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Fans de Muriel Baptiste

Jeudi 21 décembre 1972

13 Décembre 2011 , Rédigé par patricks Publié dans #JOURNAL 1972

 

 

Depuis la veille, pas de suspense, Télé Poche N°358 a annoncé la mort dramatique de Marguerite de Bourgogne dans le deuxième épisode "La reine étranglée".

 

J'ai également découvert trois pages dans Télé Poche pour la semaine suivante (28 décembre)

 Jeudi 28 décembre 1972

 

 

Ce sont, d'un coup, à la fois beaucoup d'informations, mais aussi plein de photos de Muriel Baptiste dans son nouveau rôle.

 

La journée a dû être longue. Enfin, 20h30 arrivent. Je suis installé devant le poste en noir et blanc avec ma grand-mère.

Et "Le roi de fer" commence.

 

 

Je ne me souviens pas de la scène d'exposition, où Muriel apparaît brièvement derrière Georges Ser. Tous les personnages de la série sont là, comme dans une pièce de théâtre.

 

Il est très vite question de Marguerite, mais telle l'Arlésienne, on ne la voit pas. Parmi les comédiens, je crois reconnaître dans le rôle d'Enguerrand de Marigny le comédien Pierre Michael, le héros de la série "Fortune". Jean Piat est passé du mauvais côté de la barrière, le gentil chevalier Lagardère de 1967 est très vite ici présenté comme un ogre.

 

Et puis, à force d'en parler, Marguerite apparaît.

Dans ma poitrine, mon coeur bat très fort. Elle est belle comme le jour, brune comme dans "La princesse du rail", et elle n'a pas changé. Son rôle est infiniment plus passionnant que l'infirmière Geneviève Lagrange.

Je suis dans un rêve éveillé. Les six mois d'attente sont récompensés. C'est le retour de l'été en plein hiver. Sa voix est  toujours la même.

Comme plus tard, le dimanche 4 février 1973 où elle sera à la télé dans "Les risques du métier", j'ai l'impression de passer toute la soirée avec elle, alors qu'elle n'a que trois scènes dans "Le roi de fer" en plus de la séquence d'ouverture où elle se tient immobile.

Le temps semble suspendu. La télévision au fil des ans m'a apporté d'immenses joies, avec la soucoupe volante des "Envahisseurs" et le combat solitaire du héros David Vincent contre des extra-terrestres à apparence humaine à partir de 1969, puis cette année 1972, le duo choc Tony Curtis-Roger Moore de "Amicalement vôtre", mais tout comme pour "La princesse du rail", "Les rois maudits" me transporte encore dans une autre dimension. Il ne s'agit plus d'une histoire aussi captivante fût-elle, il s'agit d'une femme.

C'est ce soir-là que j'abandonne la qualification de "Princesse du rail" pour parler de Muriel.

Après la scène de la tour de Nesle où peu éclairé des choses de la vie, je n'ai pas compris la sensualité de Muriel, il y a celle où elle est arrêtée à Maubuisson. Puis le jugement, Muriel a les cheveux coupés à ras, comme un garçon.

Mais qu'elle que soit son apparence, elle irradie.

Jamais je n'ai connu un tel bonheur, j'étais trop jeune lors de la première diffusion de "La princesse du rail" pour réaliser. Depuis juillet 1972, j'ai compris que quelque chose avait commencé. "Les rois maudits" en sont la suite logique. Il ne vient pas un instant à mon esprit de jeune adolescent que tout pourrait s'arrêter. Muriel a dit qu'on la reverrait dans "Les rois maudits" et "La double vie de Mademoiselle de La Faille", voilà déjà "Les rois maudits", que je suis à peu près certain de ne pas avoir regardé si elle n'y était pas.

Car à l'âge de treize ans à peine, passer de "Amicalement vôtre" aux "Rois maudits" n'est pas évident.

L'épisode se termine et ma mère vient de rentrer. Je lui parle de mon enthousiasme pour la série, peu partagé par ma grand-mère.

Rien ne remplacera cette première vision en noir et blanc.

J'ai désormais un secret que seul mon copain Francis connaîtra, et surtout pas mes parents.

Je suis amoureux de Muriel Baptiste.

Des souvenirs montent à ma mémoire, les vacances à Bagnoles de l'Orne, qui ont suivi de peu la double diffusion de juillet 1972 (La princesse/Richard Lagrange). Il y a cette chevalière que je porte en toute innocence, où il fut trop difficile de graver MB et où j'ai seulement pu mettre une lettre , M.

Les endroits vus avec mes parents l'été 1972, Paray le Monial et surtout la Chapelle Montligeon, entourés de verdure et de fleurs, semblent sortis du Moyen-âge.

Le temps a suspendu son envol, je suis avec Muriel Baptiste sur un nuage, et pour très longtemps.

 

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