Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Fans de Muriel Baptiste

Heureusement que l'on s'est écarté du livre : la princesse du rail 3/3

16 Août 2014 , Rédigé par patricks Publié dans #DES LIVRES AUX FILMS

Je viens de terminer "Les chevaliers du chaudron", roman d'Henri Vincenot qui n'a pas dû se relire avant de le donner à son éditeur.

Jugez plutôt : page 150 de l'édition Folio, le frère de lait de Lazare Denizot (= l'abbé Chantegrelet dans la série) s'appelle Boignard, page 198 le distrait auteur l'appelle Beugnot.

L'âge du colonel Vidal (qui ici s'appelle Joubert) n'arrête pas de changer : un vagabond le surprend en train de comploter au début de l'ouvrage, et il a alors  80 ans. Lorsque sa fille Annunciata qui se prénomme dans le roman Incarnation rencontre Lazare, on connaît l'année de naissance du père : 1783. Comme l'action se passe en 1859, il a donc 76 ans, mais plus tard seulement 70. A la fin du roman, Lazare déclare que dix ans ont passé et qu'il a 86 ans mais rien n'indique alors que nous soyions en 1869.

Vincenot bâcle complètement l'intrigue amoureuse entre Annunciata et Antoine (ici Incarnation "la fauvette noire" et Lazare) au point que son suicide est incompréhensible.

Le héros Lazare Denizot n'est pas attachant : il est braillard, vantard, chauvin (Ah, la Bourgogne!), quant à Vincenot il perd des pages entières à endormir le lecteur avec de longs discours, mais ne développe pas des passages cruciaux : ainsi le suicide du colonel Joubert est-il expédié en quelques lignes à la dernière page du roman, devant les yeux d'un Lazare médusé.

L'ingénieur Barnett s'appelle ici Barnay et n'intervient que vers la fin, le postillon n'est mentionné que le temps d'une ligne et ne cherche donc pas à violer la bohémienne.

Chambon s'appelle ici Jeandrot, mais il n'a pas le rôle d'ancien et de "père" qu'Armand Mestral campait face à Jacques Santi, que l'on n'imagine pas un seul instant à l'évocation du mal élevé Lazare. La Céline Chambon du feuilleton s'appelle Caroline.

Il n'y a pas d'émotion dans ce roman, les personnages n'ont aucune consistance, l'histoire d'amour est collée de façon artificielle à l'intrigue pour être vite oubliée. Bref, si vous aimez "La princesse du rail", ne perdez pas votre temps à lire les mésaventures de Lazare Denizot, vous ne retrouverez jamais le charme de la série télé.

Le roman s'empêtre dans des considérations politico-historiques pesantes, Vincenot a jugé bon d'y faire intervenir Gustave Eiffel, la guerre de Crimée,  les premiers syndicalistes dont Henri Tolain. Le héros est anarchiste et cela cadre mal avec le personnage d'Antoine Delorme et le regretté Jacques Santi dont l'interprétation tout en finesse était aux antipodes d'un tribun politique. Vincenot nous gave avec le Saint-simonisme, je laisse les curieux aller voir sur Wikipédia les tenants et aboutissants de cette doctrine.

 

Bref, le livre est encore pire que "La pie saoûle" et on ignore ce que devient le  beau collier d'Annunciata (Incarnation ici)  qui traverse le temps dans la série, et que le Colonel Joubert donne à Lazare avant de se faire sauter la cervelle.

LES CHEVALIERS DU CHAUDRON


Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article