 réalisé par Yves Boisset, ne souffrait pas la contradiction. Il me semble que les choses sont aujourd’hui bien plus compliquées. J’aurais dû mourir en même temps que Muriel Baptiste. Paradis (je l’espère) ou néant absolu sont préférables à cette année désespérante. Je vis dans un Time Warp, une distorsion temporelle, un piège comme si ma vie s’étalait de juillet 1972 à avril 1973. En somme de la rediffusion de « La princesse du rail » à la fin du « Premier juré ».

20 février

Entre deux « Banacek », je laisse ma mère regarder « Le grand concours des animateurs » présentée par Carole Rousseau sur TF1, pendant que je me réfugie sur Internet.

Si je peux concevoir que les chaines principales (TF1, France 2, France 3, M6) se laissent aller à la médiocrité ambiante, ma stupéfaction est grande devant l’indigence des chaînes thématiques qui pourraient proposer autre chose, n’étant pas soumises à la loi de l’audimat. Alors que je paie pour capter ces chaînes, par le biais d’un opérateur, elles m’infligent de la publicité. On ne gagne jamais assez d’argent en 2015.

On pourrait espérer sur Paris Première, W9, RTL9, TMC, Série Club, 13e rue, Téva, Jimmy, D17, 6Ter, TV Breizh, de revoir « Plainte contre X ». Hélas non, ces chaînes rediffusent la bouillie télévisuelle que l’on nous afflige sur les chaînes principales, je n’ose plus dire « hertziennes » depuis l’apparition de la TNT. Nous sommes partis pour des rediffusions en boucle de « Une femme d’honneur » et des séries américaines que l’on a manquées sur TF1 ou France 2. Enfin, selon moi, on n’a pas manqué grand-chose.

Anne-Marie David, que ma mère comparait à Muriel Baptiste, révèle qu’en 1973, lors du concours Eurovision, Interpol l’escortait en permanence jusque à l’accompagner lors du choix de sa robe car des menaces terroristes étaient présentes. N’avons-nous vécu toujours que dans le déni de la réalité ? Une réalité longtemps cachée aux masses et que l’état islamique et Al-Qaïda ont révélée au grand jour.

Ce passé de mon enfance si pacifique a-t-il seulement existé ? Au cœur de la France de Pompidou, quand Alain Chamfort chantait « L’amour en France », qui aurait-dit que nous n’étions pas dans un monde protégé de tout ce qui se déroule au grand jour en 2015 ?

Je me suis rendu aux funérailles du père d’une collègue de travail que j’estime beaucoup. Je me souviens qu’une voisine de Muriel m’a dit qu’en 1995, il n’y avait que trois personnes à son enterrement.

22 février

« Plainte contre X » a un gros défaut : après nous offrir Muriel Baptiste pendant environ trois quart d’heure, on ne la voit plus du tout ensuite. Elle a pourtant le second rôle juste après Christiane Lénier dans ce téléfilm diffusé le 3 septembre 1966.

24 février

Plaisir coupable : j’aime bien Megan Fox, même si ces films laissent à désirer : au lieu de nous proposer des histoires d’amour torrides comme Angelina Jolie à laquelle on la compare souvent, genre « Péché originel » avec Antonio Banderas, remake de « La sirène du Mississipi », elle œuvre dans des films pour enfants style « Ninja Turtles » que j’ai vu en salles et dont j’ai acheté le DVD sitôt sorti. Je ne cache pas que j’aimerais voir Megan Fox dans des films plus olé-olé, mais elle ne semble pas décidée à en tourner.

25 février

Je continue à égrener les « Banacek » sur mon petit écran avec le combiné VHS/DVD dont la partie VHS ne fonctionne plus depuis longtemps. J’ai dû demander à un magasin spécialisé de me transférer mes précieuses VHS, heureusement peu nombreuses car le coût s’avère onéreux.

Mais racheter un magnétoscope d’occasion dont ne sait combien de temps il durera, et je ne me sers que de la partie DVD du combiné. De toute façon, je possède toute la filmographie de Muriel en DVD à l’exception de l’introuvable film de Guy Blanc « Le mois le plus beau », les quelques rares VHS que je possède ne me sont plus d’aucune utilité.

Le « Banacek » du jour est « Pièces uniques et en double », inédit en France, enfin non programmé en 1974. Je l’ai déjà vu sur mon ordinateur avec un DVD américain dont les sous-titres, même dans la langue de Shakespeare, m’ont été bien utiles pour comprendre. Car les énigmes dans cette série sont d’une complexité rare, à la façon de Sherlock Holmes.

La vitesse à laquelle la technologie évolue me donne le tournis. Ainsi, depuis début 2015, on ne trouve plus de matériel nouveau avec prise péritel, le système HDMI l’ayant remplacé. Mon téléviseur de 2004, qui n’est pas un « écran plat », est totalement dépassé, comme mon combiné VHS/DVD.

Il en a été ainsi du vinyle pour le CD, de la cassette VHS pour le DVD. Ne parlons pas des différents systèmes d’exploitation de Windows, auxquels je ne comprends rien, si ce n’est que la version Windows 8 est déroutante par son interface. Il faut installer le logiciel « Classic Shell » qui nous permet de retrouver les fonctions de Windows 7, enfin pour moi de XP qui ne marquait pas un changement radical d’une version à l’autre. J’ai brièvement eu un ordinateur avec Vista, qui paraît-il était un système d’exploitation désastreux, mais je n’y ai vu que du feu.

L’informatique est rassurante quand elle sert à écrire ce journal et mes différents ouvrages sur Muriel Baptiste, moi qui préfère le clavier, en tapant des dix doigts, que le stylo bille.

Comme Pascal Sevran, je m’interroge parfois sur ce qu’il faut dire ou non dans un journal, Marcel Jouhandeau (dont je n’ai rien lu) racontait trop de choses selon Sevran. Les journaux de Renaud Camus (j’ai lu ceux de 2002 à 2009) sont infiniment trop longs, atteignant 500 à 600 pages. Ils prennent à eux seuls une part immense de ma bibliothèque. Je me demande pourquoi Camus (et peut-être Jouhandeau) racontent tout. Gallimard a sorti de façon posthume le journal 1966-1974 de Jean-Patrick Manchette qui est parfois décousu. Cela m’a permis de voir que nous n’avons pas aimé les mêmes choses, et en tout cas pas Muriel dont il ignorait sans doute l’existence.

Jouhandeau a sorti 28 « journaliers », allant de 1957 à 1974. Renaud Camus, après un journal isolé (1976-77) tient le sien de façon régulière depuis 1985, même si après « Vue d’œil », le journal 2012, il s’est vu congédier par son éditeur Fayard. Il continue de les rédiger sur son site internet. Mais à compter de 2013, on ne les trouve plus en librairie.

J’en suis à mon troisième, mais les deux premiers, « Les forêts de Normandie, journal 1972 » et « La passion pour Muriel Baptiste, journal 1973-74 » ont été écrit après coup et sont plus des reconstitutions, certes fidèles, qu’autre chose. Et en épaisseur, ils sont squelettiques puisque seules les dates importantes et marquantes y sont retranscrites.

Les journaux, y compris celui-ci, sont une façon de continuer à écrire sur Muriel Baptiste sans en donner trop l’impression. Qui pourra un jour comprendre qu’elle m’accompagne au quotidien rien qu’en pensant à elle ?

Ce jour-là, Persée m’écrit que je n’ai vendu que 18 livres, ce qui est quand même une déception, en surveillant chaque jour Amazon, je pensais avoir séduit davantage de lecteurs. Je reçois donc un chèque 53.76 euros, alors qu’il m’en a été demandé près de 3000 (avec les options facultatives correction et insertion de photos et documents) pour le faire publier.

27 février

J’avais envisagé d’aller voir « 50 nuances de Grey » au cinéma. Il est sorti depuis le 11 février. Mais je ne suis pas arrivé à terminer le livre, et pour moi ce serait du temps perdu. Ce film est un « non-évènement » typique.

28 février

Dans la presse, on peut lire que Roger Hanin était ruiné, comme Eddie Barclay. Vu le nombre de films et d’épisodes de « Navarro » tournés, on se demande comment Hanin a pu en arriver là. Il s’en moque maintenant, il a été inhumé à Alger là où repose son père, une sorte de retour aux sources sur sa terre natale.

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