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Fans de Muriel Baptiste

Février 2015

30 Avril 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #JOURNAL 2015

1er février

Je regarde Muriel dans « Les risques du métier » en DVD. Normal, c’est dimanche. De toute façon, le film du dimanche soir de TF1 était un Stallone : « Expandables 2 : Unité spéciale », je ne rate rien. Celui de la 2, « L’étrange histoire de Benjamin Button » valait peut-être mieux, tant pis.

2 février

Ma mère a une bronchite ce qui est dangereux vu son âge avancé. Sa doctoresse est venue la voir et la mettre sous antibiotiques.

Le soir, deux extrêmes dans les programmes : la débile « Joséphine Ange Gardien » et les ennuyeuses, enfin selon moi, 22e victoires de la musique classique. Une soirée à se mettre devant un bon livre.

J’ai hâte comme chaque année de voir le festival de la chanson italienne à San Remo, d’autant plus qu’il y a une grande vedette cette année, Nek, qui s’appelle en réalité Filipio Neviani, et a fait un gros succès en France en 1997 avec « Laura non c’è ». Il y a aussi Raf (créateur du tube mondial « Self control » en 1984), Marco Masini et Anna Tatangelo.

Viviers, 3 février

Je vais rendre visite à Claire et à mes petits enfants. Une bonne journée en famille qui est mon côté Janus, le père et le grand-père, beaucoup plus isolé lorsqu’il pense à Muriel et écrit sur elle. Par contre, il faisait froid et nous n’avons pas pu me promener. Nous étions frustrés de ne pas pouvoir sortir. J’ai alors l’idée d’emmener les prochaines fois Lucas au cinéma.

Valence, 5 février

J’ai dû faire venir un artisan pour réparer une porte fenêtre endommagée, qui m’a pris horriblement cher. Mais je n’ai jamais été bricoleur de ma vie.

Les élections cantonales ont eu lieu et je ne sais pas si je suis élu. L’effet Lepaon a été désastreux sur les votes, du moins c’est mon opinion.

Pourquoi me prendre la tête avec la CGT quand il me suffit de penser à Muriel pour être heureux ? Le souvenir du bonheur est encore du bonheur, et le passé est là, au présent, avec ma chère Muriel.

Par la magie des images, Muriel est toujours là. Elle fait partie de mon quotidien. A ce titre, elle a énormément d’avantage sur un proche qui aurait disparu, je peux la voir et la revoir, elle ne vieillit pas. Que ce soit en infirmière Geneviève Lagrange, en journaliste Pierrette Vanier, en petite gitane Annunciata Vidal. Muriel est toutes ces femmes et bien d’autres, dans des rôles plus ou moins intéressants. Lorsque je regarde les DVD, je fais généralement autre chose, puisque je les connais par cœur. Je mets simplement, via le poste de télévision, Muriel dans mon salon, avec sa voix, son sourire, son visage, ses yeux, sa chevelure. Muriel est à la fois mon soleil et la plus grande tristesse de ma vie.

6 février

Je suis pris en cas de flagrante contradiction : je dis ne pas aimer TF1 et je regarde l’émission anniversaire « TF1, 40 ans d’émotions partagées ». Au final, une émission décevante, qui rappelle quelques bons moments (« Le jeu de la vérité ») mais aussi des choses très oubliables.

Muriel n’apparaît jamais dans les rétrospectives télévisées, bon elle a arrêté sa carrière un an avant la création de TF1 et ce soir je ne risquais pas de la voir. Mais dans les autres émissions, si l’on revoit Denise Fabre, Claude François ou je ne sais plus qui, Muriel n’est jamais présente, comme si elle n’avait pas existé artistiquement parlant. Elle a pourtant fait « La princesse du rail » et « Les rois maudits ». Je trouve cela injuste. Ce n’est pas avec mes livres et mon blog que le grand public se rappellera d’elle. J’agis à mon modeste niveau, qui est nettement insuffisant.

Muriel, je voudrais tant te rendre ta gloire passée, faire qu’en 2015, des gens se souviennent de toi. Tu as eu du succès en ton temps. On me répondra que tout le monde a oublié Karin Petersen, sa « Dame de Monsoreau » et son destin effroyable (viol et suicide). Le public ne peut pas à la fois suivre les vedettes de la téléréalité et penser à l’âge d’or de la télévision, à ses joyaux.

Bien sûr, des tas de téléspectateurs n’étaient pas nés à l’époque de Muriel mais tant d’autres artistes sont passés à la postérité. Je ne me consolerai jamais qu’il n’en soit pas ainsi pour elle, alors que l’on rediffuse chaque année tous les succès de De Funès.

Vivre avec une morte pourrait paraître morbide, ce ne l’est pas. Muriel par l’amour que je lui porte est toujours là.

10 février

Depuis le début des années 80, je suis le festival de San Remo, avant à la radio, maintenant à la télévision sur RAI Uno. Nek a chanté ce soir « Fatti avanti amore » qui est un tube comme je n’en ai pas entendu de la part des italiens depuis des années, c’est de la veine de « Gloria » d’Umberto Tozzi ou des premiers succès d’Eros Ramazzotti. Je suis sûr qu’il va gagner. Ce ne serait pas la première fois que je devine le vainqueur dès la première soirée du festival, cela m’est arrivé en 2012 avec Emma Marrone, une petite nouvelle (devenue depuis numéro un en Italie) lorsqu’elle a chanté « Non è l’inferno ».

Ce serait une injustice que Nek ne gagne pas, car le reste des participants ne propose rien de formidable : Lara Fabian chante « Voce » écrit par Toto Cutugno, Marco Masini « Che giorno è », vraiment pas à la hauteur de son répertoire, Raf « Come una favola » est encore un cran au dessous, et Anna Tatangelo, dont j’avais beaucoup aimé « Bastardo » au festival 2011 (elle n’avait pas gagné), nous offre un titre mineur avec « Libera ».

J’ai deux fois deviné qui allait gagner des concours : Emma Marrone en 2011 à San Remo, et Valérie Bègue dès que je l’ai vue au concours Miss France le 8 décembre 2007. Je me suis trompé souvent aussi, en pensant par exemple que Muriel allait devenir une star.

Muriel, à une certaine époque (1972-73), j’avais peur qu’elle m’échappe, qu’elle devienne aussi populaire que le sera dans les années suivantes Isabelle Adjani. Elle était déjà inaccessible, elle l’aurait été encore davantage. Je me suis hélas hasardé à faire un bien mauvais pronostic, dès 1974, elle sombrait dans l’oubli.

Mon raisonnement est certainement égoïste, mais quand on aime quelqu’un, on veut le garder pour soi. J’ai été écouté au-delà de toutes mes espérances, pour son malheur et le mien.

Corinne Le Poulain est morte aujourd’hui. Elle est arrivée dans la génération juste après Muriel sans être vraiment en concurrence avec elle. J’avoue qu’elle et sa sœur Vannick ne m’ont jamais séduit. Mais je comprends le chagrin de ceux qui ont pu aimer Corinne, jolie fille et bonne comédienne. En fait, elle a débuté en 1966, soit seulement deux ans après Muriel, a joué dans « Oscar » avec Louis de Funès au théâtre en 1971, mais a connu le succès notamment avec « Sam et Sally » en 1978 quand Muriel avait tout abandonné depuis longtemps. Je pensais dans les années 70 qu’elle était la fille de Jean Le Poulain, en fait, c’était sa nièce, le comédien était homosexuel. A l’époque, cela ne se disait pas.

Cela dit, Corinne n’a droit à aucun hommage, ce que ses admirateurs doivent trouver fort injuste. Et ça l’est, comme de mourir du cancer à 66 ans.

Pourquoi cette comédienne m’a toujours laissé indifférent alors que Muriel me met en transe ? Voilà un mystère. Pourquoi aimons- nous Pierre et pas Paul ?

J’ai toujours eu le sentiment que Muriel était unique en son genre. Dès février 1967 dans « La princesse du rail », je l’ai adorée. Le coup de foudre est une chose qui ne s’explique pas. Il aura duré dans mon cas jusqu’à aujourd’hui et sans doute jusqu’à ma mort. Muriel est pour moi une évidence, elle est la femme idéale. Je ne peux pas me consoler de sa mort car elle est irremplaçable, il n’y en a pas deux comme elle. Sa voix, sa prestance, son sourire sont uniques. Elle m’a empêché d’aimer une autre fois avec la même intensité, car elle a pris toute la passion que j’avais en moi. Je l’ai cherchée toute ma vie.

11 février

Mort de Roger Hanin, je dois être le seul qui ait regardé « Navarro » en DVD une fois que la diffusion sur TF1 était terminée. Elle comporte 108 épisodes de 1989 à 2007, tandis que l’édition de la série en kiosque a proposé 104 épisodes, laissant les quatre derniers invisibles, on se demande pourquoi.

Hanin en dehors de cette série vue trop tard, après son moment de gloire, ne me laisse aucun souvenir. Beaucoup le détestent, il suffit de voir les forums sur Internet. Il doit s’en moquer depuis longtemps, car avant de mourir, il fut victime d’un AVC en 2009 et mis sous curatelle. Je ne peux pas pleurer tous les artistes qui partent, mais j’aurais dû regarder « Navarro » en 1989. En fait, le seul épisode que j’ai vu à l’époque est celui avec Gilbert Bécaud, « Fort Navarro ».

La deuxième soirée du festival de San Remo est la moins intéressante des quatre. Nek en est absent, et les artistes présents peu convaincants. La veille, l’évènement hors concours a été les retrouvailles de Romina Power et Al Bano, ce dernier plutôt tendu, ils sont divorcés depuis 1999 après s’être aimés, et se sont déchirés suite à la mort (en fait la disparition) de leur fille majeure Ylenia, le jour de l’an 1994.

Entre eux, le cœur n’y est plus. Al Bano a écrit un livre où il égratignait Romina, qui l’a trompée sur le tournage du « Retour de Sandokan » en Inde en 1996. Le présentateur est obligé de dire à Al Bano d’embrasser Romina. Triste spectacle, qui rappelle le déchirement du couple Stéphanie et Michel Fugain après le décès de leur fille Laurette, la mère ayant reproché au père, à tort ou à raison, de « fuir ».

On pourrait me demander de quoi je me mêle, la vie de ces people ou artistes ne me regarde en rien, et je la connais à travers ce que la presse a relaté.

On ne peut me faire ce reproche pour Muriel où j’ai été glané chaque information moi-même une à une, car personne ne s’intéressait à elle. J’ai ainsi attendu des heures devant des trottoirs où elle avait habité, avant de trouver finalement un jour un témoin, d’être là au bon moment au bon endroit.

Muriel, je ne la connais pas par les journaux, ils n’en parlaient pas, et elle les évitait. Tout ce que je sais sur elle, je l’ai appris de voisins, de partenaires de films dans lesquels elle a joué.

J’ai retrouvé des documents, des papiers d’état civil, mais tout cela est dérisoire, Muriel, dont j’ai découvert certains secrets, me les confiera tous si nous avons la chance de nous retrouver après.

Muriel, si elle était là, en serait réduite, comme d’autres de sa génération, à jouer dans « Plus belle la vie ». La gloire de ceux qui ont continué après elle n’a pas toujours duré et leur a joué des mauvais tours. La chanteuse Colette Renard aurait-elle imaginé finir dans ce vide sidéral télévisuel ?

Muriel aurait sans doute su se retirer à temps, avant de faire le combat de trop. Mais elle n’a pas eu à le faire. Ce qui est certain, c’est qu’elle serait comme moi déçue par l’époque, son manque de créativité artistique, elle qui s’était tant donnée pour jouer Marguerite de Bourgogne.

12 février

San Remo encore et toujours…

Les chanteurs sont invités à interpréter la chanson d’un autre, une chanson célèbre, Lara Fabian choisit « Je suis malade », qu’elle reprend en italien, mais Nek a une idée de génie : faire une version moderne et à sa façon d’une très ancienne chanson de Mina, « Se Telefonando » qu’il enregistrera fort habilement sur son nouvel album à sortir en mars.

Je parle de Corinne Le Poulain avec un ami et réalise qu’elle n’a jamais fait de cinéma. Ce qui est faux, elle a tourné pour le grand écran plusieurs films oubliés depuis longtemps : « Un jeune couple » (1969), « La provocation » (1970), « La grande java » (1971), « Absences répétées » (1972), « Les anges » (1973). Sa vraie place était au théâtre de boulevard, et à la télévision. Dont le sinistre « Plus belle la vie ».

Le peu d’échos voire l’absence à sa disparition par les médias feront haïr Roger Hanin dont on parle beaucoup à ceux pour qui elle représentait ce que Muriel est pour moi.

Mais y-a-t-il vraiment beaucoup de gens qui sont entichés d’une actrice comme je le suis avec Muriel ?

13 février

J’ai eu la visite de ma fille, elle veut que ma mère assiste au baptême républicain de ses enfants le 9 mai. Ma mère dit oui mais pense la chose impossible, elle est en fauteuil roulant.

A San Remo, Nek rechante « Fatti avanti amore », tandis que Lara Fabian est éliminée de la compétition.

Nek a de très bons échos au festival et on peut logiquement penser qu’il va gagner. « Fatti avanti amore » me semble un tube encore plus fort que « Laura non c’è », celui de 1997.

J’ai toujours aimé les chanteurs italiens, qui sont pour moi synonyme de printemps, peut-être parce qu’Umberto Tozzi avait pris l’habitude au début de sa carrière, de 1977 à 1982, se sortir un album par an au mois de mai et qu’il nous enchantait à chaque fois avec des tubes à mi-chemin entre la pop et la variété.

Les chansons italiennes reflètent une atmosphère romantique. Dans les chansons d’amour, tout est possible, c’est l’amour comme il n’existe pas dans la réalité. C’est un peu mon histoire avec Muriel. Un rêve de l’amour tel que l’on aimerait qu’il soit mais n’est jamais ainsi dans la réalité. Cela relève du conte de fée, mais l’on n’en est pas conscient.

Muriel n’a jamais su que je l’aimais, ce n’était d’ailleurs pas son vrai prénom mais Yvette, chose qu’elle n’a jamais révélé de son vivant. Une façon pour elle de différencier sa carrière artistique et sa vie privée.

Lorsque je regarde ses DVD chaque dimanche, je trouve chaque fois une scène, un angle de prise de vue, un regard d’elle, une réplique, que je ne connaissais pas. Les témoignages filmés qu’elle me laisse, ses rôles, la rendent immortelle, elle est toujours là près de moi, soit dans le petit écran, soit dans mes pensées. Peu de gens me comprennent, mais ils ne vivent pas cet amour passion. Je continue de vivre, en m’en voulant parfois d’avoir dépassé son âge à elle, 52 ans.

Muriel est aussi une époque, une nostalgie, que je maintiens au présent. Grâce à moi, elle continue en quelque sorte de vivre. Son âme, si l’on peut la qualifier ainsi, est près de moi. Elle ne me parle pas, mais certaines choses me sont suggérées.

Revenant de Clermont-Ferrand par un TER, après l’opération du cœur de mon petit fils Lucas le 27 février 2014, je découvre des décors semblables à ceux de « La princesse du rail ». Qui m’a révélé, je ne l’ai pas inventé, qu’il n’existe plus de « temps » dans l’au-delà ? Que le Paradis est un champ en pleine nature, sur Terre, dans laquelle Muriel m’attend ?

Me croyant de nature pessimiste, je suis finalement le contraire. Dans ses journaux de 1999 à 2007, Pascal Sevran, profondément athée, ne pense pas une seconde que son grand amour Pascal ni aucun défunt ne peut voir les vivants. Chacun pense ce qu’il veut, mais j’ai ressenti parfois une chaleur dont je sais qu’elle vient de Muriel. Je suis persuadé que, de là où elle est, elle me voit et me protège.

14 février

Finale du 65e festival de San Remo et grosse déception, Nek arrivant deuxième et ratant de peu la victoire attribuée au groupe « Il volo », sans intérêt, qui représentera l’Italie à l’Eurovision. Je ne me fais pas de soucis pour Nek, vu la qualité de sa chanson, il vendra

Avec Il volo, on sacrifie à la mode d’un trio qui évoque Il Divo ou chez nous Les prêtres. Trois jeunes qui mélangent musique classique et variétés dans un impossible rapprochement. C’est en fait de la variété, mais bien moins bonne que celle de Nek, qui beau joueur, les applaudit. Il a un physique d’Adonis, est célèbre depuis « Laura non c’è » et cette deuxième place n’est pas la fin du monde pour lui. Je doute que l’on se souvienne du trio « Il volo » dans quelques années.

On aura vu Nek présenté par Emma Marrone lors de cette finale lorsqu’il a chanté « Fatti avanti amore ». Deux artistes que j’adore, et Dieu sait que mes goûts ne me portent pas sur la nouvelle génération. Eux ont su poursuivre dans la veine de leurs aînés pour perpétuer la chanson italienne. Emma rappelle Gianna Nannini que je n’ai jamais vraiment appréciée, et Nek n’a plus rien à prouver, « Laura non c’è » qu’il a repris en duo avec la française Cerena l’a sans doute mis à l’abri du besoin jusqu’à la fin de ses jours. Comme beaucoup d’italiens, Nek sort ses albums en espagnol, notre triste France préfère les rappeurs aux chanteurs de charme italiens, c’est son problème.

Le festival de San Remo créé en 1951 a servi de modèle au concours eurovision de la chanson. Ce concours eurovision qui ces dernières années est devenu une triste pantalonnade

Nek remporte trois titres ce soir là : Le prix de la presse, le prix Lucio Dalla et le prix attribué par les musiciens du festival. Personne n’est dupe, le vrai vainqueur, c’est lui.

16 février

Je boude les programmes télévisés pour regarder en DVD, après la veille Muriel Baptiste, la série « Banacek » avec George Peppard. Possédant la version américaine et la française, je constate avec le DVD français que l’ORTF a coupé vingt minutes dans le pilote « Les traces fantômes », un sacrilège car cette série tournée en 1972, à mi-chemin entre le policier et le fantastique, bénéficie de moyens exceptionnels dignes du cinéma et d’histoires et de mises en scène sublimes. Les épisodes durent 70 minutes et le pilote 90. Lors de la diffusion française en janvier 1974, l’ORTF a raccourci le pilote à la durée du reste des autres épisodes. Pauvres téléspectateurs hexagonaux, nous n’aurons vu à l’époque que sept des dix-sept épisodes. Il est bien dommage que Peppard, grand acteur de cinéma (« Diamants sur canapé », « Le crépuscule des aigles ») ait choisi ensuite de nous laisser l’image lamentable de « L’agence tous risques », horrible série des années 80.

La télévision américaine n’a pas échappé à la chute abyssale de qualité qui au fil des décennies a frappé la production française. Si elle avait continué sa carrière, Muriel Baptiste n’aurait plus trouvé sa place dans ce fatras de feuilletons, films et téléfilms de plus en plus mauvais.

Pour un bon film de temps en temps comme « Ne le dis à personne » de Guillaume Canet d’après le best seller d’Harlan Coben en 2006, que de navets.

« Banacek » a encore un public puisqu’une société a sorti en DVD en 2015 la série en France, avec un épisode sous-titré, n’ayant jamais fait l’objet d’un doublage. Il faut dire qu’après 1974, la majeure partie des inédits a été diffusée sur une chaîne du câble dans les années 90, 13e rue.

Je suis agréablement surpris par les ventes de mon livre « Muriel Baptiste, la vie, quelle gifle ! ». Je regarde régulièrement Amazon, ils en ont deux en stock, puis un, puis zéro, et à nouveau deux. Il se vend mieux que « Muriel Baptiste, la reine foudroyée ». Bien évidemment, je ne vais en vendre des centaines, mais je suis ravi pour Muriel, elle n’est pas complètement oubliée, pas tout à fait, il reste quelques fidèles, quelques curieux. Les livres, je ne les ai pas achetés. Je ne rentrerai évidemment pas dans mes fonds avec la somme énorme que m’a demandé Persée, l’éditeur à compte d’auteur. L’édition de ce type est parfois méprisée, mais sur un sujet aussi ciblé, on ne peut attirer une foule d’acheteurs. J’ai eu cependant le tort même si le livre possède 15 pages d’annexe de livrer trop d’extraits sur mon blog. Persée le vend 13 euros 70 centimes, somme qui peut rebuter l’acheteur hésitant. Persée m’a demandé trop cher pour publier l’ouvrage et je ne retournerai pas chez eux pour un prochain ouvrage, je n’en ai pas les moyens. Mais les regrets ne servent à rien. Le livre est complet sur la carrière de Muriel, bien plus que « La reine foudroyée » que je vois proposé sur eBay.

Un anonyme prétend vendre lui aussi un livre sur Muriel, il s’agit en fait d’une compilation d’articles de Wikipédia dont je suis l’auteur. J’aurais tant aimé que d’autres, bien avant moi, et avec des moyens conséquents, des auteurs professionnels, se penchent sur le cas de Muriel. Mais elle est trop oubliée, alors que l’on trouve un pavé de 238 pages à l’occasion d’une biographie de Michel Delpech sortie en 2006 (avant sa maladie). Je l’ai feuilleté à l’époque sans l’acheter, « Michel Delpech : Mise à nu » de Pascal Louvrier, aux éditions du Rocher.

Wikipédia ne permet pas de se déclarer propriétaire des textes que l’on y met. Je ne regrette rien, j’ai créé celui de Muriel, évitant sans doute quelque chose de trop succinct. Il est facile de croire que je fais tout cela de façon désintéressé, par amour.

Ce 16 février, tandis que je me prends la tête avec une histoire d’amour certes sincère mais hors du temps, 21 chrétiens coptes enlevés par l’état islamique sont décapités.

Je vis bien à l’abri dans un monde de bisounours, alors que la violence et la guerre, le sang et les prises d’otages se répandent partout. Je suis conscient de mon égoïsme. Je suis un privilégié. J’écris mon journal, sans le talent littéraire de Renaud Camus et de Pascal Sevran, tandis que le monde continue de tourner plutôt mal. Il est forcément plus confortable de se confiner dans les années 70. L’année 2015 n’a rien qui inspire l’auteur à écrire des proses romantiques. Le monde est devenu lentement mais sûrement apocalyptique. On se croirait dans un mauvais récit de science-fiction. Lorsque le ciné-jeunesse me proposait de voir une adaptation de « La machine à explorer le temps » dans les années 60, on voyait la fin du monde vers 1966. Elle est arrivée sur la pointe de pieds, par petites doses, commencée par les attentats de 1986 à Paris, ceux de 1995, le 11 septembre 2001, Madrid le 11 mars 2004. A la différence de 1914 et 1939, la guerre s’est déclarée sans s’officialiser, mais elle n’en est pas moins présente.

Cette guerre non déclarée, beaucoup dont mes camarades de la CGT refusent de la voir, contestent sa réalité. A ma façon, je fuis aussi en me réfugier dans mon époque heureuse de 1973 où je réalisais la profondeur de mon amour pour Muriel Baptiste. Il ne faut pas faire « d’amalgame » selon ce qui a été proclamé lors de la marche républicaine du 11 janvier. Certains plus courageux que les autres, bravant le politiquement correct, comme Eric Zemmour et Renaud Camus, disent les choses sans fard. Ils sont aussitôt l’objet de l’opprobre consensuel.

En 1972-73, le monde était moins bien compliqué, avec ses bons et ses méchants. Il existait une machine du prêt à penser. « Dupont Lajoie » par exemple, film de 1975 réalisé par Yves Boisset, ne souffrait pas la contradiction. Il me semble que les choses sont aujourd’hui bien plus compliquées. J’aurais dû mourir en même temps que Muriel Baptiste. Paradis (je l’espère) ou néant absolu sont préférables à cette année désespérante. Je vis dans un Time Warp, une distorsion temporelle, un piège comme si ma vie s’étalait de juillet 1972 à avril 1973. En somme de la rediffusion de « La princesse du rail » à la fin du « Premier juré ».

20 février

Entre deux « Banacek », je laisse ma mère regarder « Le grand concours des animateurs » présentée par Carole Rousseau sur TF1, pendant que je me réfugie sur Internet.

Si je peux concevoir que les chaines principales (TF1, France 2, France 3, M6) se laissent aller à la médiocrité ambiante, ma stupéfaction est grande devant l’indigence des chaînes thématiques qui pourraient proposer autre chose, n’étant pas soumises à la loi de l’audimat. Alors que je paie pour capter ces chaînes, par le biais d’un opérateur, elles m’infligent de la publicité. On ne gagne jamais assez d’argent en 2015.

On pourrait espérer sur Paris Première, W9, RTL9, TMC, Série Club, 13e rue, Téva, Jimmy, D17, 6Ter, TV Breizh, de revoir « Plainte contre X ». Hélas non, ces chaînes rediffusent la bouillie télévisuelle que l’on nous afflige sur les chaînes principales, je n’ose plus dire « hertziennes » depuis l’apparition de la TNT. Nous sommes partis pour des rediffusions en boucle de « Une femme d’honneur » et des séries américaines que l’on a manquées sur TF1 ou France 2. Enfin, selon moi, on n’a pas manqué grand-chose.

Anne-Marie David, que ma mère comparait à Muriel Baptiste, révèle qu’en 1973, lors du concours Eurovision, Interpol l’escortait en permanence jusque à l’accompagner lors du choix de sa robe car des menaces terroristes étaient présentes. N’avons-nous vécu toujours que dans le déni de la réalité ? Une réalité longtemps cachée aux masses et que l’état islamique et Al-Qaïda ont révélée au grand jour.

Ce passé de mon enfance si pacifique a-t-il seulement existé ? Au cœur de la France de Pompidou, quand Alain Chamfort chantait « L’amour en France », qui aurait-dit que nous n’étions pas dans un monde protégé de tout ce qui se déroule au grand jour en 2015 ?

Je me suis rendu aux funérailles du père d’une collègue de travail que j’estime beaucoup. Je me souviens qu’une voisine de Muriel m’a dit qu’en 1995, il n’y avait que trois personnes à son enterrement.

22 février

« Plainte contre X » a un gros défaut : après nous offrir Muriel Baptiste pendant environ trois quart d’heure, on ne la voit plus du tout ensuite. Elle a pourtant le second rôle juste après Christiane Lénier dans ce téléfilm diffusé le 3 septembre 1966.

24 février

Plaisir coupable : j’aime bien Megan Fox, même si ces films laissent à désirer : au lieu de nous proposer des histoires d’amour torrides comme Angelina Jolie à laquelle on la compare souvent, genre « Péché originel » avec Antonio Banderas, remake de « La sirène du Mississipi », elle œuvre dans des films pour enfants style « Ninja Turtles » que j’ai vu en salles et dont j’ai acheté le DVD sitôt sorti. Je ne cache pas que j’aimerais voir Megan Fox dans des films plus olé-olé, mais elle ne semble pas décidée à en tourner.

25 février

Je continue à égrener les « Banacek » sur mon petit écran avec le combiné VHS/DVD dont la partie VHS ne fonctionne plus depuis longtemps. J’ai dû demander à un magasin spécialisé de me transférer mes précieuses VHS, heureusement peu nombreuses car le coût s’avère onéreux.

Mais racheter un magnétoscope d’occasion dont ne sait combien de temps il durera, et je ne me sers que de la partie DVD du combiné. De toute façon, je possède toute la filmographie de Muriel en DVD à l’exception de l’introuvable film de Guy Blanc « Le mois le plus beau », les quelques rares VHS que je possède ne me sont plus d’aucune utilité.

Le « Banacek » du jour est « Pièces uniques et en double », inédit en France, enfin non programmé en 1974. Je l’ai déjà vu sur mon ordinateur avec un DVD américain dont les sous-titres, même dans la langue de Shakespeare, m’ont été bien utiles pour comprendre. Car les énigmes dans cette série sont d’une complexité rare, à la façon de Sherlock Holmes.

La vitesse à laquelle la technologie évolue me donne le tournis. Ainsi, depuis début 2015, on ne trouve plus de matériel nouveau avec prise péritel, le système HDMI l’ayant remplacé. Mon téléviseur de 2004, qui n’est pas un « écran plat », est totalement dépassé, comme mon combiné VHS/DVD.

Il en a été ainsi du vinyle pour le CD, de la cassette VHS pour le DVD. Ne parlons pas des différents systèmes d’exploitation de Windows, auxquels je ne comprends rien, si ce n’est que la version Windows 8 est déroutante par son interface. Il faut installer le logiciel « Classic Shell » qui nous permet de retrouver les fonctions de Windows 7, enfin pour moi de XP qui ne marquait pas un changement radical d’une version à l’autre. J’ai brièvement eu un ordinateur avec Vista, qui paraît-il était un système d’exploitation désastreux, mais je n’y ai vu que du feu.

L’informatique est rassurante quand elle sert à écrire ce journal et mes différents ouvrages sur Muriel Baptiste, moi qui préfère le clavier, en tapant des dix doigts, que le stylo bille.

Comme Pascal Sevran, je m’interroge parfois sur ce qu’il faut dire ou non dans un journal, Marcel Jouhandeau (dont je n’ai rien lu) racontait trop de choses selon Sevran. Les journaux de Renaud Camus (j’ai lu ceux de 2002 à 2009) sont infiniment trop longs, atteignant 500 à 600 pages. Ils prennent à eux seuls une part immense de ma bibliothèque. Je me demande pourquoi Camus (et peut-être Jouhandeau) racontent tout. Gallimard a sorti de façon posthume le journal 1966-1974 de Jean-Patrick Manchette qui est parfois décousu. Cela m’a permis de voir que nous n’avons pas aimé les mêmes choses, et en tout cas pas Muriel dont il ignorait sans doute l’existence.

Jouhandeau a sorti 28 « journaliers », allant de 1957 à 1974. Renaud Camus, après un journal isolé (1976-77) tient le sien de façon régulière depuis 1985, même si après « Vue d’œil », le journal 2012, il s’est vu congédier par son éditeur Fayard. Il continue de les rédiger sur son site internet. Mais à compter de 2013, on ne les trouve plus en librairie.

J’en suis à mon troisième, mais les deux premiers, « Les forêts de Normandie, journal 1972 » et « La passion pour Muriel Baptiste, journal 1973-74 » ont été écrit après coup et sont plus des reconstitutions, certes fidèles, qu’autre chose. Et en épaisseur, ils sont squelettiques puisque seules les dates importantes et marquantes y sont retranscrites.

Les journaux, y compris celui-ci, sont une façon de continuer à écrire sur Muriel Baptiste sans en donner trop l’impression. Qui pourra un jour comprendre qu’elle m’accompagne au quotidien rien qu’en pensant à elle ?

Ce jour-là, Persée m’écrit que je n’ai vendu que 18 livres, ce qui est quand même une déception, en surveillant chaque jour Amazon, je pensais avoir séduit davantage de lecteurs. Je reçois donc un chèque 53.76 euros, alors qu’il m’en a été demandé près de 3000 (avec les options facultatives correction et insertion de photos et documents) pour le faire publier.

27 février

J’avais envisagé d’aller voir « 50 nuances de Grey » au cinéma. Il est sorti depuis le 11 février. Mais je ne suis pas arrivé à terminer le livre, et pour moi ce serait du temps perdu. Ce film est un « non-évènement » typique.

28 février

Dans la presse, on peut lire que Roger Hanin était ruiné, comme Eddie Barclay. Vu le nombre de films et d’épisodes de « Navarro » tournés, on se demande comment Hanin a pu en arriver là. Il s’en moque maintenant, il a été inhumé à Alger là où repose son père, une sorte de retour aux sources sur sa terre natale.

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Du 14 au 20 février 2015

30 Avril 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #JOURNAL 2015

14 février

Finale du 65e festival de San Remo et grosse déception, Nek arrivant deuxième et ratant de peu la victoire attribuée au groupe « Il volo », sans intérêt, qui représentera l’Italie à l’Eurovision. Je ne me fais pas de soucis pour Nek, vu la qualité de sa chanson, il vendra

Avec Il volo, on sacrifie à la mode d’un trio qui évoque Il Divo ou chez nous Les prêtres. Trois jeunes qui mélangent musique classique et variétés dans un impossible rapprochement. C’est en fait de la variété, mais bien moins bonne que celle de Nek, qui beau joueur, les applaudit. Il a un physique d’Adonis, est célèbre depuis « Laura non c’è » et cette deuxième place n’est pas la fin du monde pour lui. Je doute que l’on se souvienne du trio « Il volo » dans quelques années.

On aura vu Nek présenté par Emma Marrone lors de cette finale lorsqu’il a chanté « Fatti avanti amore ». Deux artistes que j’adore, et Dieu sait que mes goûts ne me portent pas sur la nouvelle génération. Eux ont su poursuivre dans la veine de leurs aînés pour perpétuer la chanson italienne. Emma rappelle Gianna Nannini que je n’ai jamais vraiment appréciée, et Nek n’a plus rien à prouver, « Laura non c’è » qu’il a repris en duo avec la française Cerena l’a sans doute mis à l’abri du besoin jusqu’à la fin de ses jours. Comme beaucoup d’italiens, Nek sort ses albums en espagnol, notre triste France préfère les rappeurs aux chanteurs de charme italiens, c’est son problème.

Le festival de San Remo créé en 1951 a servi de modèle au concours eurovision de la chanson. Ce concours eurovision qui ces dernières années est devenu une triste pantalonnade

Nek remporte trois titres ce soir là : Le prix de la presse, le prix Lucio Dalla et le prix attribué par les musiciens du festival. Personne n’est dupe, le vrai vainqueur, c’est lui.

16 février

Je boude les programmes télévisés pour regarder en DVD, après la veille Muriel Baptiste, la série « Banacek » avec George Peppard. Possédant la version américaine et la française, je constate avec le DVD français que l’ORTF a coupé vingt minutes dans le pilote « Les traces fantômes », un sacrilège car cette série tournée en 1972, à mi-chemin entre le policier et le fantastique, bénéficie de moyens exceptionnels dignes du cinéma et d’histoires et de mises en scène sublimes. Les épisodes durent 70 minutes et le pilote 90. Lors de la diffusion française en janvier 1974, l’ORTF a raccourci le pilote à la durée du reste des autres épisodes. Pauvres téléspectateurs hexagonaux, nous n’aurons vu à l’époque que sept des dix-sept épisodes. Il est bien dommage que Peppard, grand acteur de cinéma (« Diamants sur canapé », « Le crépuscule des aigles ») ait choisi ensuite de nous laisser l’image lamentable de « L’agence tous risques », horrible série des années 80.

La télévision américaine n’a pas échappé à la chute abyssale de qualité qui au fil des décennies a frappé la production française. Si elle avait continué sa carrière, Muriel Baptiste n’aurait plus trouvé sa place dans ce fatras de feuilletons, films et téléfilms de plus en plus mauvais.

Pour un bon film de temps en temps comme « Ne le dis à personne » de Guillaume Canet d’après le best seller d’Harlan Coben en 2006, que de navets.

« Banacek » a encore un public puisqu’une société a sorti en DVD en 2015 la série en France, avec un épisode sous-titré, n’ayant jamais fait l’objet d’un doublage. Il faut dire qu’après 1974, la majeure partie des inédits a été diffusée sur une chaîne du câble dans les années 90, 13e rue.

Je suis agréablement surpris par les ventes de mon livre « Muriel Baptiste, la vie, quelle gifle ! ». Je regarde régulièrement Amazon, ils en ont deux en stock, puis un, puis zéro, et à nouveau deux. Il se vend mieux que « Muriel Baptiste, la reine foudroyée ». Bien évidemment, je ne vais en vendre des centaines, mais je suis ravi pour Muriel, elle n’est pas complètement oubliée, pas tout à fait, il reste quelques fidèles, quelques curieux. Les livres, je ne les ai pas achetés. Je ne rentrerai évidemment pas dans mes fonds avec la somme énorme que m’a demandé Persée, l’éditeur à compte d’auteur. L’édition de ce type est parfois méprisée, mais sur un sujet aussi ciblé, on ne peut attirer une foule d’acheteurs. J’ai eu cependant le tort même si le livre possède 15 pages d’annexe de livrer trop d’extraits sur mon blog. Persée le vend 13 euros 70 centimes, somme qui peut rebuter l’acheteur hésitant. Persée m’a demandé trop cher pour publier l’ouvrage et je ne retournerai pas chez eux pour un prochain ouvrage, je n’en ai pas les moyens. Mais les regrets ne servent à rien. Le livre est complet sur la carrière de Muriel, bien plus que « La reine foudroyée » que je vois proposé sur eBay.

Un anonyme prétend vendre lui aussi un livre sur Muriel, il s’agit en fait d’une compilation d’articles de Wikipédia dont je suis l’auteur. J’aurais tant aimé que d’autres, bien avant moi, et avec des moyens conséquents, des auteurs professionnels, se penchent sur le cas de Muriel. Mais elle est trop oubliée, alors que l’on trouve un pavé de 238 pages à l’occasion d’une biographie de Michel Delpech sortie en 2006 (avant sa maladie). Je l’ai feuilleté à l’époque sans l’acheter, « Michel Delpech : Mise à nu » de Pascal Louvrier, aux éditions du Rocher.

Wikipédia ne permet pas de se déclarer propriétaire des textes que l’on y met. Je ne regrette rien, j’ai créé celui de Muriel, évitant sans doute quelque chose de trop succinct. Il est facile de croire que je fais tout cela de façon désintéressé, par amour.

Ce 16 février, tandis que je me prends la tête avec une histoire d’amour certes sincère mais hors du temps, 21 chrétiens coptes enlevés par l’état islamique sont décapités.

Je vis bien à l’abri dans un monde de bisounours, alors que la violence et la guerre, le sang et les prises d’otages se répandent partout. Je suis conscient de mon égoïsme. Je suis un privilégié. J’écris mon journal, sans le talent littéraire de Renaud Camus et de Pascal Sevran, tandis que le monde continue de tourner plutôt mal. Il est forcément plus confortable de se confiner dans les années 70. L’année 2015 n’a rien qui inspire l’auteur à écrire des proses romantiques. Le monde est devenu lentement mais sûrement apocalyptique. On se croirait dans un mauvais récit de science-fiction. Lorsque le ciné-jeunesse me proposait de voir une adaptation de « La machine à explorer le temps » dans les années 60, on voyait la fin du monde vers 1966. Elle est arrivée sur la pointe de pieds, par petites doses, commencée par les attentats de 1986 à Paris, ceux de 1995, le 11 septembre 2001, Madrid le 11 mars 2004. A la différence de 1914 et 1939, la guerre s’est déclarée sans s’officialiser, mais elle n’en est pas moins présente.

Cette guerre non déclarée, beaucoup dont mes camarades de la CGT refusent de la voir, contestent sa réalité. A ma façon, je fuis aussi en me réfugier dans mon époque heureuse de 1973 où je réalisais la profondeur de mon amour pour Muriel Baptiste. Il ne faut pas faire « d’amalgame » selon ce qui a été proclamé lors de la marche républicaine du 11 janvier. Certains plus courageux que les autres, bravant le politiquement correct, comme Eric Zemmour et Renaud Camus, disent les choses sans fard. Ils sont aussitôt l’objet de l’opprobre consensuel.

En 1972-73, le monde était moins bien compliqué, avec ses bons et ses méchants. Il existait une machine du prêt à penser. « Dupont Lajoie » par exemple, film de 1975 réalisé par Yves Boisset, ne souffrait pas la contradiction. Il me semble que les choses sont aujourd’hui bien plus compliquées. J’aurais dû mourir en même temps que Muriel Baptiste. Paradis (je l’espère) ou néant absolu sont préférables à cette année désespérante. Je vis dans un Time Warp, une distorsion temporelle, un piège comme si ma vie s’étalait de juillet 1972 à avril 1973. En somme de la rediffusion de « La princesse du rail » à la fin du « Premier juré ».

20 février

Entre deux « Banacek », je laisse ma mère regarder « Le grand concours des animateurs » présentée par Carole Rousseau sur TF1, pendant que je me réfugie sur Internet.

Si je peux concevoir que les chaines principales (TF1, France 2, France 3, M6) se laissent aller à la médiocrité ambiante, ma stupéfaction est grande devant l’indigence des chaînes thématiques qui pourraient proposer autre chose, n’étant pas soumises à la loi de l’audimat. Alors que je paie pour capter ces chaînes, par le biais d’un opérateur, elles m’infligent de la publicité. On ne gagne jamais assez d’argent en 2015.

On pourrait espérer sur Paris Première, W9, RTL9, TMC, Série Club, 13e rue, Téva, Jimmy, D17, 6Ter, TV Breizh, de revoir « Plainte contre X ». Hélas non, ces chaînes rediffusent la bouillie télévisuelle que l’on nous afflige sur les chaînes principales, je n’ose plus dire « hertziennes » depuis l’apparition de la TNT. Nous sommes partis pour des rediffusions en boucle de « Une femme d’honneur » et des séries américaines que l’on a manquées sur TF1 ou France 2. Enfin, selon moi, on n’a pas manqué grand-chose.

Anne-Marie David, que ma mère comparait à Muriel Baptiste, révèle qu’en 1973, lors du concours Eurovision, Interpol l’escortait en permanence jusque à l’accompagner lors du choix de sa robe car des menaces terroristes étaient présentes. N’avons-nous vécu toujours que dans le déni de la réalité ? Une réalité longtemps cachée aux masses et que l’état islamique et Al-Qaïda ont révélée au grand jour.

Ce passé de mon enfance si pacifique a-t-il seulement existé ? Au cœur de la France de Pompidou, quand Alain Chamfort chantait « L’amour en France », qui aurait-dit que nous n’étions pas dans un monde protégé de tout ce qui se déroule au grand jour en 2015 ?

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11 au 13 février 2015

28 Avril 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #JOURNAL 2015

11 février

Mort de Roger Hanin, je dois être le seul qui ait regardé « Navarro » en DVD une fois que la diffusion sur TF1 était terminée. Elle comporte 108 épisodes de 1989 à 2007, tandis que l’édition de la série en kiosque a proposé 104 épisodes, laissant les quatre derniers invisibles, on se demande pourquoi.

Hanin en dehors de cette série vue trop tard, après son moment de gloire, ne me laisse aucun souvenir. Beaucoup le détestent, il suffit de voir les forums sur Internet. Il doit s’en moquer depuis longtemps, car avant de mourir, il fut victime d’un AVC en 2009 et mis sous curatelle. Je ne peux pas pleurer tous les artistes qui partent, mais j’aurais dû regarder « Navarro » en 1989. En fait, le seul épisode que j’ai vu à l’époque est celui avec Gilbert Bécaud, « Fort Navarro ».

La deuxième soirée du festival de San Remo est la moins intéressante des quatre. Nek en est absent, et les artistes présents peu convaincants. La veille, l’évènement hors concours a été les retrouvailles de Romina Power et Al Bano, ce dernier plutôt tendu, ils sont divorcés depuis 1999 après s’être aimés, et se sont déchirés suite à la mort (en fait la disparition) de leur fille majeure Ylénia, le jour de l’an 1994.

Entre eux, le cœur n’y est plus. Al Bano a écrit un livre où il égratignait Romina, qui l’a trompée sur le tournage du « Retour de Sandokan » en Inde en 1996. Le présentateur est obligé de dire à Al Bano d’embrasser Romina. Triste spectacle, qui rappelle le déchirement du couple Stéphanie et Michel Fugain après le décès de leur fille Laurette, la mère ayant reproché au père, à tort ou à raison, de « fuir ».

On pourrait me demander de quoi je me mêle, la vie de ces people ou artistes ne me regarde en rien, et je la connais à travers ce que la presse a relaté.

On ne peut me faire ce reproche pour Muriel où j’ai été glané chaque information moi-même une à une, car personne ne s’intéressait à elle. J’ai ainsi attendu des heures devant des trottoirs où elle avait habité, avant de trouver finalement un jour un témoin, d’être là au bon moment au bon endroit.

Muriel, je ne la connais pas par les journaux, ils n’en parlaient pas, et elle les évitait. Tout ce que je sais sur elle, je l’ai appris de voisins, de partenaires de films dans lesquels elle a joué.

J’ai retrouvé des documents, des papiers d’état civil, mais tout cela est dérisoire, Muriel, dont j’ai découvert certains secrets, me les confiera tous si nous avons la chance de nous retrouver après.

Muriel, si elle était là, en serait réduite, comme d’autres de sa génération, à jouer dans « Plus belle la vie ». La gloire de ceux qui ont continué après elle n’a pas toujours duré et leur a joué des mauvais tours. La chanteuse Colette Renard aurait-elle imaginé finir dans ce vide sidéral télévisuel ?

Muriel aurait sans doute su se retirer à temps, avant de faire le combat de trop. Mais elle n’a pas eu à le faire. Ce qui est certain, c’est qu’elle serait comme moi déçue par l’époque, son manque de créativité artistique, elle qui s’était tant donnée pour jouer Marguerite de Bourgogne.

12 février

San Remo encore et toujours…

Les chanteurs sont invités à interpréter la chanson d’un autre, une chanson célèbre, Lara Fabian choisit « Je suis malade », qu’elle reprend en italien, mais Nek a une idée de génie : faire une version moderne et à sa façon d’une très ancienne chanson de Mina, « Se Telefonando » qu’il enregistrera fort habilement sur son nouvel album à sortir en mars.

Je parle de Corinne Le Poulain avec un ami et réalise qu’elle n’a jamais fait de cinéma. Ce qui est faux, elle a tourné pour le grand écran plusieurs films oubliés depuis longtemps : « Un jeune couple » (1969), « La provocation » (1970), « La grande java » (1971), « Absences répétées » (1972), « Les anges » (1973). Sa vraie place était au théâtre de boulevard, et à la télévision. Dont le sinistre « Plus belle la vie ».

Le peu d’échos voire l’absence à sa disparition par les médias feront haïr Roger Hanin dont on parle beaucoup à ceux pour qui elle représentait ce que Muriel est pour moi.

Mais y-a-t-il vraiment beaucoup de gens qui sont entichés d’une actrice comme je le suis avec Muriel ?

13 février

J’ai eu la visite de ma fille, elle veut que ma mère assiste au baptême républicain de ses enfants le 9 mai. Ma mère dit oui mais pense la chose impossible, elle est en fauteuil roulant.

A San Remo, Nek rechante « Fatti avanti amore », tandis que Lara Fabian est éliminée de la compétition.

Nek a de très bons échos au festival et on peut logiquement penser qu’il va gagner. « Fatti avanti amore » me semble un tube encore plus fort que « Laura non c’è », celui de 1997.

J’ai toujours aimé les chanteurs italiens, qui sont pour moi synonyme de printemps, peut-être parce qu’Umberto Tozzi avait pris l’habitude au début de sa carrière, de 1977 à 1982, se sortir un album par an au mois de mai et qu’il nous enchantait à chaque fois avec des tubes à mi-chemin entre la pop et la variété.

Les chansons italiennes reflètent une atmosphère romantique. Dans les chansons d’amour, tout est possible, c’est l’amour comme il n’existe pas dans la réalité. C’est un peu mon histoire avec Muriel. Un rêve de l’amour tel que l’on aimerait qu’il soit mais n’est jamais ainsi dans la réalité. Cela relève du conte de fée, mais l’on n’en est pas conscient.

Muriel n’a jamais su que je l’aimais, ce n’était d’ailleurs pas son vrai prénom mais Yvette, chose qu’elle n’a jamais révélé de son vivant. Une façon pour elle de différencier sa carrière artistique et sa vie privée.

Lorsque je regarde ses DVD chaque dimanche, je trouve chaque fois une scène, un angle de prise de vue, un regard d’elle, une réplique, que je ne connaissais pas. Les témoignages filmés qu’elle me laisse, ses rôles, la rendent immortelle, elle est toujours là près de moi, soit dans le petit écran, soit dans mes pensées. Peu de gens me comprennent, mais ils ne vivent pas cet amour passion. Je continue de vivre, en m’en voulant parfois d’avoir dépassé son âge à elle, 52 ans.

Muriel est aussi une époque, une nostalgie, que je maintiens au présent. Grâce à moi, elle continue en quelque sorte de vivre. Son âme, si l’on peut la qualifier ainsi, est près de moi. Elle ne me parle pas, mais certaines choses me sont suggérées.

Revenant de Clermont-Ferrand par un TER, après l’opération du cœur de mon petit fils Lucas le 27 février 2014, je découvre des décors semblables à ceux de « La princesse du rail ». Qui m’a révélé, je ne l’ai pas inventé, qu’il n’existe plus de « temps » dans l’au-delà ? Que le Paradis est un champ en pleine nature, sur Terre, dans laquelle Muriel m’attend ?

Me croyant de nature pessimiste, je suis finalement le contraire. Dans ses journaux de 1999 à 2007, Pascal Sevran, profondément athée, ne pense pas une seconde que son grand amour Pascal ni aucun défunt ne peut voir les vivants. Chacun pense ce qu’il veut, mais j’ai ressenti parfois une chaleur dont je sais qu’elle vient de Muriel. Je suis persuadé que, de là où elle est, elle me voit et me protège.

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1er au 10 février 2015

28 Avril 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #JOURNAL 2015

1er février

Je regarde Muriel dans « Les risques du métier » en DVD. Normal, c’est dimanche. De toute façon, le film du dimanche soir de TF1 était un Stallone : « Expandables 2 : Unité spéciale », je ne rate rien. Celui de la 2, « L’étrange histoire de Benjamin Button » valait peut-être mieux, tant pis.

2 février

Ma mère a une bronchite ce qui est dangereux vu son âge avancé. Sa doctoresse est venue la voir et la mettre sous antibiotiques.

Le soir, deux extrêmes dans les programmes : la débile « Joséphine Ange Gardien » et les ennuyeuses, enfin selon moi, 22e victoires de la musique classique. Une soirée à se mettre devant un bon livre.

J’ai hâte comme chaque année de voir le festival de la chanson italienne à San Remo, d’autant plus qu’il y a une grande vedette cette année, Nek, qui s’appelle en réalité Filipio Neviani, et a fait un gros succès en France en 1997 avec « Laura non c’è ». Il y a aussi Raf (créateur du tube mondial « Self control » en 1984), Marco Masini et Anna Tatangelo.

Viviers, 3 février

Je vais rendre visite à Claire et à mes petits enfants. Une bonne journée en famille qui est mon côté Janus, le père et le grand-père, beaucoup plus isolé lorsqu’il pense à Muriel et écrit sur elle. Par contre, il faisait froid et nous n’avons pas pu me promener. Nous étions frustrés de ne pas pouvoir sortir. J’ai alors l’idée d’emmener les prochaines fois Lucas au cinéma.

Valence, 5 février

J’ai dû faire venir un artisan pour réparer une porte fenêtre endommagée, qui m’a pris horriblement cher. Mais je n’ai jamais été bricoleur de ma vie.

Les élections cantonales ont eu lieu et je ne sais pas si je suis élu. L’effet Lepaon a été désastreux sur les votes, du moins c’est mon opinion.

Pourquoi me prendre la tête avec la CGT quand il me suffit de penser à Muriel pour être heureux ? Le souvenir du bonheur est encore du bonheur, et le passé est là, au présent, avec ma chère Muriel.

Par la magie des images, Muriel est toujours là. Elle fait partie de mon quotidien. A ce titre, elle a énormément d’avantage sur un proche qui aurait disparu, d’une part je peux la voir et la revoir, elle ne vieillit pas. Que ce soit en infirmière Geneviève Lagrange, en journaliste Pierrette Vanier, en petite gitane Annunciata Vidal. Muriel est toutes ces femmes et bien d’autres, dans des rôles plus ou moins intéressants. Lorsque je regarde les DVD, je fais généralement autre chose, puisque je les connais par cœur. Je mets simplement, via le poste de télévision, Muriel dans mon salon, avec sa voix, son sourire, son visage, ses yeux, sa chevelure. Muriel est à la fois mon soleil et la plus grande tristesse de ma vie.

6 février

Je suis pris en cas de flagrante contradiction : je dis ne pas aimer TF1 et je regarde l’émission anniversaire « TF1, 40 ans d’émotions partagées ». Au final, une émission décevante, qui rappelle quelques bons moments (« Le jeu de la vérité ») mais aussi des choses très oubliables.

Muriel n’apparaît jamais dans les rétrospectives télévisées, bon elle a arrêté sa carrière un an avant la création de TF1 et ce soir je ne risquais pas de la voir. Mais dans les autres émissions, si l’on revoit Denise Fabre, Claude François ou je ne sais plus qui, Muriel n’est jamais présente, comme si elle n’avait pas existé artistiquement parlant. Elle a pourtant fait « La princesse du rail » et « Les rois maudits ». Je trouve cela injuste. Ce n’est pas avec mes livres et mon blog que le grand public se rappellera d’elle. J’agis à mon modeste niveau, qui est nettement insuffisant.

Muriel, je voudrais tant te rendre ta gloire passée, faire qu’en 2015, des gens se souviennent de toi. Tu as eu du succès en ton temps. On me répondra que tout le monde a oublié Karin Petersen, sa « Dame de Monsoreau » et son destin effroyable (viol et suicide). Le public ne peut pas à la fois suivre les vedettes de la téléréalité et penser à l’âge d’or de la télévision, à ses joyaux.

Bien sûr, des tas de téléspectateurs n’étaient pas nés à l’époque de Muriel mais tant d’autres artistes sont passés à la postérité. Je ne me consolerai jamais qu’il n’en soit pas ainsi pour elle, alors que l’on rediffuse chaque année tous les succès de De Funès.

Vivre avec une morte pourrait paraître morbide, ce ne l’est pas. Muriel par l’amour que je lui porte est toujours là.

10 février

Depuis le début des années 80, je suis le festival de San Remo, avant à la radio, maintenant à la télévision sur RAI Uno. Nek a chanté ce soir « Fatti avanti amore » qui est un tube comme je n’en ai pas entendu de la part des italiens depuis des années, c’est de la veine de « Gloria » d’Umberto Tozzi ou des premiers succès d’Eros Ramazzotti. Je suis sûr qu’il va gagner. Ce ne serait pas la première fois que je devine le vainqueur dès la première soirée du festival, cela m’est arrivé en 2012 avec Emma Marrone, une petite nouvelle (devenue depuis numéro un en Italie) lorsqu’elle a chanté « Non è l’inferno ».

Ce serait une injustice que Nek ne gagne pas, car le reste des participants ne propose rien de formidable : Lara Fabian chante « Voce » écrit par Toto Cutugno, Marco Masini « Che giorno è », vraiment pas à la hauteur de son répertoire, Raf « Come una favola » est encore un cran au dessous, et Anna Tatangelo, dont j’avais beaucoup aimé « Bastardo » au festival 2011 (elle n’avait pas gagné), nous offre un titre mineur avec « Libera ».

J’ai deux fois deviné qui allait gagner des concours : Emma Marrone en 2011 à San Remo, et Valérie Begue dès que je l’ai vue au concours Miss France le 8 décembre 2007. Je me suis trompé souvent ainsi, en pensant par exemple que Muriel allait devenir une star.

Muriel, à une certaine époque (1972-73), j’avais peur qu’elle m’échappe, qu’elle devienne aussi populaire que le sera dans les années suivantes Isabelle Adjani. Elle était déjà inaccessible, elle l’aurait été encore davantage. Je me suis hélas hasardé à faire un bien mauvais pronostic, dès 1974, elle sombrait dans l’oubli.

Mon raisonnement est certainement égoïste, mais quand on aime quelqu’un, on veut le garder pour soi. J’ai été écouté au-delà de toutes mes espérances, pour son malheur et le mien.

Corinne Le Poulain est morte aujourd’hui. Elle est arrivée dans la génération juste après Muriel sans être vraiment en concurrence avec elle. J’avoue qu’elle et sa sœur Vannick ne m’ont jamais séduit. Mais je comprends le chagrin de ceux qui ont pu aimer Corinne, jolie fille et bonne comédienne. En fait, elle a débuté en 1966, soit seulement deux ans après Muriel, a joué dans « Oscar » avec Louis de Funès l’année suivante, mais a connu le succès notamment avec « Sam et Sally » en 1978 quand Muriel avait tout abandonné depuis longtemps. Je pensais dans les années 70 qu’elle était la fille de Jean Le Poulain, en fait, c’était sa nièce, le comédien était homosexuel. A l’époque, cela ne se disait pas.

Cela dit, Corinne n’a droit à aucun hommage, ce que ses admirateurs doivent trouver fort injuste. Et ça l’est, comme de mourir du cancer à 66 ans.

Pourquoi cette comédienne m’a toujours laissé indifférent alors que Muriel me met en transe ? Voilà un mystère. Pourquoi aimons- nous Pierre et pas Paul ?

J’ai toujours eu le sentiment que Muriel était unique en son genre. Dès février 1967 dans « La princesse du rail », je l’ai adorée. Le coup de foudre est une chose qui ne s’explique pas. Il aura duré dans mon cas jusqu’à aujourd’hui et sans doute jusqu’à ma mort. Muriel est pour moi une évidence, elle est la femme idéale. Je ne peux pas me consoler de sa mort car elle est irremplaçable, il n’y en a pas deux comme elle. Sa voix, sa prestance, son sourire sont uniques. Elle m’a empêché d’aimer une autre fois avec la même intensité, car elle a pris toute la passion que j’avais en moi. Je l’ai cherchée toute ma vie.

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Janvier 2015

27 Avril 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #JOURNAL 2015

Valence, 1er janvier

2014 est à ce jour la pire année de ma vie, ma fille ayant perdu la garde de mon petit fils en juillet. Cela fait sept mois que le cauchemar est là. Le jugement a été prononcé en août 2014.

Ce drame a tout occulté depuis le 12 juin, lorsqu’un huissier de justice est venu frapper à la porte de ma fille Claire pour une assignation en référé.

Je me dis que le jugement d’appel qui ne va pas tarder à tomber sera décisif. Il faut malgré tout continuer à vivre. Rien ne sera plus jamais pareil.

Que va donc m’apporter 2015, en faisant abstraction de cette affaire ? Cette année marque le vingtième anniversaire de la mort de la comédienne Muriel Baptiste, que j’aime depuis toujours, et quand je dis toujours, cela a commencé à l’âge de sept ans. En 1974, elle a quitté le métier et s’est évanouie dans la nature. Je n’ai appris son décès que le dimanche 6 novembre 2005, plus de dix ans après, à dix huit heures.

Mon deuil, si je peux le qualifier ainsi, est donc décennal, puisque mon esprit l’a pris en compte lors de la connaissance de la terrible nouvelle.

Tout le monde a oublié Muriel aujourd’hui, même si en son temps (1964-1974), elle a connu son moment de gloire, particulièrement à la télévision, à l’ORTF. Elle a été la vedette de cinq feuilletons, celui qui est passé à la postérité est « Les Rois maudits ».

Je sais que beaucoup me prennent pour un illuminé. J’ai réalisé un blog sur elle, et ai publié à compte d’auteur « Muriel Baptiste, la reine foudroyée », en 2007, et « Muriel Baptiste, la vie : quelle gifle ! » en 2014. Mes livres se sont mal vendus, quelques dizaines, mais ils représentent pour moi une trace bien plus durable qu’Internet. Je trouve cette technologie peu fiable et peu durable, tant de sites et de forums ont disparu depuis que je surfe sur la toile comme on dit.

Si je suis encore là le 1er janvier 2016, je pourrai tenir le même discours. Muriel encore, Muriel toujours. Elle est vivante tant que je le suis, puisque je parle d’elle, perpétue son souvenir. La grande question est de savoir si quelque chose existe « après ». Eternelle question pour moi qui ait été croyant les quinze premières années de ma vie, puis comme le chante Michel Sardou qui ait surtout cru lorsque j’en avais besoin. En 1997, malade, je suppliais le ciel de m’épargner. J’étais bien sot alors, me croyant atteint d’un cancer du foie alors que je ne souffrais de rien du tout. Depuis 2005, j’ai tout intérêt à ce qu’il y ait un ailleurs, un au-delà, un Paradis, et ce qui me conforte à y croire est le fait d’avoir parfois « senti » Muriel me soutenir, en de rares occasions toutefois.

Ce nouvel an 2015, j’ai décidé de ne pas regarder de DVD, comme c’est mon habitude la plupart du temps. Sur TF1, j’ai choisi de voir « Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec » de Luc Besson avec Louise Bourgoin. A part la beauté de l’actrice, je me suis ennuyé. Le film date de 2010. C’est le genre de films que les américains réussissent et les français ratent, faute de moyens financiers. On a voulu ici jouer la carte de la dérision, de la parodie, et la mayonnaise ne prend pas. De toute façon, le cinéma américain lui-même ne m’enthousiasme plus, il a perdu sa magie, est devenu un spectacle pour mangeurs de pop corn. James Bond, jadis enthousiasmant, bien que britannique, a perdu tout son charme depuis l’arrivée catastrophique de Daniel Craig en 2006. On veut faire des films sombres, à l’image du 11 septembre 2001, déjà les Batman ont montré la voie.

Quelle place aurait Muriel aujourd’hui dans le paysage audio-visuel, quoiqu’à soixante douze ans, elle aurait pris une retraite méritée ? Elle n’était pas faite pour cette époque, pas davantage que moi. Les films français sont devenus ennuyeux, oubliant la magie de Belmondo, Delon, De Funès, Fernandel, Bourvil, Lino Ventura, Jean Gabin. Les comédies sont vulgaires et débiles, et Vincent Cassel peut remercier d’être le fils de Jean-Pierre, sans cela, il m’aurait fort étonné qu’on l’engage pour jouer Jacques Mesrine. Il n’a aucun charisme, mais qui en a : Frank Dubosc ? Danny Boon ? Christian Clavier et Jean Reno ?

« Adèle Blanc-Sec » est adapté d’une bande dessinée. L’exercice n’est pas facile. Je me souviens des deux « Tintin » avec Jean-Pierre Talbot dans les années soixante qui étaient des désastres. Il n’y a plus de filles comme Muriel aujourd’hui. La gloire s’acquiert trop rapidement pour vite s’évanouir, notamment avec la téléréalité. Les comédiennes qui tournent des séries (Muriel en a fait cinq) sont sans doute plus médiatisées avec les technologies modernes, l’information immédiate, Internet. Je pense à Ingrid Chauvin qui a vécu des drames, Muriel en a eu aussi, mais à son époque, il était bien plus difficile de savoir ce que devenaient nos vedettes. Elles pouvaient mettre une chape de plomb sur leur sort.

La chaîne Histoire a eu la bonne idée de rediffuser « Les rois maudits », dans une copie remastérisée, l’image est bien supérieure au coffret mis en vente par TF1 vidéo dont les couleurs sont saturées et « bavent » parfois. Les deux épisodes avec Muriel sont repassés, les 20 et 27 décembre, ce qui m’a amusé, car en 1972, ils avaient été diffusés presque à la même époque, les 21 et 28 décembre. Cette rediffusion est soi-disant en hommage à la presque centenaire Hélène Duc qui vient de nous quitter.

J’ai pu parler avec elle, en 2010, au téléphone, lui demandant de me recevoir, ce qu’elle a refusé. J’ignorais la maladie de sa fille, la comédienne Elisabeth Catroux, depuis décédée le 22 juin 2013. Hélène Duc m’a adressé deux charmantes lettres depuis 2005, elle est ravie de ma fidélité à celle dont elle écorche le prénom, en l’appelant « Murielle ». Elle m’a écrit que des carrières comme la sienne, je parle d’Hélène Duc, dépendent des fidélités de spectateurs comme moi. André Falcon, que je n’ai malheureusement connu que durant les trois dernières années de sa vie, me parlait et m’écrivait de cette façon.

Christian Marin lui me manque. Il ne savait pas grand-chose sur Muriel, mais il était d’une gentillesse extrême, au point de m’appeler lui-même au téléphone ayant compris que j’étais timide. Son décès a été un coup dur car il m’aidait dans mes recherches, ayant joué deux fois avec Muriel, dans « Les chevaliers du ciel » puis dans un film dont il ne se rappelait rien : « Le mois le plus beau ». J’ai cru, un temps, que Bernard Rousselet allait être un substitut de Marin, pour l’aide qu’il m’a apporté à mon deuxième livre, « La vie, quelle gifle ! », mais je me suis trompé. Il m’a donné des informations sur le tournage des « Dernières volontés de Richard Lagrange », l’un des feuilletons de Muriel, mais ne m’a plus donné signe de vie et ce n’est pas mon genre d’harceler les gens. Christian Marin se serait coupé en quatre pour me trouver une information inédite sur Muriel, mais malheureusement, sa bonne volonté ne suffisait pas.

2 janvier

Pas de DVD non plus ce soir, ma mère, avec laquelle je vis depuis mon divorce, adore Jean-Pierre Foucault qui propose « Qui veut gagner des millions ? ». Voilà un monsieur pour lequel je n’ai guère de sympathie. En 2007, je lui ai écrit à Carry Le Rouet pour qu’il m’aide à trouver un éditeur pour « La reine foudroyée ». Fâché d’être dérangé par un importun, il m’a répondu assez sèchement : « Vous me demandez de vous aider à vous ouvrir les portes du monde de l’édition, ce n’est pas mon métier, ce n’est pas mon domaine. J’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur ». Sa lettre, datée du 31 janvier 2007, a été expédiée de Paris, à l’enseigne de la société « Parasol productions ».

Il est certain que lorsque vous vous voulez publier un livre, Monsieur Foucault, vous n’avez aucun problème pour dénicher un éditeur en raison de votre notoriété. Albin Michel, Calmann-Lévy et l’incontournable Michel Lafon, éditeur de toutes les stars de TF1, de ceux qui écrivent leurs livres, et des autres. Michel Lafon m’a gentiment fait savoir de ne pas leur envoyer de manuscrits, ils ont des agents de prospection qui se chargent eux même de trouver les auteurs et les livres à écrire, dont acte.

Dans le même genre, j’ai eu une lettre de Patrick Poivre d’Arvor, plus sympathique, le 7 février 2007. L’enveloppe et la lettre sont à en tête de TF1. « J’ai bien reçu votre courrier et je vous en remercie. Il m’est malheureusement impossible de porter sur votre manuscrit un jugement tant que j’anime l’émission « Vol de nuit ». Il est trop difficile d’être juge et partie. Je souhaite très vivement pour vous que ce projet puisse voir le jour. Je vous adresse à cet effet une liste d’éditeurs qui, je l’espère, pourront vous aider plus directement ». Suit une liste de grands éditeurs comme Calmann-Lévy, Fayard, Albin Michel, Actes Sud, Flammarion, Gallimard. Il est évident que tous ces éditeurs font partie des 40 et quelques que j’ai contacté dès 2006 et qui à l’unisson m’ont refusé. Je sais depuis que 99% des manuscrits ne sont pas lus dans les grandes maisons d’éditions lorsqu’ils sont envoyés de façon anonyme, sans recommandation.

Mais en soit, le problème est que Muriel Baptiste, totalement oubliée, n’est pas un sujet vendeur. On ne compte plus les livres sur des vedettes de la téléréalité, qu’ils n’ont pour la plupart par écrits eux-mêmes, ne maîtrisant que le langage SMS. Mais c’est vendeur. Le public a les livres qu’il mérite.

3 janvier

Sur la chaîne Histoire, à 22h30, troisième épisode des « Rois maudits » : « Les poisons de la couronne ». Heureusement que c’est un samedi, cela me permet d’enregistrer l’épisode en direct, sans les aléas de la programmation.

Je me rends compte que par rapport à quelques années auparavant, je reçois très peu de cartes de vœux. J’avais prévu large en timbres et cartes, et finalement je n’ai que quelques réponses à faire. Il y a ceux qui sont morts, ceux que l’on a perdu de vue, la famille qui diminue. Les cartes de vœux sont aussi victimes d’Internet remplacées par les messages virtuels. Pour moi, cela n’a pas le même charme. C’est pour cela que je préfèrerai toujours un livre ou un disque à un téléchargement.

Aux informations, j’entends qu’en Espagne le parti Podemos a le vent en poupe. C’est le mouvement des indignés, qui suit les traces des grecs.

4 janvier

Le soir, je regarde précisément la comédienne sur des DVD à la télévision. A part la rediffusion des « Rois maudits », qui est un peu un cas exceptionnel, il ne faut pas compter sur les chaînes d’aujourd’hui pour nous proposer des programmes avec Muriel. L’auteur de la biographie de Bernard Noël, le premier Vidocq, écrivait la même chose il y a dix ans ou presque. Le dimanche est le soir de Muriel. Elle nous laisse un héritage limité mais je m’en contente. Je n’ai jamais vu d’elle le très rare film « Le mois le plus beau », sorti en juin 1968, diffusé une seule fois à la télévision en 1984 à mon insu. A cette époque, je prenais mon indépendance loin du cocon familial, je n’étais pas tous les soirs scotché devant mon écran de télévision.

Pourtant, Muriel m’aura suivi toute ma vie.

6 janvier

Pino Daniele est mort le 4 janvier, je l’apprends deux jours après. Si en France, il est depuis longtemps oublié, après avoir sorti ses premiers albums et participé au Printemps de Bourges en 1985, il est resté un de mes artistes favoris, même si la cadence avec laquelle ce napolitain sort des albums m’a empêché de tous les acheter. Pino n’a que 59 ans, et si la nouvelle passe inaperçue dans l’Hexagone, toute l’Italie, Naples en premier, est en deuil. Bien sûr, je pense tout de suite à un cancer, mais en fait l’artiste a succombé à une crise cardiaque.

Il avait encore beaucoup à offrir, de musiques à composer, même si ces dernières années, il avait un peu ralenti le rythme des sorties d’albums, sans doute en raison de la crise de l’industrie du disque. C’est une grande perte pour le monde de la musique, mais comme pour Lucio Dalla, la France n’en fait pas cas.

Ce napolitain qui par sa corpulence me rappelait parfois un peu Zucchero avait réussi à construire une carrière dans la durée, à la différence d’un autre napolitain de sa génération que j’aime beaucoup, Alan Sorrenti, qui ne sort plus de disques et se produit, en Italie, dans des discothèques. Pino lui remplissait les stades. Voilà une année qui commence bien mal.

Depuis que j’ai appris, en novembre 2005, la mort de Muriel, le décès d’un artiste, s’il m’attriste, ne me cause jamais la peine qu’elle me causait avant. J’ai été choqué par les disparitions de Michel Berger, Nino Ferrer, C Jérome et Sacha Distel, sur une période qui va donc de 1992 à 2004. Mais depuis Muriel, une disparition d’artiste n’a plus le même poids pour moi. Je ne dis pas que cela me laisse indifférent, surtout dans le cas de quelqu’un comme Daniele qui avait encore des choses à offrir. Mais le choc n’est plus le même, la nouvelle de la mort de Muriel m’a trop secoué.

7 janvier

Tandis que je suis au bureau, ayant mangé assez tôt et n’ayant pas vu les informations sur France 3 à midi, j’apprends par une collègue, qui le voit sur Internet, qu’il y a une fusillade dans Paris, que Cabu, Wolinski, sont morts. Je ne comprends pas sur le champ que c’est un attentat.

On se souvient toujours où l’on était quand tel ou tel évènement est arrivé. Je suis épouvanté par ce fanatisme, et je vais m’abonner à Charlie Hebdo pour six mois, mais très rapidement, je ne le lirai pas. L’attentat en soit ne me surprend pas après l’enlèvement et la décapitation du guide Hervé Gourdel en Algérie le 24 septembre 2014. Ces terroristes me semblent d’autant plus déments que « Charlie Hebdo » me paraît bien en dessous de sa réputation sulfureuse : des dessins, mais comme je l’ai dit, je me lasserai vite de la lecture. Je n’ai pas dû terminer un seul numéro.

Que l’on tue au nom d’un Dieu qui a toutes les chances de ne pas exister (Allah et Dieu sont-ils une seule et même entité) me sidère et m’inclinerait à être athée, si je n’avais pas tant envie après ma mort de retrouver Muriel.

Au fond, cet attentat me fait me poser à nouveau la question de l’existence de Dieu. J’aimerais tant croire, mais mon esprit rationnel hésite. Je suis rassuré lorsque je vois les foules à Rome devant le Pape, ou bien lorsque Robert Hossein et Michael Lonsdale parlent de leur foi.

8 janvier

Je ne comprends pas mes camarades de la CGT qui s’évertuent à défendre Thierry Lepaon. Pour moi, cet homme fait du tort à son syndicat. Une fille pense que c’est une machination du NPA, le parti de Besancenot.

9 janvier

C’est l’assaut en Seine et Marne à Dammartin-en-Goële et la mort des frères Kouachi. Voilà une année qui commence dans le sang et la violence, mais ce qui m’écœure, et n’est pas nouveau, c’est que cela fait l’objet d’un véritable spectacle pour les chaînes de télévision qui multiplient les éditions spéciales, comme pour le 11 septembre 2001.

Je me demande parfois si les journalistes ne souhaitent pas un peu ce genre d’évènements pour les couvrir à satiété.

Jean-Pierre Foucault, encore lui, présente un « Qui veut gagner des millions » spécial pièces jaunes. Je jette un coup d’œil distraitement à la télévision me focalisant sur mon ordinateur, en véritable accroc d’Internet.

10 janvier

Sur la chaîne histoire, le quatrième épisode des « Rois maudits », « La loi des mâles », porté par le magnifique acteur catalan José-Maria Flotats qui n’a pas eu la carrière qu’il méritait. On le retrouvait sur TF1 en 1980 dans une série de science-fiction française fauchée, ce qui est un pléonasme. Je me demande bien ce qui lui prit d’aller se mettre, avec l’excellent François Chaumette, dans une telle galère.

11 janvier

Grande marche républicaine après les attentats, mais le moins que l’on puisse dire est que la participation des musulmans à celle-ci reste très discrète. On assiste à une récupération de toutes parts de l’émotion collective. Je n’ai pas été marcher.

12 janvier

Fin du cauchemar, Claire récupère la garde de son enfant, le jugement en appel vient de tomber, mettant un terme à sept mois d’angoisse. Je l’apprends à 16h43, sur mon téléphone portable, par un sms.

Saint-Maurice L’exil, 16 janvier

Je participe avec deux camarades à un séminaire culturel de la CGT. Je découvre des intellectuels déconnectés de la réalité. La journée a été agréable. Ce sont de beaux discours, mais la réalité est que le français moyen regarde TF1. La volonté de vouloir démocratiser la culture est louable, mais à mes yeux une entreprise vouée à l’échec. L’époque n’est pas curieuse.

Ce séminaire est organisé avec la commune voisine de Salaise sur Sanne par la CGT. Le changement de majorité aux dernières municipales (de gauche à droite) a entraîné la perte des subventions de l’association « Culture et partage », dont des membres avec l’assentiment des organisateurs viennent manifester pacifiquement. Il y avait lors de ce séminaire une première partie consacrée à une conférence, puis la participation à des ateliers de discussion avec un compte rendu à partir de 15h00. Nous sommes obligés à chaque fois de changer de bâtiment sous une pluie battante.

Valence, 17 janvier

Cinquième épisode des « Rois maudits » : « La louve de France », celui que j’aime le moins car il se passe en Angleterre, et ce malgré un court flash back flouté montrant Muriel Baptiste en Marguerite de Bourgogne.

19 janvier

On peut noter que je regarde assez peu la télévision, mais ce soir-là, Mireille Dumas propose « Qui êtes-vous Michel Sardou ? ». J’apprends que début 1976, en pleine polémique sur la peine de mort, on a tiré sur sa voiture lorsqu’il chantait « Je suis pour ». Sinon, Sardou, artiste devenu consensuel, est décevant ayant dédramatisé le personnage provocateur qu’il fut, à la façon d’autres avant lui comme Jean Yanne, Jacques Martin et Thierry Ardisson. Forcément, on est déçu au terme de l’émission. Sardou m’a parfois plu, parfois horripilé, maintenant il me laisse indifférent.

21 janvier

Depuis l’école, je déteste les visites médicales. Il n’y en a plus souvent heureusement, et je suis tranquille pour un moment. J’ai cependant dû m’y soumettre aujourd’hui. C’est une phobie inexplicable, il est bien plus pénible d’aller au dentiste.

24 janvier

Fin des « Rois maudits » sur la chaîne Histoire avec « Le lis et le lion », qui n’est pas très fidèle au roman de Druon. Par exemple, la scène de l’agonie de Robert d’Artois où il regrette l’assassinat de Marguerite ne figure pas dans le livre. Le destin du fils de Louis X le Hutin, le petit roi sauvé par Hugues de Bouville et sa femme et devenu le fils de Guccio Baglioni, très développé dans le roman, n’est pas abordé par le réalisateur Claude Barma. J’en veux cependant beaucoup à ce dernier de nous avoir privé d’une scène que Muriel aurait dû jouer dans « Le roi de fer », lorsque Philippe d’Aunay, amant de Marguerite, se rend à son hôtel en tant qu’écuyer du comte Philippe (second fils de Philippe Le bel) pour lui délivrer un message de la part de Jeanne de Bourgogne, son épouse. Druon déclare que Marguerite se prélasse les pieds nus sur son lit et reçoit l’écuyer de façon peu protocolaire et décente. On imagine bien Muriel dans cette scène, que Barma a choisi d’éluder.

25 janvier

Avec Demis Roussos, c’est la deuxième disparition de l’année d’un chanteur dont j’ai des cd’s, et que j’ai vu en concert dans l’église Sainte Catherine à Valence en 1992. La différence, par rapport à Pino Daniele, est le fait qu’il n’aurait plus sorti de d’albums, le dernier datant de 2009. Je le croyais plus âgé, il n’avait que 68 ans.

Je dois dire que la disparition de Demis ne m’a pas affectée sur le champ, son dernier album très singulier, « Demis », de 2009, avait peu tourné sur ma platine et je l’avais un peu perdu de vue. C’est avec le recul que l’on se rend compte que c’est une partie de notre enfance qui s’en va, le créateur de « Rain and tears » avec les Aphrodite Childs (dont Vangelis toujours actif) a fait une belle carrière, qui a quand même mieux commencée qu’elle n’a finie. Mais pour un grec, à part aux Etats-Unis protectionniste, il a sorti des disques un peu partout.

Demis avait fait sa première chanson en français au printemps 1973 pour la bande originale du feuilleton « Le jeune Fabre » avec Mehdi et Véronique Jannot, époque bénie pour moi car Muriel multipliait les apparitions à la télévision.

26 janvier

Au bureau, ironie des jeunes collègues sur la mort de Demis Roussos. Pauvre d’elles, croient-elles que leurs artistes d’aujourd’hui, qui ne font plus que de courtes carrières, ne seront pas totalement oubliés le jour de leur disparition.

Cela dit, c’est malheureusement ce qui est arrivé à Muriel, mais pas à elle seule, les comédiens, comme le disait Christian Marin citant Pierre Fresnay, ont leur nom écrit à la craie sur le tableau noir du temps qui s’efface. Je la regarde chaque dimanche sur des DVD mais qui pense encore à elle en 2015, vingtième année de sa mort ?

Chaque heure qui passe je pense à elle, c’est exactement comme si elle était en vie, près de moi, et je pense qu’il en sera ainsi jusqu’au jour de ma mort. Muriel dont je viens d’éditer la biographie complète « La vie quelle gifle ! » ne semble pas pressée que je la rejoigne. Souvent j’ai le sentiment qu’elle me suggère « parle encore de moi et le public se souviendra ». Je fais tous les efforts que je peux en ce sens. Je ne me contente pas de regarder en boucle ses feuilletons le dimanche en dvd, j’écris encore et toujours sur elle. J’écris partout, sur des blogs, dans des livres publiés à compte d’auteur. Elle le mérite. Aimer Muriel est la plus belle chose qui me soit arrivée. Je ne le regretterai jamais.

Le temps et les décennies filent mais mon cœur est resté quelque part en 1973, lorsqu’elle était à l’apogée de sa carrière. C’est une chose donnée à peu de gens d’aimer comme cela. Même la mort n’aura pas anéanti la flamme. Muriel me donne envie de croire qu’il y a quelque chose après la vie. Elle est si présente en moi, dans mon cœur, dans ma tête.

Il y a grève aujourd’hui, mais la CGT appelle seule avec Solidaires et FSU, et de ce fait, nous ne sommes pas nombreux dans la rue.

31 janvier

Mon rhume, qui a débuté le 23 décembre, dure depuis plus d’un mois, alors que je me soigne. Toux, mal à la gorge. Cela passera bien, mais jamais un rhume n’aura duré si longtemps chez moi.

Un ami suggère que ce n’est pas normal et que cela pourrait être une allergie.

Il y a longtemps que nous n’avons pas eu un hiver aussi froid. Actifed et Toplexil sont bien impuissants à me remettre d’aplomb.

Déçu le soir par une émission sur deux artistes que j’adore, « Adamo et Bécaud, le grand show », en raison d’un Michel Drucker omniprésent et surtout d’invités horripilants comme Calogero, Vincent Niclo, Danny Brillant. Quand on lui consacre une émission spéciale, Adamo se fait toujours avoir, ce fut déjà le cas chez Patrick Sébastien, il n’engendre plus l’audience de jadis, aussi est-il noyé dans un flot d’invités inintéressants, d’artistes à la mode qui reprennent ses titres, souvent de façon catastrophique.

Le dernier tube de Salvatore date de 1975, « C’est ma vie », il a beau avoir sorti un album tous les deux ou trois ans, malgré des soucis de santé, le public en est resté à ses premières bluettes des années 60. Voilà un artiste qui a plus de succès au Japon qu’en France où il n’est pas estimé à sa juste valeur.

Pourtant, au fil des ans, le public est passé à côté de forts belles chansons, et ce dès 1977 (« Si tu étais »), à 1982 (le dynamique « Puzzle »). Il a eu beau creuser les sillons de son talent à longueur d’albums comme « Regards », « Avec des si », « Pauvre liberté », « Par les temps qui courent », « Zanzibar », le public en dehors des fidèles n’a pas suivi. Lorsqu’il vient à la télévision, on le contraint à chanter « Vous permettez Monsieur ? » ou « Laisse mes mains sur tes hanches ». C’est lamentable, mais le cas n’est pas unique. Lorsqu’un chanteur français des années soixante ou soixante-dix est invité dans une émission, il a droit à un medley de ses succès et ne peut que chanter qu’un couplet de son nouveau titre, que les gens ne risquent ainsi pas de connaître. On a de cette façon complètement occulté le retour (qui aurait dû être triomphal) de François Valéry en 2014 dont l’album était une merveille, en lui faisant à chaque fois chanter « Aimons-nous vivant » au lieu de son nouveau titre « Nos D’J’s font danser le monde ». Herbert Léonard s’est plaint aussi d’un traitement semblable la même année lorsqu’il a sorti un album de chansons inédites, « Demi-tour ».

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3 au 25 janvier 2015

26 Avril 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #JOURNAL 2015

3 janvier

Sur la chaîne Histoire, à 22h30, troisième épisode des « Rois maudits » : « Les poisons de la couronne ». Heureusement que c’est un samedi, cela me permet d’enregistrer l’épisode en direct, sans les aléas de la programmation.

Je me rends compte que par rapport à quelques années auparavant, je reçois très peu de cartes de vœux. J’avais prévu large en timbres et cartes, et finalement je n’ai que quelques réponses à faire. Il y a ceux qui sont morts, ceux que l’on a perdu de vue, la famille qui diminue. Les cartes de vœux sont aussi victimes d’Internet remplacées par les messages virtuels. Pour moi, cela n’a pas le même charme. C’est pour cela que je préfèrerai toujours un livre ou un disque à un téléchargement.

Aux informations, j’entends qu’en Espagne le parti Podemos a le vent en poupe. C’est le mouvement des indignés, qui suit les traces des grecs.

4 janvier

Le soir, je regarde précisément la comédienne sur des DVD à la télévision. A part la rediffusion des « Rois maudits », qui est un peu un cas exceptionnel, il ne faut pas compter sur les chaînes d’aujourd’hui pour nous proposer des programmes avec Muriel. L’auteur de la biographie de Bernard Noël, le premier Vidocq, écrivait la même chose il y a dix ans ou presque. Le dimanche est le soir de Muriel. Elle nous laisse un héritage limité mais je m’en contente. Je n’ai jamais vu d’elle le très rare film « Le mois le plus beau », sorti en juin 1968, diffusé une seule fois à la télévision en 1984 à mon insu.

6 janvier

Pino Daniele est mort le 4 janvier, je l’apprends deux jours après. Si en France, il est depuis longtemps oublié, après avoir sorti ses premiers albums et participé au Printemps de Bourges en 1985, il est resté un de mes artistes favoris, même si la cadence avec laquelle ce napolitain sort des albums m’a empêché de tous les acheter. Pino n’a que 59 ans, et si la nouvelle passe inaperçue dans l’Hexagone, toute l’Italie, Naples en premier, est en deuil. Bien sûr, je pense tout de suite à un cancer, mais en fait l’artiste a succombé à une crise cardiaque.

Il avait encore beaucoup à offrir, de musiques à composer, même si ces dernières années, il avait un peu ralenti le rythme des sorties d’albums, sans doute en raison de la crise de l’industrie du disque. C’est une grande perte pour le monde de la musique, mais comme pour Lucio Dalla, la France n’en fait pas cas.

Ce napolitain qui par sa corpulence me rappelait parfois un peu Zucchero avait réussi à construire une carrière dans la durée, à la différence d’un autre napolitain de sa génération que j’aime beaucoup, Alan Sorrenti, qui ne sort plus de disques et se produit, en Italie, dans des discothèques. Pino lui remplissait les stades. Voilà une année qui commence bien mal.

Depuis que j’ai appris, en novembre 2005, la mort de Muriel, le décès d’un artiste, s’il m’attriste, ne me cause jamais la peine qu’elle me causait avant. J’ai été choqué par les disparitions de Michel Berger, Nino Ferrer, C Jérome et Sacha Distel, sur une période qui va donc de 1992 à 2004. Mais depuis Muriel, une disparition d’artiste n’a plus le même poids pour moi. Je ne dis pas que cela me laisse indifférent, surtout dans le cas de quelqu’un comme Daniele qui avait encore des choses à offrir. Mais le choc n’est plus le même, la nouvelle de la mort de Muriel m’a trop secoué.

7 janvier

Tandis que je suis au bureau, ayant mangé assez tôt et n’ayant pas vu les informations sur France 3 à midi, j’apprends par une collègue, qui le voit sur Internet, qu’il y a une fusillade dans Paris, que Cabu, Wolinski, sont morts. Je ne comprends pas sur le champ que c’est un attentat.

On se souvient toujours où l’on était quand tel ou tel évènement est arrivé. Je suis épouvanté par ce fanatisme, et je vais m’abonner à Charlie Hebdo pour six mois, mais très rapidement, je ne le lirai pas. L’attentat en soit ne me surprend pas après l’enlèvement et la décapitation du guide Hervé Gourdel en Algérie le 24 septembre 2014. Ces terroristes me semblent d’autant plus déments que « Charlie Hebdo » me paraît bien en dessous de sa réputation sulfureuse : des dessins, mais comme je l’ai dit, je me lasserai vite de la lecture. Je n’ai pas dû terminer un seul numéro.

Que l’on tue au nom d’un Dieu qui a toutes les chances de ne pas exister (Allah et Dieu sont-ils une seule et même entité) me sidère et m’inclinerait à être athée, si je n’avais pas tant envie après ma mort de retrouver Muriel.

Au fond, cet attentat me fait me poser à nouveau la question de l’existence de Dieu. J’aimerais tant croire, mais mon esprit rationnel hésite. Je suis rassuré lorsque je vois les foules à Rome devant le Pape, ou bien lorsque Robert Hossein et Michael Lonsdale parlent de leur foi.

8 janvier

Je ne comprends pas mes camarades de la CGT qui s’évertuent à défendre Thierry Lepaon. Pour moi, cet homme fait du tort à son syndicat. Une fille pense que c’est une machination du NPA, le parti de Besancenot.

12 janvier

Fin du cauchemar, Claire récupère la garde de son enfant, le jugement en appel vient de tomber, mettant un terme à sept mois d’angoisse.

Saint-Maurice L’exil, 16 janvier

Je participe avec deux camarades à un séminaire culturel de la CGT. Je découvre des intellectuels déconnectés de la réalité. La journée a été agréable. Ce sont de beaux discours, mais la réalité est que le français moyen regarde TF1. La volonté de vouloir démocratiser la culture est louable, mais à mes yeux une entreprise vouée à l’échec. L’époque n’est pas curieuse.

Valence, 21 janvier

Depuis l’école, je déteste les visites médicales. Il n’y en a plus souvent heureusement, et je suis tranquille pour un moment. J’ai cependant dû m’y soumettre aujourd’hui. C’est une phobie inexplicable, il est bien plus pénible d’aller au dentiste.

25 janvier

Avec Demis Roussos, c’est la deuxième disparition de l’année d’un chanteur dont j’ai des cd’s, et que j’ai vu en concert dans l’église Sainte Catherine à Valence en 1992. La différence, par rapport à Pino Daniele, est le fait qu’il n’aurait plus sorti de d’albums, le dernier datant de 2009. Je le croyais plus âgé, il n’avait que 68 ans.

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2 au 4 janvier 2015

25 Avril 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #JOURNAL 2015

Dans le même genre, j’ai eu une lettre de Patrick Poivre d’Arvor, plus sympathique, le 7 février 2007. L’enveloppe et la lettre sont à en tête de TF1. « J’ai bien reçu votre courrier et je vous en remercie. Il m’est malheureusement impossible de porter sur votre manuscrit un jugement tant que j’anime l’émission « Vol de nuit ». Il est trop difficile d’être juge et partie. Je souhaite très vivement pour vous que ce projet puisse voir le jour. Je vous adresse à cet effet une liste d’éditeurs qui, je l’espère, pourront vous aider plus directement ». Suit une liste de grands éditeurs comme Calmann-Lévy, Fayard, Albin Michel, Actes Sud, Flammarion, Gallimard. Il est évident que tous ces éditeurs font partie des 40 et quelques que j’ai contacté dès 2006 et qui à l’unisson m’ont refusé. Je sais depuis que 99% des manuscrits ne sont pas lus dans les grandes maisons d’éditions lorsqu’ils sont envoyés de façon anonyme, sans recommandation.

Mais en soit, le problème est que Muriel Baptiste, totalement oubliée, n’est pas un sujet vendeur. On ne compte plus les livres sur des vedettes de la téléréalité, qu’ils n’ont pour la plupart par écrits eux-mêmes, ne maîtrisant que le langage SMS. Mais c’est vendeur. Le public a les livres qu’il mérite.

3 janvier

Sur la chaîne Histoire, à 22h30, troisième épisode des « Rois maudits » : « Les poisons de la couronne ». Heureusement que c’est un samedi, cela me permet d’enregistrer l’épisode en direct, sans les aléas de la programmation.

Je me rends compte que par rapport à quelques années auparavant, je reçois très peu de cartes de vœux. J’avais prévu large en timbres et cartes, et finalement je n’ai que quelques réponses à faire. Il y a ceux qui sont morts, ceux que l’on a perdu de vue, la famille qui diminue. Les cartes de vœux sont aussi victimes d’Internet remplacées par les messages virtuels. Pour moi, cela n’a pas le même charme. C’est pour cela que je préfèrerai toujours un livre ou un disque à un téléchargement.

Aux informations, j’entends qu’en Espagne le parti Podemos a le vent en poupe. C’est le mouvement des indignés, qui suit les traces des grecs.

4 janvier

Pino Daniele est mort. Si en France, il est depuis longtemps oublié, après avoir sorti ses premiers albums et participé au Printemps de Bourges en 1985, il est resté un de mes artistes favoris, même si la cadence avec laquelle ce napolitain sort des albums m’a empêché de tous les acheter. Pino n’a que 59 ans, et si la nouvelle passe inaperçue dans l’Hexagone, toute l’Italie, Naples en premier, est en deuil. Bien sûr, je pense tout de suite à un cancer, mais en fait l’artiste a succombé à une crise cardiaque.

Il avait encore beaucoup à offrir, de musiques à composer, même si ces dernières années, il avait un peu ralenti le rythme des sorties d’albums, sans doute en raison de la crise de l’industrie du disque. C’est une grande perte pour le monde de la musique, mais comme pour Lucio Dalla, la France n’en fait pas cas.

Ce napolitain qui par sa corpulence me rappelait parfois un peu Zucchero avait réussi à construire une carrière dans la durée, à la différence d’un autre napolitain de sa génération que j’aime beaucoup, Alan Sorrenti, qui ne sort plus de disques et se produit, en Italie, dans des discothèques. Pino lui remplissait les stades. Voilà une année qui commence bien mal.

Depuis que j’ai appris, en novembre 2005, la mort de Muriel, le décès d’un artiste, s'il m’attriste, ne me cause jamais la peine qu’elle me causait avant. J’ai été choqué par les disparitions de Michel Berger, Nino Ferrer, C Jérome et Sacha Distel, sur une période qui va donc de 1992 à 2004. Mais depuis Muriel, une disparition d’artiste n’a plus le même poids pour moi. Je ne dis pas que cela me laisse indifférent, surtout dans le cas de quelqu’un comme Daniele qui avait encore des choses à offrir. Mais le choc n’est plus le même, la nouvelle de la mort de Muriel m’a trop secoué.

Le soir, je regarde précisément la comédienne sur des DVD à la télévision. A part la rediffusion des « Rois maudits », qui est un peu un cas exceptionnel, il ne faut pas compter sur les chaînes d’aujourd’hui pour nous proposer des programmes avec Muriel. L’auteur de la biographie de Bernard Noël, le premier Vidocq, écrivait la même chose il y a dix ans ou presque. Le dimanche est le soir de Muriel. Elle nous laisse un héritage limité mais je m’en contente. Je n’ai jamais vu d’elle le très rare film « Le mois le plus beau », sorti en juin 1968, diffusé une seule fois à la télévision en 1984 à mon insu.

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1er janvier 2015

24 Avril 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #JOURNAL 2015

Il s'agit d'un journal 2015, dans lequel il est évidemment question tout le temps de Muriel, et qui après cette mise en ligne, sera publié à compte d'auteur, comme, je l'espère, le journal 2016 à venir.

Valence, 1er janvier

2014 est à ce jour la pire année de ma vie, ma fille ayant perdu la garde de mon petit fils en juillet. Cela fait sept mois que le cauchemar est là. Le jugement a été prononcé en août 2014.

Ce drame a tout occulté depuis le 12 juin, lorsqu’un huissier de justice est venu frapper à la porte de ma fille Claire pour une assignation en référé.

Je me dis que le jugement d’appel qui ne va pas tarder à tomber sera décisif. Il faut malgré tout continuer à vivre. Rien ne sera plus jamais pareil.

Que va donc m’apporter 2015, en faisant abstraction de cette affaire ? Cette année marque le vingtième anniversaire de la mort de la comédienne Muriel Baptiste, que j’aime depuis toujours, et quand je dis toujours, cela a commencé à l’âge de sept ans. En 1974, elle a quitté le métier et s’est évanouie dans la nature. Je n’ai appris son décès que le dimanche 6 novembre 2005, plus de dix ans après, à dix huit heures.

Mon deuil, si je peux le qualifier ainsi, est donc décennal, puisque mon esprit l’a pris en compte lors de la connaissance de la terrible nouvelle.

Tout le monde a oublié Muriel aujourd’hui, même si en son temps (1964-1974), elle a connu son moment de gloire, particulièrement à la télévision, à l’ORTF. Elle a été la vedette de cinq feuilletons, celui qui est passé à la postérité est « Les Rois maudits ».

Je sais que beaucoup me prennent pour un illuminé. J’ai réalisé un blog sur elle, et ai publié à compte d’auteur « Muriel Baptiste, la reine foudroyée », en 2007, et « Muriel Baptiste, la vie : quelle gifle ! » en 2014. Mes livres se sont mal vendus, quelques dizaines, mais ils représentent pour moi une trace bien plus durable qu’Internet. Je trouve cette technologie peu fiable et peu durable, tant de sites et de forums ont disparu depuis que je surfe sur la toile comme on dit.

Si je suis encore là le 1er janvier 2016, je pourrai tenir le même discours. Muriel encore, Muriel toujours. Elle est vivante tant que je le suis, puisque je parle d’elle, perpétue son souvenir. La grande question est de savoir si quelque chose existe « après ». Eternelle question pour moi qui ait été croyant les quinze premières années de ma vie, puis comme le chante Michel Sardou qui ait surtout cru lorsque j’en avais besoin. En 1997, malade, je suppliais le ciel de m’épargner. J’étais bien sot alors, me croyant atteint d’un cancer du foie alors que je ne souffrais de rien du tout. Depuis 2005, j’ai tout intérêt à ce qu’il y ait un ailleurs, un au-delà, un Paradis, et ce qui me conforte à y croire est le fait d’avoir parfois « senti » Muriel me soutenir, en de rares occasions toutefois.

Ce nouvel an 2015, j’ai décidé de ne pas regarder de DVD, comme c’est mon habitude la plupart du temps. Sur TF1, j’ai choisi de voir « Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec » de Luc Besson avec Louise Bourgoin. A part la beauté de l’actrice, je me suis ennuyé. Le film date de 2010. C’est le genre de films que les américains réussissent et les français ratent, faute de moyens financiers. On a voulu ici jouer la carte de la dérision, de la parodie, et la mayonnaise ne prend pas. De toute façon, le cinéma américain lui-même ne m’enthousiasme plus, il a perdu sa magie, est devenu un spectacle pour mangeurs de pop corn. James Bond, jadis enthousiasmant, bien que britannique, a perdu tout son charme depuis l’arrivée catastrophique de Daniel Craig en 2006. On veut faire des films sombres, à l’image du 11 septembre 2001, déjà les Batman ont montré la voie.

Quelle place aurait Muriel aujourd’hui dans le paysage audio-visuel, quoiqu’à soixante douze ans, elle aurait pris une retraite méritée ? Elle n’était pas faite pour cette époque, pas davantage que moi. Les films français sont devenus ennuyeux, oubliant la magie de Belmondo, Delon, De Funès, Fernandel, Bourvil, Lino Ventura, Jean Gabin. Les comédies sont vulgaires et débiles, et Vincent Cassel peut remercier d’être le fils de Jean-Pierre, sans cela, il m’aurait fort étonné qu’on l’engage pour jouer Jacques Mesrine. Il n’a aucun charisme, mais qui en a : Frank Dubosc ? Danny Boon ? Christian Clavier et Jean Reno ?

« Adèle Blanc-Sec » est adapté d’une bande dessinée. L’exercice n’est pas facile. Je me souviens des deux « Tintin » avec Jean-Pierre Talbot dans les années soixante qui étaient des désastres. Il n’y a plus de filles comme Muriel aujourd’hui. La gloire s’acquiert trop rapidement pour vite s’évanouir, notamment avec la téléréalité. Les comédiennes qui tournent des séries (Muriel en a fait cinq) sont sans doute plus médiatisées avec les technologies modernes, l’information immédiate, Internet. Je pense à Ingrid Chauvin qui a vécu des drames, Muriel en a eu aussi, mais à son époque, il était bien plus difficile de savoir ce que devenaient nos vedettes. Elles pouvaient mettre une chape de plomb sur leur sort.

La chaîne Histoire a eu la bonne idée de rediffuser « Les rois maudits », dans une copie remastérisée, l’image est bien supérieure au coffret mis en vente par TF1 vidéo dont les couleurs sont saturées et « bavent » parfois. Les deux épisodes avec Muriel sont repassés, les 20 et 27 décembre, ce qui m’a amusé, car en 1972, ils avaient été diffusés presque à la même époque, les 21 et 28 décembre. Cette rediffusion est soi-disant en hommage à la presque centenaire Hélène Duc qui vient de nous quitter.

J’ai pu parler avec elle, en 2010, au téléphone, lui demandant de me recevoir, ce qu’elle a refusé. J’ignorais la maladie de sa fille, la comédienne Elisabeth Catroux, depuis décédée le 22 juin 2013. Hélène Duc m’a adressé deux charmantes lettres depuis 2005, elle est ravie de ma fidélité à celle dont elle écorche le prénom, en l’appelant « Murielle ». Elle m’a écrit que des carrières comme la sienne, je parle d’Hélène Duc, dépendent des fidélités de spectateurs comme moi. André Falcon, que je n’ai malheureusement connu que durant les trois dernières années de sa vie, me parlait et m’écrivait de cette façon.

Christian Marin lui me manque. Il ne savait pas grand-chose sur Muriel, mais il était d’une gentillesse extrême, au point de m’appeler lui-même au téléphone ayant compris que j’étais timide. Son décès a été un coup dur car il m’aidait dans mes recherches, ayant joué deux fois avec Muriel, dans « Les chevaliers du ciel » puis dans un film dont il ne se rappelait rien : « Le mois le plus beau ». J’ai cru, un temps, que Bernard Rousselet allait être un substitut de Marin, pour l’aide qu’il m’a apporté à mon deuxième livre, « La vie, quelle gifle ! », mais je me suis trompé. Il m’a donné des informations sur le tournage des « Dernières volontés de Richard Lagrange », l’un des feuilletons de Muriel, mais ne m’a plus donné signe de vie et ce n’est pas mon genre d’harceler les gens. Christian Marin se serait coupé en quatre pour me trouver une information inédite sur Muriel, mais malheureusement, sa bonne volonté ne suffisait pas.

2 janvier

Pas de DVD non plus ce soir, ma mère, avec laquelle je vis depuis mon divorce, adore Jean-Pierre Foucault qui propose « Qui veut gagner des millions ? ». Voilà un monsieur pour lequel je n’ai guère de sympathie. En 2007, je lui ai écrit à Carry Le Rouet pour qu’il m’aide à trouver un éditeur pour « La reine foudroyée ». Fâché d’être dérangé par un importun, il m’a répondu assez sèchement : « Vous me demandez de vous aider à vous ouvrir les portes du monde de l’édition, ce n’est pas mon métier, ce n’est pas mon domaine. J’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur ». Sa lettre, datée du 31 janvier 2007, a été expédiée de Paris, à l’enseigne de la société « Parasol productions ».

Il est certain que lorsque vous vous voulez publier un livre, Monsieur Foucault, vous n’avez aucun problème pour dénicher un éditeur en raison de votre notoriété. Albin Michel, Calmann-Lévy et l’incontournable Michel Lafon, éditeur de toutes les stars de TF1, de ceux qui écrivent leurs livres, et des autres. Michel Lafon m’a gentiment fait savoir de ne pas leur envoyer de manuscrits, ils ont des agents de prospection qui se chargent eux même de trouver les auteurs et les livres à écrire, dont acte.

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Les ouvrages détaillés un par un

19 Avril 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #NEWS

Les ouvrages détaillés un par un

"Muriel Baptiste, la reine foudroyée", toujours disponible chez Publibook, fut le premier ouvrage consacré à l'actrice, en 2007. Il bénéficie de photos originales de Muriel de la collection privée de Christian Marin qui a préfacé le livre.

Après sept années d'investigation, "Muriel Baptiste, la vie, quelle gifle!", sorti en 2014 chez Persée, n'est resté qu'un an dans le commerce. Les éditeurs trouvaient sa réalisation compliquée car en plus du texte, il contient en annexe 15 documents (Fiches d'état civil, lettres de personnes célèbres ou non ayant connu Muriel, arbre généalogique, etc). Persée ayant demandé au terme d'une année de repayer pour maintenir l'ouvrage à son catalogue, il a été réédité par Publiblook, de façon payante mais non limitée dans le temps.

C'est le document indispensable sur la carrière de la comédienne, sur laquelle il est absolument complet. A ce jour, seuls ces deux ouvrages sont disponibles.

Il a été également écrit une suite, "Muriel Baptiste, la conversation impossible", en cours d'édition. Il s'agit à nouveau d'un ouvrage à compte d'auteur, car malheureusement, Muriel n'intéresse pas les éditeurs n'étant pas un sujet "vendeur".

En plus de ces trois ouvrages, l'auteur publie désormais son journal, et les années 1972 et 1973-74 font l'objet chacun d'un volume : le premier s'intitule "Les forêts de Normandie, journal 1972" et parle bien entendu beaucoup de Muriel. Idem pour le second, "La passion pour Muriel Baptiste, journal 1973-74". Pour le moment, ces journaux, que l'on peut lire sur le blog, sont en cours d'édition. Le premier a été accepté, mais n'est pas un livre à compte d'auteur. Très court, on comprendra que je n'ai pas jugé utile d'investir pour sa publication. Il se présente en format livre de poche. La situation du second est pour le moment plus complexe, si l'ouvrage se présente de façon similaire, l'éditeur gratuit n'a pas, pour l'heure, donné son acceptation. En cas de refus, il sera disponible sans ISBN, sur une plateforme qui le proposera à la demande, en format A4.

On peut dire que Muriel n'est pas oubliée, et que le jour où tous les sites internet, qui sont éphémères par définition, auront disparu, on pourra retrouver des ouvrages sur elle.

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Internet est éphémère et disparaîtra, mes livres non

13 Avril 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #NEWS

Internet est éphémère et disparaîtra, mes livres non

Je suis content que mon blog soit lu, mais sachez qu'un blog est éphémère, lors du rachat de l'entreprise Oldiblog par Kazeo, que je n'arrivais plus à faire fonctionner, l'Oldiblog a disparu dans le néant. Qui nous dit qu'un jour Oldiblog ne va pas faire de même, je rappelle donc mes livres sur Muriel, pour les fans.

Muriel Baptiste, la vie quelle gifle, épuisé chez Persée mais réédité chez Publibook, vous y trouvez des tas d'infos que je n'ai jamais mise sur le blog, il est réédité par Publibook et disponible en le commandant sur Internet : Amazon, Fnac com, Publibook.https://www.publibook.com/muriel-baptiste-la-vie-quelle-gifle.html/

Cinq livres en tout vont être disponible sur Muriel : on trouve déjà "Muriel Baptiste, la reine foudroyée, aussi chez Publibook, on le trouve sur plusieurs sites : amazon, fnac, Ebay, Publibook, il date de 2007.

Trois autres livres vont paraître : "Muriel Baptiste, la conversation impossible", peut être le plus intéressant, en cours d'édition (Patience), sinon deux journaux de fans, 1972 et 1973-74 lisibles gratuitement sur ce blog mais qui vont paraître en livre papier.

Internet est éphémère et disparaîtra, mes livres non
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