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Fans de Muriel Baptiste

Articles avec #interviews de muriel tag

La toute première interview de Muriel

20 Mai 2017 , Rédigé par patricks Publié dans #INTERVIEWS DE MURIEL

Muriel Baptiste voulait devenir journaliste à "Paris Match" mais Colette de Jouvenel en a fait une actrice
 
Muriel Baptiste, qui joue dans "Quelle famille" le rôle de Martine, sera, ce soir, très inquiète, assise devant son poste. "J'ai l'impression d'être un peu maladroite, dit-elle avec un charmant sourire. C'est ma première télévision. Mais je crois que je préfère le théâtre. C'est plus chaud....".
Jeune comédienne âgée de vingt ans, élevée dans plusieurs pensions en France et en Angleterre, elle avait décidé, à l'âge de dix-sept ans, de devenir journaliste. Mais à "Päris Match", où elle était entrée, elle ne resta pas. Cela ne l'amusait pas! Elle posa alors pour des photos de mode et il lui arriva ce qui arrive souvent dans ces cas-là: un producteur italien la remarqua. Mme de Jouvenel, la fille de Colette, lui proposa ensuite de jouer "Gigi" pour cinq représentations en province - et Muriel eut tant de succès qu'elle interpréta Gigi trente fois. Elle va d'ailleurs reprendre ce rôle à Paris, en juin prochain. Avant de jouer, à la re
ntrée, dans "Le nez en trompette", de Michel Fermeau, le rôle d'une jeune fille timide et sensible qui lui ressemble - dit-on - beaucoup.
Article de Bruno d'EPENOUX, paru dans "Télé 7 Jours, lundi 31 mai 1965.
La toute première interview de Muriel
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La plus longue interview de Muriel

10 Mai 2017 , Rédigé par patricks Publié dans #INTERVIEWS DE MURIEL

Muriel en a rarement autant dit que dans cette interview de Télémagazine du 22 juillet 1972, évoquant pour la première fois le divorce de ses parents et sa traversée du désert de 1968 à 1969.

Elle dit "Ma grande chance a été de tomber dans l'oubli pendant un an. ça m'a permis de comprendre des tas de choses. Et, tout d'abord, que je possédais un métier extraordinaire; si voulais le continuer, je devais le mériter, donner le maximum de moi-même. Ne plus accepter n'importe quoi comme avant, mais uniquement des rôles de qualité, dirigés par des bons metteurs en scène. Des rôles dont je n'aurais pas à rougir..."

Et pour Muriel Baptiste, le feuilleton dont elle est l'héroïne depuis le début du mois ("Les dernières volontés de Richard Lagrange") fait partie de ces "choses" dont elle est fière.

- Le tournage a été passionnant, explique-t-elle. Il a duré trois mois à Genève : trois mois épuisants, accablants... mais extraordinaires. Le texte ayant quelques faiblesses, nous nous sommes tous mis au travail - comédiens et réalisateurs - pour le revoir et le modifier au fur et à mesure que nous tournions. Nous y avons passé la plus grande partie de nos nuits, mais cette "participation" était tellement précieuse pour nous que nous n'y avons pris garde. Evidemment, je suis rentrée à Paris épuisée (d'autant que j'avais du mal à me remettre d'une hépatite virale) mais heureuse : nous avions fait du bon boulot!

Du "bon boulot", Muriel considère, d'ailleurs, qu'elle en a fait aussi - et toujours pour la télévision - en tournant "La double vie de Mlle de la Faye" sous la direction de Michel Subiéla (C'est une étrange histoire de réincarnation que l'on verra probablement à la rentrée). Et surtout, en tenant dans "Les Rois maudits", le merveilleux rôle de Marguerite de Bourgogne, cette reine qui aimait trop la vie et les hommes:

- Jamais un rôle ne m'a "entamé" à ce point, dit-elle. J'y ai laissé sept kilos! Les gens, en riant, disaient que j'étais "plantée sur des queues de cerises"... à la fin du tournage. Au début, c'était différent : ils ne me parlaient pas! Personne ne me faisait confiance. On disait que je ne "faisais pas le poids" pour jouer ce rôle : c'était affreux de travailler dans ces conditions. Je n'en dormais plus. Mais je me suis "accrochée", et, au bout d'un mois, la partie était gagnée. Oh! Bien sûr, il y a eu jusqu'à la fin de fameuses "enguelades" sur le plateau avec le réalisateur, Claude Barma. Mais elles étaient plus folkloriques que sérieuses. Et quand il s'exclamait "Qu'elle est têtue cette gamine!", je crois bien que c'était teinté d'affection.

Ce qui ne serait pas très étonnant, car il est difficile de résister à cette fougue, à cet enthousiasme, à cet amour de la vie qui débordent de partout chez ce petit "bout de femme" toute menue, presque fragile.. Difficile de ne pas remarquer sur ce visage à la peau mate, aux pommettes saillantes et aux yeux sombres mis en valeur par une lourde tignasse de cheveux bruns tirés en arrière, quelle force et quelle volonté l'animent... et de ne pas se laisser emporter par ce tourbillon de vie. En fait, Muriel ressemble un peu aux femmes du sud, italiennes et espagnoles...

- J'ai des origines méditerranéennes, précise-t'elle. D'ailleurs, je suis très attirée par ces pays- là. Surtout l'Andalousie dont je suis tombée amoureuse il y a quelques années et où je vais le plus souvent possible. Dès que j'ai dix ou quinze jours de liberté, je pars dans des villages perdus. Je bavarde avec les gens, je me prélasse au soleil, je dors, je mange : la nuit, je danse le flamenco et je goûte la douceur de l'air. C'est beau l'Andalousie! Les gens savent vivre là-bas Ils prennent le temps. Ce n’est pas comme à Paris ! Car, malgré son jeune âge – 24 ans – Muriel a déjà fait une expérience amère de la vie et des hommes :

-J’ai eu une enfance  un peu « tiraillée » entre des parents divorcés, explique-t-elle. Et très tôt, j’ai eu envie d’être indépendante. J’ai donc commencé à travailler à 16 ans. Je voulais faire du journalisme mais, pour vivre, je posais pour des photos de junior. Un producteur italien m’a remarquée et engagée pour un film… qui ne s’est jamais fait. Entre-temps, j’avais pris des cours de comédie et sur les conseils de mon professeur, je m’étais présentée – sans y croire – aux auditions pour le rôle de « Gigi ». C’est moi qui l’ai obtenu : je l’ai joué un an en tournée, puis une saison à Paris. Bref, pour une gamine de 17-18 ans, c’était un vrai conte de fées !

« Après cela, j’ai tourné pour le cinéma et la télévision sans discontinuer (entre autres, j’ai fait « La Princesse du rail » qui repasse en ce moment sur le petit écran). Je gagnais beaucoup d’argent à cette époque. J’avais une foule d’amis avec qui je passais toutes mes soirées dans les « boîtes » à la mode ou bien à qui j’offrais des billets d’avion pour aller prendre le soleil sur la Côte d’Azur pendant quelques jours…

« Cela a duré jusqu’à la fin 1968. C’est la que s’est produit le « creux ». Pendant une année environ, je ne tournais plus. J’étais fauchée. Je vivais dans une chambre de bonne. Cela dit, je n’étais pas malheureuse : je peignais, je faisais des collages, je lisais…et je pensais, avec une certaine sérénité, qu’il allait falloir songer à trouver un autre métier. Mais je n’étais absolument pas déprimée. Finalement, ce qui m’a fait le plus de mal pendant ce passage à vide, c’est de m’apercevoir, le jour où j’ai eu besoin d’un peu d’argent, qu’il n’y avait plus personne. Envolés, les amis ! »

La leçon a été dure, mais positive. Muriel aime trop la vie pour n’en voir que ses aspects négatifs et elle a su tirer profit de cette expérience.

« Je vous l’ai dit : professionnellement, ce « creux » m’a été bénéfique. Lorsque j’ai repris au théâtre fin 1969 « Tchao » (avec Pierre Brasseur), mon état d’esprit avait complètement changé. Je n’étais plus la petite fille heureuse et insouciante des débuts. J’avais pris conscience de la modestie de ma situation et je voulais, par mon travail et ma volonté, devenir une vraie, une bonne comédienne. Depuis, je ne cesse de m’y appliquer.

« Sur le plan personnel, ma réaction a été moins raisonnée, plus violente : bien sûr, mes « amis » sont revenus vers moi dès que tout s’est remis en marche… mais moi je les ai fuis. Je suis devenue sauvage. Maintenant, je ne mets plus le nez dehors ! »

Sauvage, c’est beaucoup dire. Méfiante – un peu, si peu ! – conviendrait mieux sans doute. En effet, non seulement Muriel reconnaît qu’elle a encore quelques amis (« des vrais »), mais elle avoue qu’elle engage facilement la conversation lorsqu’elle fait ses courses le matin dans son quartier, à Pigalle, ou avec son voisin dans le métro, à l’arrêt de l’autobus…

« Souvent, on me prend pour une folle, dit-elle. Les gens d’ici ne sont pas habitués à çà. C’est dommage. C’est même pire : c’est terrible !

Pour se consoler, Muriel a toujours ses livres…

« La lecture ? C’est une passion, je lis tout. Tout m’intéresse. Je crois même que je pourrais lire le bottin ! J’ai une soif de connaître inapaisable. Je suis d’une curiosité folle. C’est formidable parce qu’ainsi, je suis sûre de ne jamais m’ennuyer dans la vie !

 

Propos recueillis  par Arlette CHABROL, Télémagazine N°874- 22 juillet 1972.

La plus longue interview de Muriel
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Interview Télémagazine Juillet 72 2 pages

1 Juin 2016 , Rédigé par patricks Publié dans #INTERVIEWS DE MURIEL

Interview Télémagazine Juillet 72 2 pages

Interview double page Télémagazine juillet 1972

Interview Télémagazine Juillet 72 2 pages
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La toute dernière interview - 1er juillet 1977

8 Août 2014 , Rédigé par patricks Publié dans #INTERVIEWS DE MURIEL

Dans "Le Parisien libéré" du 1er juillet 1977

"C'est une fille débrouillarde, rigolote, fofolle" dit Muriel Baptiste de son personnage "Zoé" (Au théatre ce soir - 20h30). Elle a joué la pièce voici plusieurs années. Celle-ci donne lieu à une rediffusion.

Mais Muriel Baptiste ne s'est encore jamais vue à l'écran.

En effet, lors de la première programmation, elle tournait à Genève le feuilleton "Richard Lagrange".

Cette-fois, elle compte bien se regarder même si cela représente une épreuve difficile. "En effet, je ne vois que les défauts. C'est assez déprimant".

La comédienne a gardé un souvenir assez confus de "Zoé".

Tout d'abord, elle l'a jouée voici plusieurs années, une seule fois pour "Au théâtre ce soir", dans des conditions assez difficiles.

De plus, Jean Marsan, qui est à la fois l'auteur et le metteur en scène, était aussi interprète.

"C'est un homme d'une grande gentillesse, mais j'étais malgré tout paniquée. J'avais l'impression qu'il ne cessait de m'observer en scène".

Muriel Baptiste, qu'on a vue dans "Les Rois Maudits" et "La double vie de Mademoiselle de la Faille", a fait ses débuts  de comédienne dans "Gigi", au Palais Royal.

REPOS A PERPIGNAN

Pour la rentrée, elle a plusieurs projets, mais les contrats ne sont pas encore signés. Elle préfère donc ne pas en parler.

Comme de nombreux autres comédiens, elle se tourne momentanément vers la synchronisation.

"Mais le doublage présente des inconvénients, dit-elle. Il ne faut surtout pas se laisser enfermer dans une série. Je pense qu'il vaut mieux ne doubler que de petites choses, des films ou dramatiques, mais éviter les séries. Sinon, on risque de devenir prisonnier. De nouveaux épisodes arrivent et le comédien ne peut plus s'absenter pour exercer vraiment son métier, il est pris dans un engrenage".

Dans quelques jours, Muriel Baptiste oubliera doublage et métier. Elle partira à Perpignan pour ses vacances. "Je souhaite surtout me reposer, me baigner et jouer avec Melo, mon chat".

 

 

 

 

 

 

 

La toute dernière interview - 1er juillet 1977
La toute dernière interview - 1er juillet 1977
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Interview de Muriel dans Télémagazine le 30 décembre 1972

15 Février 2012 , Rédigé par patricks Publié dans #INTERVIEWS DE MURIEL

 MURIEL-TELEMAGAZINE.jpg

 

Interview très intéressante : Muriel nous parle du tournage de "Interrogatoires" qui ne figure pas dans sa filmographie connue. D'autre part, elle ne s'est pas entendue avec ses collègues des "Rois maudits". Pas étonnant que les comédiens de cette série que j'interroge depuis 2005 soit si peu loquaces.

 

Légende de la photo : Grâce aux "Rois maudits", Muriel a prouvé qu'elle était autre chose qu'une petite mignonne.

 

MURIEL BAPTISTE : LA REINE MARGOT LUI A FAIT PERDRE SEPT KILOS

 

Muriel Baptiste, l'éclatante Marguerite de Bourgogne des "Rois maudits" surnommée "La reine Margot" est victime de son succès.  Elle ne s'en plaint pas, mais elle n'a plus une minute à elle. Entre les tournages et les répétitions,  elle passe son temps dans les studios, dans les trains ou les avions.

 

Muriel vient à peine de terminer "Le bâton dans la fourmillière" (1) avec Michel Le Royer qu'elle entreprend déjà une dramatique  de la série "Interrogatoire" pour la première chaîne.

 

"Les Rois maudits" sont pourtant un tournage dont elle se souviendra longtemps.

"C'est un rôle qui me change complètement de ce que j'ai fait jusqu'alors", explique-t-elle, "J'avoue que j'ai eu très peur avant et pendant. Il a fallu un mois pour que je m'impose. C'est bien simple, j'ai perdu sept kilos. Le plus angoissant, c'est que je ne savais pas du tout ce que j'allais faire, sinon que je devais sérieusement m'enlaidir, ce qui n'est jamais agréable."

 

"Et puis surtout au début l'ambiance n'était pas fameuse. Tous les autres comédiens pensaient que je ne ferais pas le poids. J'avais du mal à garder ma confiance en moi.. Si l'on ajoute que Claude Barma, le réalisateur,  est très exigeant et n'hésite pas houspiller les comédiens...  Mais j'ai tenu bon, et finalement , tout s'est bien terminé".

 

"La première fois que je me suis vue enduite de colle et de bouchon noirci, pour incarner la reine dans sa prison, je me suis fait peur moi même. Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer, et puis j'ai ri. C'est amusant d'être moche de temps en temps. Pourvu que ce ne soit pas définitif!  Mais je suis bien heureuse d'en être passée par là, car j'ai pu prouver que je suis capable de jouer autre chose que les petites mignonnes".

 

Vedette à part entière de la télévision à vingt-quatre ans, Muriel Baptiste a déjà derrière elle une carrière de comédienne consommée.  Elle a fait beaucoup de chemin depuis son premier rôle, "Gigi" de Colette, qu'elle a joué un an en tournée et une saison à Paris et qui fut suivi immédiatement du feuilleton "La princesse du rail" que nous avons revu cet été à la télévision. Mais c'est la dernière grande série télévisée "Les dernières volontés de Richard Lagrange" qui lui a appris à marquer vraiment un rôle de sa personnalité.

 

Aujourd'hui, elle le déclare sans ambage, elle ne veut plus être uniquement une actrice, elle se veut comédienne à part entière, qui aborde tous les genres. C'est pourquoi son prochain rôle est pour la première fois un rôle... comique. (2)

 

 

 

Télémagazine n'indique pas lequel de ses journalistes a interviewé Muriel.

 

 

(1) La série a été diffusé sous le titre "Le premier juré", celui indiqué par Télémagazine est le titre du roman dont s'inspire la série.

(2) Sans doute "Un curé de choc".

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Article Nous Deux N°1012 année 1966

18 Janvier 2011 , Rédigé par patricks Publié dans #INTERVIEWS DE MURIEL

LEURS SECRETS DE BEAUTE

MURIEL BAPTISTE

 

"Mon problème, c'est mon teint. Car il n'est pas au "beau fixe". Parfois, il m'arrive d'avoir des boutons. C'est de mon âge, dit-on. Et souvent, lorsque je reste enfermée toute la journée aux studios, je remarque que j'ai la peau grise !Même après m'être minutieusement démaquillée. Dans ce cas j'ai une excellente recette pour redonner de l'éclat à la peau. Je l'utilise souvent avant de sortir le soir, si je dois me rendre à un dîner. Après m'être bien nettoyé la peau, j'applique un masque composé d'un jaune d'oeuf délayé dans une cuillerée à café de jus de citron. Je garde un quart d'heure et je rince à l'eau chaude. Je m'asperge ensuite le visage d'eau froide (de préférence d'eau d'Evian) et me voilà prête pour un maquillage du soir.

Je mets d'abord une crème de base incolore pour protéger la peau. Puis j'applique très doucement du fond de teint en tapotant, mais "sans frotter". Ensuite, j'attends au moins cinq minutes, avant de me poudrer. C'est très important de ne pas se poudrer tout de suite. J'applique la poudre avec un coton enveloppé de kleenex. Je ne frotte pas. Je tapote pour que ça rentre bien. Je termine en appliquant à l'aide d'une sorte de blaireau une poudre plus foncée, un peu rose, sur les pommettes, sur l'arête du nez, et dans le creux des joues. Cela amincit le visage.

Le maquillage des yeux est très important pour moi. Je dessine un trait au bord des paupières, j'ombre avec du fard marron clair. . Je me fais les cils très, très longtemps. Plusieurs couches avec du rimmel bleu marine. C'est moins dur que le noir.

J'ai les lèvres très dessinées ; je ne les farde jamais, ni le jour, ni le soir.. D'autant que les rouges à lèvres sur moi "virent" et tournent au violet !

NOUS-DEUX-1966.jpg

J'ai également des difficultés avec mes cheveux! Ils deviennent gras en trois jours. Comme il n'est pas bon de se laver la tête trop souvent, j'ai trouvé la solution, pour les jours où il faut que je sois absolument bien coiffée : je porte une perruque. C'est bien pratique, surtout pour le soir! En dehors de cela, je me fais soigner le cuir chevelu par des massages et des bains de boue.

Propos recueillis par S. de Tervagne

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MURIEL BAPTISTE : DEUX FEUILLETONS PAR JOUR

11 Décembre 2009 , Rédigé par patricks Publié dans #INTERVIEWS DE MURIEL

 

 

BOHEMIENNE A MIDI ET INFIRMIERE LE SOIR : MURIEL BAPTISTE SERA REINE DANS « LES ROIS MAUDITS »

 

Cette semaine cinq ans s’écouleront chaque jour entre 12h30 et 20h15. A 12h30, sur la 1ere chaîne, la télévision rediffuse « La princesse du rail », un feuilleton qui révéla en 1967 une jeune comédienne au talent charmant et déjà très personnel : Muriel Baptiste. A 20H15, toujours sur la première chaîne, un feuilleton nouveau de Roger Burckhardt que l’on peut suivre depuis deux semaines déjà, « Les dernières volontés de Richard Lagrange », vous propose une jeune vedette dans le rôle d’une fille comme les autres à qui il arrive des choses pas comme les autres : Muriel Baptiste. Entre ces deux personnages que vous pourrez voir au cours de la même journée se situe une carrière qui est passée par le théâtre (« Gigi », « Tchao »), par le cinéma (« Les sultans », « La cavale ») et, naturellement, par la télévision avec surtout deux œuvres que nous verrons la saison prochaine : « La double vie de Mademoiselle de la Faille », une histoire de réincarnation réalisée par Michel Subiela et « Les rois maudits », d’après Maurice Druon, six épisodes d’une heure réalisés par Claude Barma, où elle sera la reine Margot.

 

Télé Poche :  Muriel Baptiste ne sait pas trop si elle doit être contente ou mécontente de cette double programmation.

 

Muriel : - Vous croyez que c’est bon pour moi ? Deux fois par jour, c’est drôle ! Je ne vais plus pouvoir regarder la télévision.

 

Télé Poche : Et Muriel d’expliquer qu’elle a horreur de se voir à l’écran. Elle éprouve une très désagréable impression, indéfinissable mais insupportable. Ce qui lui vaut quelquefois de bien fâcheuses situations.

 

Muriel : - Le soir de la première de Gala des « Sultans », j’avais promis à Jean Delannoy, le metteur en scène, de venir et il m’avait réservé une place près de lui. J’avais même acheté une robe longue exprès pour cette occasion. Une fois maquillée et habillée, j’ai été prise d’une telle panique que je suis restée clouée sur place. On m’attend encore !

 

Télé Poche : - Je suppose que vous n’avez pas vu « Les Dernières volontés de Richard Lagrange » dont le premier titre était d’ailleurs « Une fille comme les autres ». Quel genre de personnage êtes-vous ?

 

Muriel : - Une fille pas tellement comme les autres parce que le rôle a été un peu modifié au cours du tournage. Il a, je crois, plus de force et de caractère qu’au départ. Cette fille a son destin d’infirmière bouleversé par le testament d’un homme qui est peut être son père. Elle doit affronter une série d’évènements. Ce n’est pas simple mais elle est de taille à leur faire face.

 

Télé Poche : - On a l’impression, en effet, que la petite gitane de « La Princesse du rail » a pris de l’assurance et qu’elle sait fort bien ce qu’elle veut. Mais s’agit-il de vous ou des personnages que vous incarnez ?

 

(Muriel met la tête dans ses mains avec un geste de petite fille à qui l’on pose une question difficile)

Muriel : - Je ne sais pas, dit-elle d’un ton qui se veut de la plus totale neutralité. Je ne choisis pas mes rôles en fonction de leur importance mais de leur caractère. Qu’ils soient comiques ou dramatiques - le rêve !- il faut que le personnage intéresse, qu’il vive, qu’il agisse. Voilà, je crois que je deviens de plus en plus exigeante sur ce point. Et il m’est arrivé de refuser des tas de choses jusqu’à ce que je trouve le rôle dont j’ai envie.

 

Télé Poche : - Quand vous regardez en arrière, comme ça très rapidement, quels sont les rôles qui vous ont marquée, ceux qui restent au-dessus du lot ?

 

Muriel : - D’abord il y a « Gigi » celui de mes débuts, passionnant en lui-même et qui en plus est pour moi l’image même d’une chance extraordinaire, celle d’avoir été choisie alors que je ne connaissais personne et presque rien de ce métier. Il y avait deux mois que je prenais des cours à la suite d’un concours de circonstances incroyable : un metteur en scène italien voit ma photo dans un magazine. Il me cherche partout, me trouve chez Catherine Harlé où je posais pour des photos publicitaires, me fait prendre des cours de comédie alors que je n’y pensais nullement – moi mon rêve c’était d’être journaliste – et au bout du compte le film ne se fait pas… mais je suis choisie pour « Gigi ».

 

Télé Poche : Ensuite, il y a eu des tas de rôles intéressants (« Tchao » avec Pierre Brasseur, par exemple), au cours desquels l’ingénue est devenue une jeune femme à la personnalité affirmée douée d’une incontestable présence. Mais le rôle le plus récent, le plus difficile et le plus beau que Muriel ait joué c’est celui de Marguerite de Bourgogne dans « Les Rois maudits », un rôle qui au début est celui d’une jeune reine heureuse et gaie pour devenir celui d’une femme martyre sombrant dans la folie et dans la mort. Muriel Baptiste a physiquement beaucoup souffert pour incarner ce personnage mais elle en parle encore avec une lumière admirative dans les yeux :

 

Muriel : - Je ne savais pas, dit-elle, que j’avais tout ça en moi. Le travail a été merveilleux mais épuisant. J’ai été malade après. Il m’a fallu me reposer, voyager pour enfin me retrouver et je n’ai rien fait depuis. C’était en mars.

 

Télé Poche : - Et naturellement vous n’avez pas vu en projection ce que vous avez fait ?

 

(Muriel rit malicieusement)

Muriel : - Barma m’a dit que c’était formidable, je préfère rêver le plus longtemps possible avant de juger.

MURIEL BAPTISTE : DEUX FEUILLETONS PAR JOUR
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Interview Télé 7 Jours de Jean Nocher

2 Mars 2009 , Rédigé par patricks Publié dans #INTERVIEWS DE MURIEL

Interview Télé 7 jours de Jean Nocher (Quelle famille)

 

Article de  Bruno D’Epenoux et Paulette Durieux, télé 7 jours 31 mai 1965

 

« Vous feriez un extraordinaire français moyen ». C’est André Malraux qui lui avait ainsi prédit, en 1958, le plus bel avenir en lui demandant de venir bavarder à la radio quelques minutes chaque soir. « Français moyen » de service depuis sept ans dans « En direct avec vous », Jean Nocher, cinquante-sept ans, regard vif et teint fleuri, a décidé de rester à la télévision fidèle à sa réputation. Son feuilleton « Quelle famille », dont vous verrez le premier épisode ce soir, n’a pour but, dit-il, que d’amuser les familles françaises sans message prétentieux, ni idée préconçue. Et dans son bureau de sa villa de Bougival, quand il reçoit ceux à qui il désire présenter son œuvre, il tient d’abord à préciser que le feuilleton est bien français.

« Les journaux ont parlé d’une traduction approximative d’un feuilleton américain. C’est tout à fait inexact, dit-il. Il y a dix ans, j’avais déjà fait pour la télé une série de treize émissions intitulée « la famille Anodin ». A la demande de Mr Contamine, j’ai repris dans « Quelle famille » les personnages principaux de cette série-là. Avec dans les rôles des enfants, MURIEL BAPTISTE et mon fils François, qui est actuellement élève au Conservatoire ».

Mais d’avoir travaillé ainsi en famille n’empêche pas Jean Nocher d’être un peu inquiet : « les aventures distinctes qu’on m’avait demandé d’écrire, explique-t-il, devaient passer chaque semaine en épisode de vingt six minutes. J’apprends maintenant qu’on vient d’en faire un feuilleton quotidien en épisodes de treize minutes. Chaque histoire est donc coupée en deux. L’effet comique risque de tomber à plat ».

Heureusement, Jean Nocher a, pour forcer à rire, quelques bottes secrètes de son invention. Il est, entre autres choses, l’inventeur heureux d’une machine à passer le bachot sans larmes et d’une machine à faire sans difficultés les devoirs de philo. Et il tire lui-même la morale de ces machines qu’il vous présente dans son feuilleton : « Les connaissances, dit-il, empêchent l’intelligence de se développer ». Mais vous n’êtes pas, bien sûr, obligé de le croire.

 

Né en 1908, fils d’un instituteur, Jean Nocher a fait lui-même de très sérieuses études. A vingt-six ans, Gaston Charon – c’est son vrai nom – était sur les bancs de l’école normale supérieure aux côtés de Jacques Soustelle, de Robert Brasillach, de Georges Pompidou, et débutait comme professeur dans un cours féminin.

« Je n’en garde pas un très bon souvenir, dit-il, les filles apprennent tout en pleurant. Se sentant ainsi peu de goût pour l’enseignement, il bifurque alors vers le journalisme.

Entré au journal « L’œuvre », en 1933, il oublia de faire une enquête sur la jeunesse qui lui avait été commandée. Pour réparer ce fâcheux oubli, il écrivit lui-même une lettre ouverte au journal sous le titre « la curieuse lettre d’un moins de vingt-cinq ans » qu’il signa d’un pseudonyme : Jean Nocher. Cette lettre eut un grand succès et il  garda désormais ce nom pour se lancer dans la brillante carrière de touche à tout.

Fondateur d’un mouvement de jeunesse, mis en prison à Belgrade pour avoir réclamé là-bas l’amnistie des prisonniers politiques, Jean Nocher entre dans la résistance dès 1940. Spécialiste de plastic, il garde un souvenir horrifié de toutes les maisons qu’il a dû faire sauter. Arrêté en 1942, emprisonné à Saint Paul de Lyon, avec les droits communs, il constata, là encore, dit-il que l’éducation est bien inutile. « J’étais avec un garçon de trente cinq ans qui avait déjà passé dix sept ans en prison. Il avait eu le temps de lire 2000 livres de la bibliothèque. Il  se souvenait de la couleur de chaque couverture mais il avait oublié tout ce qu’il y avait dedans ».

Libéré et redevenu journaliste en même temps qu’il débutait à la radio, Jean Nocher faillit épouvanter la France entière, le 4 février 1946, avec une émission de science fiction célèbre : « Plate forme 70 ». Il reçut alors 28 000 lettres mais fut suspendu pour trois mois.

 

Le producteur de « Plate forme 70 » a eu, depuis, l’occasion de rassurer son pays en lui parlant chaque soir dans « en direct avec vous ». Et il reconnaît sans hésiter qu’il en est assez fier : « Mon émission est une des plus écoutées, dit-il. Son pourcentage d’écoute est nettement supérieur à celui de l’émission de Saint-Granier ». Mais de recevoir, grâce à cette émission, plus de 200 lettres par jour n’empêche pas Jean Nocher d’avoir un grand regret : « J’aurais tant aimé être poète, dit-il, pour mieux rêver en silence ».

 

L’article est illustré par une photo de Muriel, la main sur le cou, déclamant une tirade.

 

Quelle famille 2

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Article Télé 7 Jours de mai 1971

24 Février 2009 , Rédigé par patricks Publié dans #INTERVIEWS DE MURIEL

LE TIERCE TV DE MURIEL BAPTISTE

"J'ai eu beaucoup trop de chance au départ", avoue Muriel Baptiste. "Tout venait à moi. On m'a proposé le rôle de Gigi alors que, après avoir été secrétaire, j'étais mannequin chez Catherine Harlé. Pendant un certain temps, j'ai marché à côté de mes souliers..."

Mais on a pu la voir étudier sagement son rôle, la semaine dernière, devant le théâtre Marigny, en attendant la répétition de "Zoé", la pièce dans laquelle vous la retrouverez "au théâtre ce soir". Car "Zoé", avec un "Maigret aux assises", et une "Double vie de Mlle de la Faye", constitue le tiercé des pièces qu'elle jouera pour la télévision à la rentrée.

Article paru dans Télé 7 jours en mai 1971

Theatre Marigny 02

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Interview Télé 7 Jours de Jean Marsan ("Zoé")

21 Février 2009 , Rédigé par patricks Publié dans #INTERVIEWS DE MURIEL

INTERVIEW TELE 7 JOURS JEAN MARSAN/ZOE

Par  Rémy Le Poitevin (26 août 1971)

 

 

Zoé existe : il l’a rencontrée. Il c’est Jean Marsan, l’auteur de ce grand succès du boulevard dans les années 50, qu’il a remis au goût du jour pour le théâtre de Pierre Sabbagh. « C’était un cas. Une fille très belle que j’ai rencontrée sur la rive gauche. Elle vivait en se faisant inviter au restaurant par des inconnus, en se servant sans vergogne dans leur portefeuille. Un peu une hippie avant la lettre », juge-t-il.

Mais Zoé avait un gros défaut – ou une grande qualité : elle disait la vérité : « Vous, vous avez une sale gueule » lançait-elle froidement à son bienfaiteur. A un comédien, elle confiait avec aplomb : « Vous m’êtes profondément antipathique et d’ailleurs vous jouez comme un pied ».

Jean Marsan n’a pas hésité une minute : cette fille était son personnage. Il en fit Zoé, fauteuse de brouilles, de quiproquos, moteur rêvé de vaudeville. Avec Nicole Courcel en tête de distribution, sa comédie fit une carrière superbe (Deux ans à la Comédie Wagram). Il est question d’une reprise après sa diffusion « au théâtre ce soir ».

L’aventure d’ « Interdit au public » recommence. On se souvient peut-être de cette comédie sur les comédiens, qui se passait tout entière dans les coulisses, et qui était à elle seule un véritable trousseau de clés tant on y trouvait d’allusions à des vedettes célèbres. Jean Marsan l’avait écrite en 1948 sur une idée de Roger Dornès – qui fut directeur du Vieux Colombier. Le succès à la Comédie Wagram avait été prodigieux. Réécrite, elle aussi, pour la TV, elle fit une brillante seconde carrière au Saint Georges : à tel point que la directrice du théâtre, Mary Morgan, alla un soir s’enfermer dans son bureau, la tête dans les mains, en répétant : « Non, ce n’est pas normal que les gens rient autant… ».

Curieuse destinée que celle de Jean Marsan. Jean Street de son vrai nom (son arrière grand père était anglais), né à Levallois, élevé en partie en Ethiopie où son père était planteur de café, il avait d’abord était comédien. Dès 1937, à l’Exposition Internationale de Paris, avec Barsacq et Jean Dasté. Puis le conservatoire, chez Dussane : premier prix en 1943. Ensuite, la Comédie Française, où il fut pensionnaire de 1945 à 1949. Rien dans ses antécédents qui le destinât précisément au théâtre dit « de digestion ».

Mais le classique l’ennuyait. A Saint-Germain des Près, alors à son apogée, il avait fait équipe avec Guillaume Hanoteau, Michel De Ré, écrit les couplets, très fous, de « La tour Eiffel qui tue ». Il avait une étonnante facilité de travail, entassant manuscrit sur manuscrit. Et il savait observer.

Il n’en fallait pas plus pour devenir un auteur à succès. Depuis lors, il a travaillé beaucoup pour le cinéma : avec René Clair notamment, pour « Les grandes manœuvres » et « Tout l’or du monde ». Un homme difficile, exigeant, dit-il, mais aussi, sous ses dehors froids et méthodiques, un mystificateur, un farceur scientifique, si on peut dire.

Mais le cinéma l’a laissé insatisfait. Il est revenu au théâtre. De boulevard car « la scène a besoin aussi de joyeux lurons pour la réveiller à coups de dynamite ».

Il a été le restaurateur, en quelque sorte, du livret de « La Périchole », d’Offenbach, reprise avec un énorme succès, il y a deux ans. Il travaille maintenant, dans la foulée, sur une autre œuvre oubliée de ce véritable fou de l’opérette : « Barbe Bleue », avec encore Jean Le Poulain.

« Il n’y a pas beaucoup de comédiens capables, aujourd’hui, de jouer ces opérettes-là. C’était tellement énorme, dément, on y voit défiler des calembours si démesurés… Il y faut des Jean Le Poulain, des Darry Cowl, des Devos. »

Lui n’est pas dément pour un sou. Grand, cheveux blancs et teint rose, il parle d’une voix dénuée de toute truculence. Un peu blasé, soucieux de silence, il vit, une grande partie de l’année dans la forêt, près de Dreux. « Une maison louée, oui : propriétaire ? Oh ! non, grands dieux ! ».

Le reste du temps à Paris, dans une soupente minuscule, tapissée de vert, ouvrant comme une lanterne par deux grandes fenêtres sur le panorama de la rive gauche.

A ses pieds, trois hectares de parcs privés – ambassades, couvents – comme il y en a tant dans le 7e arrondissement. Le silence d’une ruelle privée, dont la plupart des habitants sont des ducs ou des milliardaires.

« Ce qu’il y a de bien avec les milliardaires, remarque Jean Marsan, c’est qu’ils ne sont jamais chez eux : vous comprenez, avec leurs yachts et leurs châteaux… ».

                                                                                                          Rémy Le Poitevin.

 Avec Jean Marsan

 

Jean Marsan et Muriel

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