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Fans de Muriel Baptiste

Notre Dame était blanche

18 Août 2014 , Rédigé par patricks Publié dans #AUTOUR DE MURIEL

Depuis 2005, j'ai vu 37 fois "Les Rois maudits" - j'ai noté dans des agendas puis des  fichiers excel tout ce que je regarde en vidéo - (et 34 fois "La princesse du rail" depuis 2008), 37 fois cela peut paraître peu ou beaucoup. Cela s'étale de novembre 2005 à octobre 2012, ce qui montre une petite lassitude ces dernières années. Aussi ais-je décidé de relire les romans, ce qui ne m'est pas arrivé depuis longtemps.

En commençant "Le roi de fer", je me suis rendu compte que les livres sont bien plus détaillés et longs que la série. Ainsi, Guccio Baglioni bouscule-t-il le roi Philippe Le Bel venu prendre le pouls de son peuple sur le marché le jour de la sentence des templiers. Ce n'est pas repris dans le film, tout au plus a-t-on droit à la scène où le roi surprend ses brus Blanche (Catherine Hubeau) et Jeanne (Catherine Rich) avec Philippe d'Aunay (Patrick Lancelot). Et puis, il ne me semblait pas que l'on s'attardait tant sur le sort de Jacques de Molay, son passé, sa déchéance, son emprisonnement, ses sentiments de peur et de haine. Il est vite expédié au bûcher dans le film.

Relire cette saga, c'est une façon de rester dans cette nostalgie de Muriel Baptiste, comédienne que je regarde dans d'autres vidéos que les rois. Qui aurait cru que plus de quarante ans après la diffusion de la saga historique de Druon, je penserai encore à l'une de ses interprètes principales ? Voilà une comédienne et une série qui m'auront suivi la vie entière. Xavier Depraz, qui incarne Jacques de Molay, je ne l'ai revu qu'une fois dans un film policier, "Pour la peau d'un flic" d'Alain Delon (acteur que je n'aime pas du tout). J'ignorais que Depraz fut surtout un chanteur lyrique ce qui explique une filmographie maigre (On ne peut pas tout savoir ni s'intéresser à tout), et je ne savais pas non plus qu'il était mort, assez jeune, en 1994, à 64 ans. Son personnage est longuement décrit dans le chapitre "Notre Dame était blanche". En même temps, la disparition de Xavier Depraz n'a pas fait les gros titres, mais de son vivant, il n'était pas ce que l'on peut appeler un artiste très connu.

Ayant suivi avec passion la série dès la première diffusion, j'ai pu au fil des ans retrouver dans d'autres rôles divers acteurs qui y ont joué : ainsi André Falcon vite repéré dans "Les aventures de Rabbi Jacob" et "La bonne année", et même juste après les rois dans "L'amour du métier", une série de quatre épisodes de juillet 73 complètement oubliée. Je me souviens de Louis Seigner dans une grande soirée de Jacques Chancel, entouré de sa tribu, du nom de Gilles Béhat vu au générique de séries policières comme réalisateur,  de Jean-Pierre Jorris qui en juillet 77 se trouvait à Vaison la Romaine (ou à Malaucène je ne sais plus, c'est juste à côté) dans un restaurant à une table voisine de la mienne. Je pourrai aussi citer Michel Beaune souvent partenaire de Belmondo, mais n'étant pas porté sur le théâtre, j'ai perdu de vue une partie du casting. Catherine Hubeau, Jean Piat, Jean Deschamps, Hélène Duc, Catherine Rich sont surtout restés pour moi associés à la série. Piat a gardé une notoriété importante qui lui vaut des passages télévisés, mais je n'ai jamais été le voir sur scène, tout au plus puis-je citer "La maison du lac" avec Maria Pacôme vu à la télévision.

Ils ont tous fait leur chemin, certains fauchés en cours de route, tel Patrick Lancelot dans un accident d'avion au Vénézuela, mais lorsque l'on revoit la série, ou lit les romans, on n'imagine pas d'autres visages que les leurs. Il faut rappeler qu'une bonne partie (la plus importante) de la distribution n'est plus de ce monde : Falcon, Beaune, Luguet, Seigner, Deschamps, Staquet, Party, Chevrier, René Roussel, Jean-Louis Broust, Guy Saint-Jean, Françoise Giret..

Sur le tournage, Muriel ne s'est pas entendue avec l'équipe (je l'ai raconté déjà ici), à part peut-être avec Hélène Duc qu'elle connaissait depuis "Plainte contre X" et "Allo Juliette". Bruno Balp l'avait complètement oubliée (Dieu ait son âme mais il n'était pas aimable lorsque je lui ai téléphoné), Catherine Hubeau était émue mais ne l'avait jamais revue, avec sa compagnie de théâtre, elle doit pourtant voir beaucoup de comédiens pas forcément en haut de l'affiche. Jean Piat ne se souvenait pas d'elle en 1987 et il est devenu moins facile à joindre au fil des ans. Je me souviens avoir fait déposer dans sa loge un exemplaire de "La reine foudroyée" durant une de ses représentations théâtrales de je ne sais plus quelle pièce, j'ai oublié, et n'en ai jamais eu aucun écho (l'a-t-il seulement lu mon livre ?).

Comme il est difficile de parler éternellement d'une comédienne dont l'actualité artistique s'est arrêtée en 1974 et l'actualité tout court en 1995 (bien que l'on trouve toujours de nouveaux articles, de nouvelles infos), j'ai réfléchi à des articles transversaux, sur ses partenaires, sur des anecdotes.

Je n'ai pas de mal à avoir de la nostalgie pour l'époque des rois maudits, tellement la télévision est devenue mauvaise, entre ses "Enfants de la télé" et autres "The voice". Je ne sais pas en quelle année la télé est partie dans cette spirale de médiocrité, mais ce n'est pas d'aujourd'hui, il y a eu la télé réalité, les vulgaires téléfilms "Hollywood night" le samedi soir tard, les séries bâclées déjà retombées dans l'oubli. Je crois aussi que j'ai vieilli et que je prête aux programmes de mon enfance des qualités qu'ils n'avaient pas toujours. Il y avait des navets pendant les années Muriel : "L'Alphoméga" avec pourtant Henri Virlojeux, "Que ferait donc Faber" avec Claude Piéplu, "Suivez Budart" avec Roger Riffard. Même Muriel a joué dans un de ces ratages, "Le corso des tireurs".

Pour ceux qui l'ont oublié, voici Xavier Depraz. Certes, il est ici très maquillé, mais il a toujours eu un air austère, sec, avec sa silhouette grande et maigre.

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Jacques MICHEL 19/08/2014 23:43


Pour emboîter le pas à Palilia, je dirai que dans cette affaire, les téléspectateurs ne sont pas exempts de reproches, loin de là même. Au bout du compte, on en conclut qu'après tout, on a
finalement la télévision que l'on mérite......Il me semble que par exemple, le public des années "70" était plus cultivé et plus exigeant aussi. Ajourd'hui, excusez-moi du terme, mais plus c'est
con et mieux ça marche........

Jacques MICHEL 19/08/2014 02:43


Pour te donner une réponse, je pense que le processus de médiocrité de la tv a débuté à partir de l'éclatement de l'ORTF en 1974. Mais cela s'est fait insensiblement et lentement.
Maintenant, ce n'est que mon avis.