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"La princesse du rail" inspirée d'une histoire vraie

23 Février 2009 , Rédigé par patricks Publié dans #FILMOGRAPHIE

LA PRINCESSE DU RAIL INSPIREE D’UNE HISTOIRE VRAIE :

CE COLONEL D’EMPIRE A PERDU LA BATAILLE DU RAIL

 

Article du lundi 13 février 1967, Télé 7 jours, par Jacques PREZELIN.

 

Sabre au clair, debout sur ses étriers, un colonel d’empire sur rue au galop à l’assaut…d’un train à vapeur. Derrière lui, la lance haute, comme sur les images d’Epinal, son ordonnance le suit dans cette charge « don-quichottesque ». Deux mondes s’affrontent, on pourrait dire deux civilisations. C’est un des épisodes les plus spectaculaires – et les plus drôles !- du feuilleton quotidien d’Henri Spade que la télévision présente depuis le 7 février : « La princesse du rail ». Il nous fait revivre, à raison d’un épisode d’un quart d’heure par jour, l’histoire des débuts difficiles des chemins de fer en France, au XIXème siècle.

 

Ce colonel ennemi du rail, qui est un des principaux héros du feuilleton sous le nom de Vidal, a réellement existé. Il s’appelait de son vrai nom Noisot. Héros des batailles d’Austerlitz, Iéna, la Moscova, il s’était retrouvé demi-solde à la Restauration. Egalement écoeuré par la Monarchie, la République et le Second Empire, il avait quand même remis son sabre au service de Napoléon III – qu’il appelait « le faux » ! – pour aller participer à l’accablante campagne du Mexique. Il en avait rapporté une misanthropie désormais sans appel. Et il était allé se terrer dans une maison tapie au pied des forêts bourguignonnes, près du village de Fixin.

 

A l’époque où il vivait , dans les années 1855-1860, seuls y pénétraient de rares fidèles et… les gendarmes qui y perquisitionnaient régulièrement.

Car le colonel Noisot, héros obstiné, avait trouvé son dernier combat : celui de l’homme contre la mécanique, du cheval contre la machine à vapeur. A la fois maquisard, brigand, « dinamitero » et homme d’affaires, il s’épuisa et se ruina à le mener.

 

Le colonel, pour faire pièce aux constructeurs de voies ferrées, vendit tous ses biens et monta des lignes de diligences avec lesquelles il espérait concurrencer les chemins de fer !

Il ne fut pas, et c’est naturel, le seul de son espèce. Aux environs d’Alès, à la même époque, un noble exigea que des passages en plan incliné soient installés de telle sorte qu’il puisse rouler carrosse par-dessus la voie qui traversait ses terres. Objet de cette obligation : lui permettre de suivre en voiture les chasses à courre qu’il organisait deux fois par an…

 

En outre, avait-il dit, ces machines du diable effaroucheront mon gibier qui fuira chez mes voisins.

Dans le Midi encore, on se souvient d’une vieille demoiselle qui envoyait, chaque nuit, ses domestiques démolir ce que les ouvriers du chemin de fer avaient construits dans la journée. Moins heureuse que Pénélope, elle fut finalement vaincue par le nombre. On trouvait plus facilement des terrassiers que de valets de pied saboteurs.

 

On aurait tort, cependant, d’imaginer que le chemin de fer n’avait pas de partisans aussi exaltés que ses adversaires. Les journaux locaux de l’époque relatent, par exemple, le cas d’une demoiselle bourguignonne qui fit dire des messes pour… qu’il passe dans la cour de sa ferme.

Il est juste de préciser que le Bon Dieu ne lui donna pas satisfaction.

 

Jacques Frezelin


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