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Fans de Muriel Baptiste

Jeudi 21 décembre 1972

17 Décembre 2017 , Rédigé par patricks Publié dans #VOYAGE DANS LE TEMPS

Tant d’années après, je n’ai pas oublié la première diffusion du « Roi de fer ».

La journée commence avec le retour du chanteur Christophe après une éclipse de quelques années, invité par Charles Trénet dans l’émission de Danièle Gilbert « Miditrente ».

A 15h10, je mentirais si je disais que je me suis passionné par le feuilleton « Les fiancés » dont c’était le septième et avant-dernier épisode.

Le soir arriva. Je me retrouvais seul avec ma grand-mère. Ma mère était secrétaire bénévole au club « Les dauphins montiliens » où je pratiquais la natation. Je pense qu’elle aurait tiqué pour que l’on regarde « Les Rois maudits », car par la suite, elle a toujours détesté ce feuilleton, qu’elle trouve barbare.

Le feuilleton commence. Avec la télévision en noir et blanc, cela n’avait pas l’impact d’une vision en couleurs, mais le souvenir est indélibile. C’est à compter de ce moment que j’ai cessé d’appeler Muriel « La princesse du rail » et l’ai appelée par son prénom de scène, Muriel, personne à l’époque ne sachant qu’elle se prénommait en réalité Yvette.

Je me souviens avoir confondu dans le rôle d’Enguerrand de Marigny l’acteur André Falcon avec le héros de la série « Fortune », Pierre Michael. J’ai grosso modo compris l’histoire, même si à 13 ans, j’étais moins évolué que les adolescents d’aujourd’hui. L’homosexualité du roi d’Angleterre, Edouard II, joué par Michel Beaune, étant donné qu’à l’époque je ne savais pas que cette tendance sexuelle existait, je ne l’ai pas comprise. Or, elle a une grande importance dans le premier épisode, « Le roi de fer », où son épouse bafouée, Isabelle (Geneviève Casile) y fait clairement allusion dans la première scène.

Arrive le moment où Muriel survient. Même en noir et blanc, elle est plus resplendissante que jamais, davantage dans le style Annunciata que Geneviève Lagrange. Mon cœur se met à battre très fort dans ma poitrine. Je suis amoureux fou, mais d’elle seule, et jamais de mon existence, je n’éprouverai un tel  sentiment pour une autre femme.

L’histoire est passionnante : la fin des templiers, leur malédiction, le complot contre les princesses. Muriel est extraordinaire d’un bout à l’autre, et ce n’est pas qu’une question de beauté physique, loin de là. Lorsque son personnage de Marguerite est convaincu d’adultère, elle est rasée. Elle sacrifie « pour de vrai » sa belle chevelure. En beaux habits de reine ou en robe de bure de moine quand elle est condamnée, Muriel/Marguerite est adorable. J’ai envie de la serrer dans mes bras, de lui dire qu’elle est l’amour, avec un grand A, la femme de ma vie.

Après le procès de Maubuisson, on se désintéresse de son personnage et elle n’apparaît plus à l’image. Mais ce soir-là, c’était ma première vision. Je ne savais pas quand elle allait surgir à l’écran.

Muriel, en Annunciata et en Marguerite, tu m’as marqué à vie, tu es la plus belle chose qui me soit arrivé, cette passion qui émerge et impossible à calmer. Passion totalement platonique. Annunciata et Marguerite ne sont pas sensuelles. Pourtant, c’est Muriel qui éveillera mes sens, grâce à une photo de Télé Poche au naturel, où elle porte une chemise à carreaux.

Le 21 décembre 1972 est enfermé dans un flacon que je peux rouvrir à tout moment pour en avoir l’ivresse.

Ce soir-là, je suis passé à une autre étape : j’ai dépassé la princesse du rail, j’aime Muriel, capable de se transformer de princesse de bohême en princesse de Bourgogne et reine de Navarre dans « Le roi de fer ».

Muriel, malgré la mort, malgré les années, je t’aime, pour l’éternité.

 

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