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Fans de Muriel Baptiste

Muriel dans Lancelot du lac

25 Mai 2017 , Rédigé par patricks Publié dans #CARRIERE DE MURIEL

A ceux qui rangeraient "Lancelot du lac" de Claude Santelli dans la catégorie "téléfilm", je dirai que l'on ne voit pas souvent de téléfilm durant...02h45 minutes sans découpage en deux parties.
Diffusé une seule fois, le soir du 25 décembre 1970, et disposant de moyens techniques et financiers colossaux pour l'époque, "Lancelot du lac" réalisé par Claude Santelli désorienta les télespectateurs ce qui explique sans doute qu'il n'y eut jamais de rediffusion.
La mini série est disponible sur le site de l'INA qui vous propose de le graver sur DEUX dvd. La longueur ne permet pas de tout loger sur un seul. Sorti en novembre 2008, l'INA a finalement découpé en deux épisodes "Lancelot du lac", mettant le fameux sigle de présentation de l'INA, restituant ce qui aurait dû être une mini série découpée en deux parties.
Il ne s'agit pas d'un film de cape et d'épées ni d'une reconstitution historique, les couleurs sont savamment soignées et apportent beaucoup à la série. Nous sommes en face d'un Thierry la Fronde délirant plongeant dans les X Files avant l'heure, ce qui vous donne une impression de la confusion donnée par la première vision. Le scénario est signé Claude Santelli mais s'inspire du poème de Chrétien de Troyes écrit vers 1170.
"Lancelot" est l'histoire d'amour impossible entre un chevalier, Lancelot (Gérard Falconetti) et une reine qui est mariée et pas libre évidemment, Guenièvre (Marie Christine Barrault). Le mari jaloux est incarné par Tony Taffin, le roi Artus.
Même si la mini série nous entraîne dans moult aventures, l'amour interdit entre deux personnes non libres est le fil rouge de l'histoire. Dans une scène, Marie Christine Barrault va jurer qu'elle aime l'homme en face d'elle et lui a été fidèle. Elle fait face à un mari Artus particulièrement soupçonneux, mais ne ment pas. L'homme en face d'elle est aussi le chevalier Lancelot qui s'est subrepticement placé derrière le roi Artus assis, tandis que Lancelot est debout.
Les trucages (apparition et disparition de la citadelle du roi Peles par exemple) sont certes cheap et rappelent la série "Les envahisseurs", mais l'utilisation intensive de décors naturels en Bretagne, au printemps 1970, donne de la crédibilité à l'ensemble.
Lancelot, c'est Gérard Falconetti. Ce fut le début et la fin de sa carrière. Il était le petit fils de Renée Falconetti, la Jeanne d'Arc (film muet) de Carl Dreyer. Malheureusement, Gérard Falconetti, bénéficiant pourtant d'une promotion importante de Télé 7 Jours (moult photos couleur pour ce qui devait être l'évenement télévisuel de Noel 1970), ne trouvera qu'un autre rôle important: "Le genou de claire", au cinéma. Il avait 21 ans en 1970 et nous a prématurément quitté en 1984. Sa mère, fille de Renée et mère de Gérard, écrira un livre hommage aux deux à la fois.
Face à lui, Marie Christine Barrault est une reine Guenièvre envoûtante, mais dure, qui ne pardonnera pas à son soupirant sa "trahison".
Cet amour impossible se déroule dans le cadre de l'univers des chevaliers de la table ronde, avec toutes les légendes qui y sont accollées.
Quatre comédiens se détachent de la distribution: outre le couple Barrault-Falconetti, et Tony Taffin en mari (et roi) gênant, nous découvrons Marianik Revillon dans le rôle de Saralde. C'est un ange gardien pour Lancelot qui le suit partout et le prévient des dangers qui l'attendent.
Très vite, les tournois et batailles, poursuites à cheval, cèdent le pas à l'univers fantastique. On peut admettre que le téléspectateur de 1970 aura été désorienté par le passage de "Thierry la Fronde" à l'univers fantastique. Dans le rôle du sénéchal Keu, le comédien Jean Pierre Bernard, célèbre à l'époque pour la série "Les habits noirs " en 1967, tire son épingle du jeu.
Nous découvrons, débutant, Jacques Weber, dans le rôle d'un des chevaliers, Gauvain.
L'histoire commence par l'enlèvement d'un enfant (le futur Lancelot), par une fée, Viviane (Anne Saint Mor) qui l'entraîne dans un royaume souterrain situé sous un lac. Un jour, Lancelot découvre qu'il existe une autre vie au dessus du lac et s'enfuit. Saralde va le suivre pour le protéger.
La comédienne Mariannik Revillon fut remarquée ensuite dans deux autres séries: "Les gens de Mogador" où elle est l'épouse malheureuse du frère du héros, Madeleine, en 1972, et surtout celle de "L'étang de la Breure" en 1975 sur TF1.
Tout au long de la mini série, Lancelot va se battre pour sa reine et tenter de conquérir son coeur. Il a presque gagné la partie contre un roi Artus vieux et fatigué, exigeant et dictatorial avec son épouse Guenièvre.
Un jour, Lancelot arrive devant un château fantôme, celui du roi Pelès. L'image du château sur une falaise apparaissant et disparaissant rappelle beaucoup les disparitions de bâtiments dans "Les envahisseurs". Sans doute ne pouvait-on pas faire mieux à l'époque en matière d'effet spécial.
Et dans ce château, il est subjugué par une pucelle, Hélène, princesse (Muriel Baptiste) qui porte le même nom que sa mère (Lancelot est le fils du roi Ban du Benoic et d'Hélène, joués par Jean Chevrier (Gautier de Châtillon dans "Les rois maudits", et Arlette Tephany.
Il sait qu'il ne doit pas tromper sa Guenièvre, mais une sorcière tentatrice qui boîte et begaye (jouée par Régine Motte) lui fait croire que dans ce château, il est avec sa bien aimée.
Saralde l'a prévenu : le danger est une femme qui boîte et bégaye, mais ensorcellé, Lancelot se laisse faire.
Il se réveille dans les bras de la princesse Hélène, qu'il veut dans un premier temps tuer. Celle-ci aime Lancelot d'amour, et n'a pas parti liée au complot dans lequel il est tombé.
Lancelot l'épargne mais lui supplie de l'oublier, ce qui brise le coeur d'Hélène.
La musique de Georges Delerue est superbe, et curieusement sauf erreur ou omission d'un 45t EP improbable de 1970, n'a été éditée que dans le coffret de l'intégrale Georges Delerue.
C'est ensuite la catastrophe pour Lancelot. Le roi Artus furieux pense que Guenièvre le trompe. La princesse Hélène se rend à la cour d'Artus. Si le roi la reçoit mal, il s'en excuse très vite. Hélène est un danger pour Lancelot, présente dans les mêmes lieux que Guenièvre. Il a trompé celle ci avec Hélène. Hélène dort dans une chambre du château et gémit en criant un nom.
Guenièvre s'approche. La scène finale est magistrale et dramatique. Notre preux chevalier tente bien que mal de lui barrer le passage jusqu'à la chambre d'Hélène. Guenièvre pousse la porte et entend Hélène murmurer: "Lancelot, Lancelot". Le regard que Marie Christine Barrault jete alors sur Muriel Baptiste puis surtout sur Gérard Falconetti signifie la fin de l'amour pour le chevalier. Marie Christine démontre là un talent qui laisse présager la grande comédienne qu'elle fut. Malgré des scènes qui de nos jours mettrait une actrice dans l'obligation de révéler sa nudité, la pudique Muriel Baptiste se protège dans chaque scène de ses draps.
L'épilogue nous montre un Lancelot déchu et vieilli prématurément, dix ans plus tard, seul et malheureux.
A noter l'intervention de Merlin le Magicien joué par...Claude Santelli en personne, des deux côtés de la caméra pour l'occasion.
Cette mini série mérite d'être redécouverte même si elle n'a pas le rythme de "Thierry la fronde" ou de "Lagardère". L'audace consistant à plonger le télespectateur de 1970 dans le fantastique mérite d'être soulignée, car ce genre a toujours été mieux apprécié dans la culture anglo saxonne.

Muriel dans Lancelot du lac

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