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Fans de Muriel Baptiste

Juillet 2015

4 Mai 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #JOURNAL 2015

1er juillet

La poste me livre une commande FNAC et l’on retrouve un carton dans l’escalier. Mes protestations n’y feront rien, heureusement, il s’agissait de boîtiers SLIM en plastique de peu de valeur. J’ai décidé de bannir la FNAC de mes achats par correspondance.

4 juillet

Très mauvaise nouvelle : Persée me rend mon contrat pour « La vie, quelle gifle », qu’ils vont retirer de la commercialisation si je ne paie pas à nouveau. Je suis furieux et contacte Publibook après avoir récupérer le fichier informatique de mon livre, mais les décideurs sont en vacances.

Lorsque j’ai sorti ce livre, je pensais qu’il resterait des années dans le commerce, le contrat disait que cela se reconduisait d’années en années mais sans en préciser les conditions.

Après avoir payé 3000 euros, Persée me dit que ce n’était que pour un an, et ils demandent 126 euros pour une année supplémentaire. Publibook ne m’a jamais pris aussi cher. Je suis furieux, contrarié, et me dis que la poisse continue à pourchasser Muriel post-mortem. Le livre sorti, je me disais comme Thierry Roland, « après ça, on peut mourir ». Mais si j’étais mort, le livre qui va vite devenir introuvable n’aurait guère été un secours, étant introuvable, pour les fans de Muriel.

6 juillet

Jour de l’anniversaire de ma fille, elle est venue me voir avec mes petits enfants, comme le temps passe vite, 28 ans déjà. Il me semble que c’était hier que j’ai emmené sa mère à la maternité.

J’ai réservé un hôtel Ibis ce matin près la gare de Lyon pour rester deux jours à Paris, lors de ma visite annuelle à Pantin.

L’année dernière, je n’avais pas du tout envie d’aller au cimetière sur la tombe de Muriel, en raison des problèmes familiaux qui me préoccupaient. Curieusement, y aller pour le vingtième anniversaire ne me disait rien. Je ne suis resté pas longtemps d’ailleurs en 2014.

Cette tombe, lorsque j’y vais, je ne ressens rien, le vide absolu.

Montélimar, 9 juillet

Je descends à Viviers et Montélimar et emmène voir mon petit fils Lucas « Les Minions » au cinéma. Il est un peu énervé et les choses se passent avec moins que quiétude que les autres fois.

La nuit du 9 au 10, il y a eu des fusillades à Valence, mais silence radio, personne n’en parle. Les hommes politiques vivent dans le déni. Seule la radio France Bleu en fait écho.

Valence, 10 juillet

D’autres rendez vous sont programmés avec ma petite famille : le safari de Peaugres en Ardèche près d’Annonay et la ferme aux crocodiles à Pierrelatte.

11 juillet

Muriel Baptiste aurait aujourd’hui 72 ans. Qui s’en souvient à part moi ?

17 juillet

Safari de Peaugres avec ma fille et mes petits-enfants sous la canicule : 38 degrés. Nous avons eu peur en voulant faire une pause boisson car des guêpes nous ont tourné autour. Il me semble que les propriétaires du parc devraient y penser et mettre des points de vente boisson fermés. Un accident peut très bien se produire un jour.

Nous avons eu une pensée pour ces pauvres animaux qui semblaient souffrir, on a pu le constater en les voyant avachi lors de la partie « visite en voiture ». Mon gendre travaillait et n’a pu se joindre à nous. Il sera libre un dimanche pour aller à la ferme aux crocodiles.

18 juillet

Internet est capable du meilleur comme du pire. Le meilleur ce jour puisque des photos de Muriel provenant d’un site américain ont été mises en ligne. Il s’agit d’un reportage pour Paris Match, réalisé par Jack Garofalo, datant du 27 juin 1968 pour la sortie du film « Le mois le plus beau ». Les évènements de mai nous auront privé ce beau reportage où j’apprends que Muriel à l’époque habitait à Boulogne Billancourt et non au 24 rue Pigalle. Elle devait être restée en bons termes avec Paris Match où elle fut secrétaire en 1960 à 17 ans, voulant à l’époque devenir journaliste.

Muriel est superbe, derrière une machine à écrire, dans sa chambre, sur son balcon, avec des lunettes qu’elle n’a jamais porté sur l’un des clichés, cela lui donne un air sérieux. Dans sa chambre, il y a un poster de Brigitte Bardot et l’affiche de son film. Elle est également prise au pied d’un cinéma parisien qui projette le long-métrage, l’affiche la surmontant. Sur son balcon, avec un arrosoir, elle est à l’œuvre devant des fleurs. Je réalise que personne n’a dû voir ces photos avant.

Comme elle me manque ! J’aurais dû vivre à son époque, la séduire, être son époux. Ma vie s’est gâchée quelque part même si je suis heureux de l’avoir connue par petit écran interposé.

Il n’empêche qu’elle garde encore des mystères, j’ai écrit dans « La vie, quelle gifle » qu’elle était passée de la villa de Renée Saint-Cyr à Grasse au 24 rue Jean-Baptiste Pigalle à Paris, c’est une erreur. Combien de secrets conserve-t-elle encore par-delà la mort ?

Paris, 20 juillet

C’est mon rendez-vous annuel au cimetière de Pantin. Je ne vais pas faire de la mauvaise littérature avec mon émotion. Je me suis demandé, après être resté de 15h00 à 17h30 devant la tombe que j’ai évidemment fleurie, si je reviendrais le lendemain. Après Pantin, je me rends au 24 rue Pigalle où tout a changé depuis ma dernière visite. J’ai voulu dîner dans un restaurant, mais à la vitesse où cet endroit se transforme, je me doute qu’elle n’a jamais mis les pieds dans celui que j’ai trouvé, 12 rue Blanche, à l’angle de la fin de sa rue, où je suis le seul client. Je ne voulais pas m’attarder le soir, à 19h47, je rentrais à mon hôtel Ibis. Nuit épouvantable, car le matelas est trop fin, et je n’ai qu’un tout petit oreiller. Ils ne me reverront pas. Dans ce restaurant, je n’ai pas retrouvé l’âme de Muriel et pourtant elle a vécu à deux pas de là pendant des années, a dû fouler ce trottoir des milliers de fois.

Par pudeur, je n’ai pas envie d’en dire plus, sinon que je n’ai pas retrouvé l’émotion qui m’avait submergée lors de ma première visite rue Pigalle le vendredi 27 juin 2008, avant un concert de Bruce Springsteen au Parc des Princes.

Le lendemain, fatigué, je trouve inutile de retourner à Pantin, et j’avance mon retour en changeant mon billet SNCF.

J’aurai beau fleurir cent fois ta tombe Muriel, cela ne changera rien à ma peine. Etre rue Pigalle ne m’a même pas ému. Je prévois durant les vacances, sans en être certain pour cause d’emploi du temps trop planifié, d’aller faire un tour à Lyon et de retourner 12 rue des Bournes et au 6 rue des trois rois.

Si je te retrouve, ce sera dans l’après-vie, pas dans ce bas monde. Tu es cependant, invisible, penchée sur mon épaule, pour me consoler et me soutenir. Je m’en doute, je le sais au fond de moi.

A l’hôtel Ibis, rien à la télé. C’est une soirée « Esprits criminels » sur la Une, je n’ai jamais regardé cette série, quatre épisodes sont programmés, j’arrête avec la télécommande après le troisième, cela suffit. De la très mauvaise télévision, violente. Des autopsies, des tueurs en série, bref, rien à voir.

Valence, 22 juillet

Il y a un concert gratuit de Charlélie Couture à Valence, pour avoir une bonne place, je suis arrivé très en avance, c’est la troisième fois que je le vois après deux concerts payants à Montélimar en 1992 et Portes-les-Valence en 2006.

Je n’aime pas les concerts gratuits, on est debout, mal placé, on se bouscule. Je trouve Charlélie en petite forme, il se fait tirer l’oreille (mais il le fait chaque fois) pour chanter à la fin « Comme un avion sans aile » qu’il n’interprète pas vraiment dans l’air, il a joué au piano le refrain au lieu de le chanter. Des gamins ont des baguettes fluorescentes. J’ai l’esprit ailleurs, je pense à Muriel, il ne faut pas s’en étonner. Avant Charlélie, il faut supporter la cacophonie d’un groupe de blues inconnu, « The Summer Rebellion ». On ne peut pas aimer James Horner et çà, ce bruit, cette musique dissonante. Ce chanteur leader prétentieux, canadien émigré à Bruxelles à la voix d’ogre. Je ne lui trouve guère de talent. A l’entracte, il annonce qu’il vend ses CD. Qu’il ne compte pas sur moi pour en acheter. En fait, j’ai aussi peu apprécié le concert gratuit de Couture que celui payant de Thiéfaine.

Je rentre chez moi fatigué et déçu. La première partie m’a énervé.

Je devrais être content car j’ai raté les concerts à guichets fermés de Charlélie à Lyon et Saint-Etienne en novembre dernier. Le concert n’a duré qu’une heure quinze minutes, et des gens sont partis au bout de cinq chansons, l’artiste a dû s’en rendre compte.

Viviers, 24 juillet

Je vais voir ma fille. Nous sommes obligés de rester à l’intérieur tant il fait chaud, mon petit-fils Lucas est chez son père. Mon gendre nous rejoint in-extremis pour pouvoir aller au restaurant, il travaille tard et dur. Il arrive à 21h45 et à Montélimar, les restaurants ne servent plus à 22h00.

Mon autre petit-fils est encore dans sa poussette. Ma fille explique que bientôt cela ne sera plus le cas, et que nous ne pourrons pendant un temps aller au restaurant.

Valence, 28 juillet

Je ne comprendrais jamais un public qui regarde et plébiscite « Camping Paradis ». J’ai repris le travail la veille après avoir fait un cauchemar où ma supérieure hiérarchique m’expliquait qu’en mon absence, le travail avait complètement changé. La canicule s’est arrêtée le 26, la veille du jour de ma reprise de travail. Samedi soir, d’un œil distrait, j’ai regardé pour faire plaisir à ma mère « Qui veut gagner des millions ? ».

30 juillet

Un rêve de Muriel, je voudrais en remplir les pages de ce journal, mais je ne vais pas les inventer. Celui-là était agréable, mais curieux. J’ai rêvé que des années 80 à sa mort, Muriel était revenue au théâtre, de l’underground. Je voudrais passer ma vie à rêver d’elle et ne plus me réveiller.

31 juillet

C’est exceptionnel, j’ai de nouveau rêvé de Muriel, cela fait deux nuits de suite, mais au réveil, je n’avais cette-fois aucun souvenir.

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